Mise en page 1 - Matin Equatorial

MAtin
N°66 du 29 Avril 2015
500F CFA
EquAtoriAl
Journal d’information et d’analyses. [email protected] / [email protected] Tel: 07.07.78.28/02.07.50.10
Arrivée au Gabon de la dépouille de Mba Obame :
Plus de peur
que de mal
A
nnoncée sous haute tension, le retour en terre gabonaise de la dépouille d’André Mba Obame hier à
Libreville par vol spécial en provenance
du Cameroun a comme prévu soulevé
des passions, mais pas jusqu’à provoquer des débordements comme le redoutait le pouvoir, qui avait déployé en
nombre les forces de sécurité et de défense.
Il y a eu, jusqu’au moment où nous mettions sous presse plus de peur que de
mal, et Libreville, devenue une zone militarisée toute la journée reprenait progressivement l’aspect d’une cité
tranquille.
Il y a donc eu, comme souhaité par l’opposition qui en a fait un point d’honneur,
du monde à l’aéroport de Libreville où
toute la hiérarchie de l’opposition s’est
positionnée pour la réception du corps
d’André Mba Obame. Le cortège a par la
suite fait le trajet menant vers le stade
de Nzeng Ayong, dans le 6e arrondissement, sur le plateau d’ un pick-up, la
foule des partisans ayant rejeté l’offre
des pompes funèbres de la place.
C’est au stade de cet arrondissement
sollicité par la famille de l’illustre disparu que la deuxième phase, certainement la plus importante des obsèques
dans la capitale gabonaise a eu lieu avec
notamment les hommages des forces
vives de la nation.
C’est ce mercredi que la dépouille d’André Mba Obame est attendue dans son
Woleu-Ntem natal, pour être inhumée
Un épine dans le pied
de Daniel Ona Ondo
S
Le lion est mort, que la fête commence
N
vendredi, au terme d’une ultime veillée
à Medouneu, là où il a vu le jour. D’ici-là,
les Gabonais n’ont qu’un souhait, que le
pire ou l’inévitable ne se produise pas. Et
qu’André Mba Obame aille en paix.n
ous sommes bien hier à
l’aéroport Léon Mba de
Libreville où vient d’arriver la dépouille d’André Mba
Obame. Si bon nombre des responsables de l’opposition affichent la mine des mauvais
jours pour l’énorme perte que
vient d’enregistrer l’opposition
par la perte d’André Mba
Obame, estampillé secrétaire
exécutif de l’Union nationale, il
y en a dans le même temps, et
au même endroit, qui s’en moquent et ne masquent pas leur
satisfaction à l’idée que le poste
désormais vacant puisse revenir enfin à la famille. Chantal
Myboto qui sait quelle direction prend le vent, peut effectivement se réjouir. Le lion est
mort, que la fête commence!
’il y a quelqu’un qui n’a pas
le sommeil tranquille depuis que cette affaire des
obsèques d’André Obame met le
pays en ébullition, c’est bien le
Premier ministre, chef du gouvernement, Daniel Ona Ondo.
Non seulement parce qu’il est
comme Mba Obame, originaire
du Woleu-Ntem, mais aussi
parce que ,dans sa posture sociale et administrative, Ona
Ondo est obligé d’occuper les
premières loges et de jouer sa
partition pour éviter de voir le
fossé se creuser davantage avec
les populations du septentrion
qui vouent, même mort, une admiration sans faille au natif de
Medouneu.
Déjà que pour reporter les manifestations du 12 mars dans la
province, il a fallu l’intervention
d’Eboué, alors que lui Ona Ondo
était pour que la fête se tienne à
la date indiquée, il y a de fortes
chances que la présence d’Ona
Ondo ne soit pas aussi visible à
Libreville, Oyem et surtout à
Medouneu, l’étape finale des
obsèques d’André Mba Obame.
Ce qui va contraster avec les
manifestations liées à la disparition de Rose Francine Ro-
gombé, au cours desquelles Ona
Ondo était en première ligne, effectuant jusqu’au déplacement
de Lambaréné avec les présidents des institutions, notamment Guy Nzouba Ndama de
l’Assemblée nationale, Lucie Milebou Aubusson pour le Sénat,
et Jean François Ndongou pour
Conseil national de la communication, pour ne citer que ceuxlà.
Problème donc pour notre Premier ministre de plus en plus à
l’étroit dans cette affaire, il ne
pouvait pas se pointer, non
plus, à l’aéroport international
Léon Mba où était attendu le
corps d’André, ce qui aurait mis
son propre camp politique en
émoi, au regard de la suspicion
qui y règne depuis l’annonce du
décès et de l’agitation qui prévaut.
Ona Ondo qui aura de la peine
à tracer toute ligne de démarcation entre la famille et la politique, réfléchira par trois fois
pour participer à la veillée et à
l’Eglise, avant d’aller subir le
même supplice à Oyem et Medouneu où ses faits et gestes, s’il
a le courage d’y aller, seront suivis au scanner.n
2 Politique
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L’éditorial de Paul Nzogh Bam
M
ême si elle se refuse encore à hisser le drapeau
blanc, signe de capitulation, la Dynamique unitaire sait très bien,
depuis quelques semaines, que dans le baroud d’honneur qu’elle a
engagé avec le gouvernement depuis deux
mois, c’est elle qui sort
perdante. En effet, le
mouvement de grève générale illimitée qu’elle a
lancé le 9 février dernier,
pour appuyer ses revendications salariales
en faveur des agents du
secteur public, est totalement à bout de souffle.
Et ce n’est pas le baroud
d’honneur auquel se
sont livrés ses dirigeants
lundi dernier, au rondpoint de la Démocratie,
devant une assistance
clairsemée, et au cours
duquel ils ont reconduit
plus par bravade que par
conviction leur mouvement, qui y changera
quelque chose. L’échec
en rase campagne des
syndicalistes est à présent acté. C’est une
bonne nouvelle dans la
illimité du 9 février.
Mais c’est loin d’être le
seul manquement relevé
dans la manière dont ces
leaders syndicaux ont
conduit leur affaire. Tant
sur la stratégie que la
tactique qu’ils ont adoptées tout au long de ce
conflit, ils ont fait preuve
de maladresses répétées,
pour ne pas dire d’amateurisme. Sur le premier
aspect, qui est primordial, la question à laquelle
ils
devaient
répondre avant d’engager une confrontation de
longue haleine avec le
gouvernement
était
celle-ci : entre eux (l’exécutif) et nous, de quel
côté penche actuellement
le rapport des
forces ? Si cette question
avait fait l’objet d’une
analyse sérieuse, ces leaders se seraient rapidement aperçus que le
rapport des forces n’était
pas du tout à leur avantage, pour ce type particulier d’action et dans le
contexte
que
nous
connaissons actuellement. Le mode de fonctionnement inhérent au
La nécessaire adaptation
des syndicats
mesure où le spectre de
l’année blanche qui planait sur les apprenants
s’estompe. Mais les problèmes qui sont sur la
table n’ont pas disparu
pour autant, comme par
enchantement. Le gouvernement ferait bien d’y
apporter des solutions
pérennes comme il s’y
est engagé, et surtout acceptables par les syndicalistes s’il ne veut pas
se retrouver au mois de
juillet face à des fonctionnaires encore plus
remontés.
« Il faut savoir terminer
une grève », avait coutume de dire Georges
Séguy, dirigeant historique de la Confédération
générale du travail,
(CGT), le grand syndicat
des travailleurs, proche
du Parti communiste
français. Ce sage précepte, n’a pas été respecté par ceux qui ont
pris la responsabilité de
déclencher le mouvement de grève générale
syndicalisme gabonais,
particulièrement dans le
secteur public, où le
taux de syndicalisation
est extrêmement faible
et où une caisse de solidarité n’est pas prévue
pour
permettre aux
fonctionnaires privés de
leurs émoluments (pour
cause de grève) de continuer quand même à
s’occuper de leur famille,
est totalement inadapté
aux grèves qui durent
trop longtemps. Ce mouvement n’a pas été sérieusement préparé, et
était une simple fuite en
avant, qui peut avoir été
encouragée par la volonté de marquer une
solidarité avec les politiciens du Front uni. Le
mouvement
syndical
dans le secteur public
devra, s’il veut engranger
des victoires à l’avenir,
revoir ses méthodes de
travail et se mettre au niveau des tâches qui sont
les siennes.n
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
ça chauffe à la primature
Ona Ondo peut-il virer
Augustin Ndong Mba ?
Juridiquement il en a les leviers, mais politiquement, les choses sont plus
compliquées. Conflit d’autorité, divergence d’approche dans la conduite des
grands projets, critiques du PM auprès des émergents, les relations entre le
PM Ona Ondo et son Dircab Augustin Ndong Mba sont plus que délétères.
C
F.D
ertains dans l’entourage
du PM parlent même de «
trahison » à ce niveau de
pouvoir, et dans un contexte où,
aussi bien localement que nationalement, le PM fait face à
des critiques tous azimuts.
D’autres évoquent une erreur
de casting de sa part, autrement dit, le fils d’Oyem n’aurait
jamais du porter son dévolu
pour le commandement de son
cabinet à ce woleu-ntémois
comme lui et originaire de la
bourgade de Medouneu.
Depuis l’année dernière, les
points de discorde sur les dossiers, l’entente entre certains
émergents ou membres de la
primature et le DC du PM Ona
Ondo, n’ont pas toujours plu à
la « perle rare » d’Ali Bongo. Des
rumeurs l’ont même souvent
donné partant du poste,
quelques mois seulement
après sa nomination, mais
l’homme a jusqu’ici résisté au
temps. Technocrate rétif à la
politique politicienne, Augustin
Ndong Mba serait-il aujourd’hui en train de vouloir
forcer la porte de son entrée au
gouvernement en profitant de
la chance qu’Ona Ondo lui a offerte de remonter alors que sa
carrière administrative, après
l’arrêt des travaux de l’audit de
la fonction publique qu’il avait
dirigée d’une main de fer, était
devenue incertaine et qu’il répondait déjà dans la catégorie
des fonctionnaires « assis à la
maison » ?
Courtisé par des cadres de chez
lui, des amis et certains émergents, Augustin Ndong Mba rêverait plus loin que le poste de
DC qui lui procure non seulement des émoluments et une
PIP élogieux, au regard de ses
anciennes fonctions au commissariat général à la réforme
administrative, mais aussi un
carnet d’adresses. Dans la situation de chaos politique dans
lequel se retrouve le WoleuNtem et Medouneu en particulier, après la disparition de son
illustre fils André Mba Obame
(AMO),(UN), Augustin Ndong
Mba sent-il enfin son heure arriver pour proposer aux émergents ses services en vue de «
renverser » la tendance politique défavorable au PDG dans
le –Haut-Komo (Medouneu) ?
Une chose est sûre, l’homme ne
manque pas d’ambition, selon
certains de ses proches.
A l’étroit au cabinet
d’Ona Ondo ?
Adepte de la vielle école, le PM
Daniel Ona voit-il d’un mauvais
œil l’activisme politique et le «
va-tout » de son DC qui, il faut
aussi le reconnaitre, connait
par sa position stratégique de
DC, certaines entrées et sorties,
amis et fréquentations du fils
de Nkoum et pourrait le moment venu le « vendre » ? Dans
les couloirs du « 2 décembre »,
l’ambiance est plus que délétère. L’homme était censé occuper un rôle éminemment
politique auprès du PM.
D’abord en tant que ressortissant de Medouneu, il devait
permettre au PM Ona Ondo
d’établir de bonnes connexions
politiques et des réseaux au niveau du département du HautKomo, et ce, dans le cadre de sa
volonté de patronner politiquement la province frondeuse
du Grand Nord. Ensuite, Ona
Ondo attendait de son DC de
servir de trait-d’union actif
entre les élus PDG (députés, sénateurs), ministres du WoleuNtem et lui en se chargeant de
commissions, de préparations
de rencontres informelles et officielles, de coordination du
travail politique avec ses chargés de missions politiques dans
la province. Mais, rien…
L’homme aurait eu, d’après certains observateurs et le kongossa du quartier, une
appréhension plus «occidentale » et « moderne » de son
poste, celle de patron des ser-
vices techniques du PM, pas
plus.
Par son âge, sa carrure physique et son style d’action imposant, Augustin Ngond Mba
se sentirait plutôt à l’étroit et
concocterait des projets personnels…avec en ligne de mire
un poste au sein du gouvernement. Si l’ambition est légitime
pour tout cadre et compatriote,
la manière semble aujourd’hui
diviser les deux hommes. De la
vielle école, Ona Ondo aurait-il
voulu attendre de Ndong Mba
de lui de lui demander « respectueusement » de le lancer ou de
le tenir par le bras comme il le
fait avec « ses » ministres Paulette Mengue m’Owone (Transports),
Pastor
Ngoua
N’Nem(Poste) et Louis-Philippe Mvé Nkogue (Délégué au
travail). Un tutorat politique
que bien d’autres cadres ont
du mal à admettre.
Le PM, Obligé de s’accommoder de son dircab ?
Mais aujourd’hui, Ona Ondo
peut-il remercier Augustin
Ndong Mba ? Une question qui
n’est pas sans intérêt d’autant
plus que s’il venait à le faire, ce
dernier irait-t-il rejoindre et
grossir les rangs du mythique «
club » des woleu-ntémois mécontents ou anti-Ona Ondo,
dont un certain Eboué, serait
aujourd’hui l’un des membres
les plus influents, après la défection de René Ndemezo’o ?n
Politique 3
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Arrivée du corps d’AMO
Psychose dans la ville
En observant la ville hier matin, on voyait bien que
quelque chose n’allait pas, pas que les choses ne se
passaient pas comme d’habitude. Les rues étaient
presque vides de monde et les taxis même se faisaient
rares. À première vue, on se serait dit que la fine pluie
qui arrosait la ville depuis des heures en était la cause.
Mais en scrutant de plus près, on avait vite fait de comprendre que ce mardi matin, les habitants de la capitale s’étaient réveillés la peur au ventre.
Emmanuelle Massa
S
i dans certains quartiers de
Libreville, les populations
semblaient vaquer sans
problème à leurs occupations,
du côté de Nzeng-Ayong ou de
l’ancienne Sobraga, l’effervescence semblait à son comble.
Là-bas, tout a été mis en œuvre
pour accueillir AMO et lui rendre un dernier hommage. Le
rond-point de Nzeng-ayong a
reçu un coup de neuf, les herbes
ont été coupées et les bancs repeints. Des passants arborent
des tee-shirts ou des chemises
à l’effigie de l’ancien leader de
l’opposition. Et de nombreuses
personnes s’activent du côté du
stade pour que tout soit prêt à
temps.
Seulement, ce mardi matin, les
habitants de Libreville ne semblent pas du tout rassurés avec
l’arrivée du corps d’AMO à Libreville, prévu pour midi. La
veille déjà, certaines écoles ont
pris des dispositions pour ne
pas accueillir les enfants le «
jour noir ». L’école triomphale
située juste à l’ancienne Sobraga a prétexté des journées
pédagogiques, pour renvoyer
les élèves chez eux, les lycées
Djoué Dabany et Mbelé ont fait
de même. À Nzeng-Ayong, les
magasins et entreprises situés
autour du rond-point n’ont pas
ouvert. Et les taxis, à 9h déjà,
commençaient à se faire rares
dans la zone.
Beaucoup ce mardi se sont rendus à leur lieu de travail l’esprit
craintif, en prenant des dispositions au cas où. Pourtant, chez
nous en Afrique, le deuil attise
la compassion ; et celui d’un leader pousse au recueillement.
Mais la date du 28 avril sera
plutôt gravée dans la mémoire
des Gabonais comme le jour où
on a vraiment cru que tout allait
basculer.
Et pour cause, dès l’annonce du
décès d’André Mba Obame,
quelques nervis se présentant
comme «ses partisans» s’étaient
rués ici et là pour casser et brûler, ainsi qu’en fait foi l’incendie
de l’ambassade du Benin. Pourtant, même si l’homme de son
vivant présentait le don de soulever les foules, on ne se rappelle pas qu’il ait appelé à une
agitation ayant abouti à des
troubles à l’ordre public.
En fait, ce décès semble être
maintenant l’occasion recherchée par certains pour régler
leurs comptes ou pour déstabiliser les institutions en place et
appeler au soulèvement populaire. Mais ce qu’ils feignent
d’oublier, c’est qu’AMO a été malade, et très longtemps. Et cela,
tout le monde le savait. Désormais, il n’est plus et rien ne le ramènera. Si donc, les stratégies
manquent, parce qu’en fait son
retour était la seule stratégie
sur laquelle certains fidèles tablaient, il va falloir qu’ils s’y fassent et passent à autre chose.n
Ogooué-Ivindo/Dans la perspective de 2016
Issoze-Ngondet, un colosse aux pieds d’argile
L’homme fort d’Epassendjé, Emmanuel Issoze Ngondet, qui vient d’assister à la formation d’une
coalition Kwélé-Fang de Makokou contre lui, serait par ses agissements en train de réduire les
chances du parti au pouvoir dans la perspective de la présidentielle et des législatives 2016.
L
Albéric.Ngombet
’homme politique qui incarne le leadership dans
la province a du mal à
s’affirmer au sein du département dont il a la charge, c’està-dire les Affaires étrangères.
Car, comment comprendre que
ce diplomate sur lequel ses
collègues fondaient leurs espoirs, soit l’objet de bouderies
et des railleries tant au niveau
national qu’international ?
Lorsqu’ils se rendent dans
l’immeuble du ministère des
Affaires étrangères, les usagers y compris les diplomates
accrédités au Gabon subissent
le supplice des escaliers, faute
d’ascenseurs fonctionnels.
Sur le plan politique local, notamment à Makokou, le ministre est influent sur deux
localités : Epassendje , son village natal et Etakagnabe, chez
ses oncles. A Makokou, il est
un peu écouté dans une partie
du quartier Mbolo, grâce à
l’appui du maire Simangoye.
Donc voilà quelqu’un qui ne
sera même pas en mesure
d’apporter 800 voix au chef de
l’Etat en 2016.
Son arrogance, disent les
mauvaise langues, qui est des-
tiné avant tout à masquer sa
faiblesse et son inexistence
sur le terrain devraient commencer à préoccuper sérieusement les responsables du
PDG. Car, le probable départ
de Pépin Mongockodji pour
l’opposition risque d’hypothéquer les voix du canton Bonga
qui part du village Mayéla à
Massaha, et une partie du canton Liboumba.
La réorganisation politique
des Bakwélé, suite à leur exclusion de la scène politico-administrative
par
Issoze
Ngondet, devrait également
être prise en compte lors des
futures échéances. Cette communauté, jadis vivier naturel
du PDG, s’organise actuellement pour répondre à juste
titre aux manœuvres sectaires
et provocatrices d’un colosse
aux pieds d’argile. Même le
canton Ntang-Louli, qui abrite
le tiers de ses électeurs, ne votera plus pour lui, à cause des
misères qu’il fait subir à Alain
Claude Bilie Bi Nze et à Michaël Moussa Adamou, actuel
ambassadeur du Gabon aux
USA. Son style de management
basé sur l’exclusion des autres
communautés, le mensonge
au chef de l’Etat, la promotion
de ses seuls frères- parmi lesquels Mbounda Faustin, secrétaire provincial du PDG,
Eongoué Flavien, conseiller
spécial du Président et dernièrement Mbouma Ngondet Raphaël à la Commission
nationale de la lutte contre
l’enrichissement illicite, serait
en train de faire naître une
coalition Fang/kwélé en vue
de mettre un terme à cette
façon de gérer la province. Ce
rapprochement naturel longtemps redouté pourrait l’affaiblir encore davantage et
avec lui le PDG, s’il ne rectifie
pas le tir. D’ailleurs ces deux
communautés jurent d’avoir
sa peau lors des prochaines
élections législatives. Le ministre Issoze Ngondet a également
contre
lui
les
ressortissants du département
de la Zadié (Mekambo) qui l’y
attendent de pied ferme. Depuis qu’il est au gouvernement, il n’y a jamais mis pied
et se contente de chercher à
empêcher le chef de l’Etat de
s’y rendre. A cause de l’annulation du centenaire de Mekambo pourtant programmé
par un décret présidentiel à
l’appui, et qui n’a jamais eu
lieu.n
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
4 Politique
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EquAtoriAl
Chronique politique
Front social
Tiens, tiens, tiens !
A
des
u-delà
orajoutes
toires, des communiqués
et
contre-communiqués
entre le pouvoir et
l’opposition, voire
une aile de la famille
ne se reconnaissant
pas dans les manœuvres d’une autre, la
disparition d’André
Mba Obame aura réservé bien de surprises et révélé au
grand jour des comportements
bien
étranges.
Garant des institutions et en charge de
la sécurité des biens
et des personnes,
tout comme de l’intégrité de la République,
le
gouvernement à qui
il revenait de tout
mettre en œuvre
pour faire échec aux
velléités d’une opposition qui n’a jamais
milité pour l’organisation des obsèques
apaisées de leur
champion n’a pas agi
avec le doigté qui
convient en pareille
occasion.
Si le Premier ministre, chef du gouvernement et le ministre de
l’Intérieur, pour ne
circonscrire l’affaire
qu’à ces deux- là,
n’avaient pas d’autre
choix que la manière
forte et dissuasive
pour garder la main
sur les évènements et
rassurer nombre nos
concitoyens ainsi que
tous ceux qui vivent
dans notre pays, fallait-il le faire avec autant de frilosité ? A
force d’agir ainsi,
chaque acte posé par
les pouvoirs publics a
fini par donner l’impression qu’il n’était
pas inspiré par la
compassion qui sied
en pareille occasion,
mais par une sorte de
volonté de nuire ou
de ridiculiser. Malgré
les divergences nées
de ses nouvelles options
politiques,
André Mba Obame ou
tout autre adversaire
tombé les « armes » à
la main, et loin de ses
terres, méritait-il un
tel traitement, que de
très nombreux compatriotes n’ont pas
hésité à qualifier de
mesquinerie ? A cha-
cun son opinion sur
la question.
Autre bizarrerie relevée, la sortie de
quelques dignitaires
de la République,
dont les discours et le
soutien inconditionnel au candidat Ali
Bongo Ondimba en
2009 ont été déterminants, avec à la clé
des images qui ont
fait le tour de la planète. Curieusement,
certains amis de «
papa » sont devenus
brusquement amnésiques, et chantent
désormais les cantiques d’en face.
« Il n’y a pas de vérité
que ne révèle le
temps » dit un adage.
Le contenu du communiqué du notable
de Lalala, et dignitaire de la République, en guise de
condoléances à la famille d’André, paru
dans un quotidien de
la place alors que
tout le monde faisait
encore profil bas en
dépit de la tentation
de se jeter à l’eau a,
de par sa tonalité, et
le poids des mots,
surpris plus d’un observateur.
Jean François Ntoutoume
Emane,
puisque c’est de lui
qu’il s’agit, n’est pas
homme à prononcer
des paroles en l’air,
donc sans avoir préalablement jugé de
leur importance et de
leur impact à tous les
niveaux.
Quand il assène,
s’agissant justement
de l’Homme Mba
Obame, les épithètes
d’ « Ancien Ministre,
Grand Patriote, Infatigable
combattant
pour la dignité de
l’Afrique et de l’instauration d’une véritable démocratie au
Gabon », au sein de sa
propre famille politique qu’il n’a toujours pas quittée,
bien qu’il s’en soit démarqué, la question
qu’on se pose est
celle de savoir s’il n’a
pas déjà pris sa carte
de membre de l’autre
côté.
Tout comme en décryptant, on aimerait
savoir en opposition
à qui ?n
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
La Dynamique unitaire
défie le gouvernement
Réunis en assemblée générale le lundi 27 avril dernier au rond-point de la Démocratie, le collège des leaders de la Dynamique unitaire et leurs syndiqués ont décidé de
prolonger leur mouvement malgré le retour progressif à la normale dans les salles
de classes et le versement des salaires des enseignants du primaire et du secondaire.
L
Mo’Mabike
es prochains jours risquent d’être décisifs
pour la Dynamique unitaire, ce regroupement
d’agents publics, civils et militaires de l’Etat né des négociations collectives globales
d’Angondjé entre le gouvernement et les syndicats.
Jean Rémy Yama, le modérateur de ce regroupement syndical, du reste patron du
syndicat national des enseignants-chercheurs (SNEC), a,
aux côtés de ses pairs, décidé
de tenir mordicus au mouvement de grève général et illimité entamé depuis bientôt
trois mois et dont les secteurs
les plus touchés jusque-là
sont l’éducation et la santé
publique. Bien plus qu’une
assemblée d’information, la
rencontre de ce lundi a été
l’occasion pour le collège des
leaders d’élaborer des stratégies pour altérer l’accalmie
peu à peu retrouvée dans ces
deux secteurs qui constituent
le fer de lance de ce mouvement.
Comme on a pu le constater
avec la faible mobilisation ce
27 avril, la mesure drastique
du gouvernement de mettre
tous les enseignants sur bons
de caisse en fin mars dernier
a dissuadé plusieurs d’entre
eux, qui ont regagné les salles
de classe. Mais si cette fin du
mois, les salaires ont été virés
normalement pour les enseignants de l’éducation nationale et de l’enseignement
technique et professionnel, ce
n’est pas le cas pour ceux de
l’enseignement supérieur
restés sur bons de caisse.
Et les irascibles de la Dynamique unitaire ont décidé de
défier le gouvernement
jusqu’à la satisfaction de
leurs revendications dont la
principale est la mise en place
du nouveau système de rémunération. Pour ce faire, des
mesures d’enlisement ont été
prises.
Le spectre de l’année
blanche continue de planer
Le collège des leaders de la Dynamique unitaire prévoit de mettre en
musique une bagatelle de mesures
pour provoquer quelques jours de
paralysie au nouveau calendrier
scolaire réajusté par le gouvernement. Le but étant de continuer à
faire planer le spectre de l’année
blanche.
Pour y parvenir, le collège des leaders et leurs rares irréductibles
syndiqués prévoient des descentes
inopinées dans les établissements
de leur choix. Là-bas, les enseignants «traîtres» seront vidés des
salles de classes et les enceintes des
établissements barricadés au besoin. Ce qui présage déjà un remake
de l’affrontement qu’ils ont eu avec
les agents de la brigade antiémeutes devant la Maison du peuple le mois dernier.
Mais voilà, nombreux sont les Gabonais qui ne comprennent pas ce
jusqu’au-boutisme mis en avant par
la Dynamique unitaire, qui ressemble plus à une dynamite contre le
gouvernement fébrile de Daniel Ona
Ondo qu’à autre chose. Ce qui est
certes mérité pour l’équipe de Bill
Dany, incapable de trouver des
moyens de sortie de crise autres
que le bâton, mais qui ne se comprend pas lorsqu’on songe qu’il
pourrait en résulter une année perdue pour les apprenants.
Les bonnes affaires des cliniques et la mort pour les
crèves- la- faim
Représentée par l’aile du SYNAPS
dirigée par Gustave Bouroumou-
Igassela, la santé publique quant à
elle connaît une dégradation progressive de ses services.
En bisbilles avec l’aile de Mikala,
celle de Gustave Bouroumou-Igassela qui se veut un bureau de crise
en attendant une assemblée générale élective qui renversera définitivement Serge Mikala de la tête du
SYNAPS, a, dans une déclaration signée le 17 avril 2015, déclaré que
«le SYNAPS, membre de la Dynamique unitaire, se réserve le droit de
mettre en exergue une décision herculéenne relative à la fermeture prochaine de toutes les salles
d’accouchements sur toute l’étendue
du territoire national». Le récent
homme fort du SYNAPS a sorti un
nouveau programme de service minimum dans les structures sanitaires, afin de mettre plus de
pression sur le gouvernement.
Désormais, seuls « 5 malades de jour
et de nuit, y compris les accidentés»
seront reçus dans les services d’urgence des centres hospitaliers universitaires de Libreville et
d’Angondjé contre «un à deux malades par jour» en réanimation.
Dans les maternités, «compte tenu
de la spécificité de ces services et de
la notion d’urgence vitale, les blocs
gynécologiques et les salles d’accouchements n’effectueront pas de service minimum. Par conséquent ils
seront fermés pendant toute la période de grève», retient-on dudit
programme. Une fuite en avant irresponsable et susceptible de poursuites pénales si elle venait à être
mise en œuvre. n
Politique 5
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EquAtoriAl
Education nationale
La stratégie pour sauver l’année scolaire
sera-t-elle efficace ?
Le nouveau calendrier scolaire désormais en vigueur pourrait attester du
retour à la normale dans le secteur éducatif. Pourtant, un nuage d’incertitudes demeure.
P
AGB
lus de deux mois après
avoir appelé à une grève
générale illimitée, la coalition des syndicats des administrations publiques réunis au
sein de la Dynamique unitaire
ne donne aucun signe d’essoufflement. Au contraire, ses
membres restent inflexibles et
déterminés à voir l’exigence de
l’application du nouveau système de rémunération des
agents de l’Etat entièrement
satisfaite. Même les menaces et
intimidations du gouvernement n’ont pas réussi à infléchir le radicalisme de ces
organisations syndicales dont
celles du secteur éducatif, en
l’occurrence la Conasysed.
Officiellement, ces syndicats
n’ont pas encore levé leur mot
d’ordre de grève. Et au regard
du radicalisme dont elles font
montre, le lèveront-ils? Il y a
lieu d’en douter. Néanmoins,
dans les établissements scolaires, la reprise des cours est
effective. Les irréductibles grévistes qui ont rongé leur frein
pendant des semaines dans
l’attente des bons de caisse ont
renoué avec l’activité pédagogique, sous la pression des
chefs d’établissements déterminés à respecter les instructions de la tutelle, à savoir ne
remettre les titres de paiement
qu’aux enseignants ayant dument dispensé les cours pendant 15 jours afin de se voir
délivrer une attestation spéciale de présence au poste.
Cette exigence a été renforcée
dans plusieurs lycées et collèges publics par la présence
des agents de l’inspection générale des services du ministère de l’Education nationale.
Ronde au quotidien dans les
salles de classe, vérification des
cahiers de texte, entretiens
avec les enseignants et les
chefs de classe. Instructions répétées aux délégués des apprenants : dénoncer tous les
professeurs absentéistes ou
ceux qui veulent aller vite sans
se soucier du rythme d’acquisition des notions enseignées. «
Décidément, la tutelle a décidé
de faire la police dans les écoles,
c’est inédit », s’est exclamé un
professeur d’espagnol.
Sous cette ambiance peu conviviale et suspicieuse, les autorités veulent sauver ce qui peut
l’être encore de cette année hachée, cauchemardesque et
chaotique. Faire des pieds et
des mains pour conjurer le
spectre de l’année blanche rendue quasiment inévitable.
Ainsi, après plus de deux mois
d’arrêt de cours, un nouveau
calendrier vient d’être publié.
De manière générale, les cours
devraient s’étendre jusqu’au
mois de juillet. Les examens officiels, notamment le CEP, le
BEPC et les BAC de l’enseignement général et technique, se
dérouleront de la mi-juillet au
14 août, les résultats du second tour du BAC inclus. Ici et
là, on crie au bachotage et au
saupoudrage !
Seulement, il est difficile de
présager de l’efficience ou de
l’opérationnalité de ce nouveau découpage car la sérénité
n’est pas encore véritablement
de mise dans les arènes scolaires. Personne, à moins de
lire dans une boule de crystal,
ne peut prédire un déroulement sans heurt ni perturbation. Le nouveau système de
rémunération réclamé entrera
en vigueur en principe le 25
juillet. Si la valorisation des salaires ne satisfait pas les attentes des agents de l’Etat, le
boycott des examens pourrait
à nouveau gripper la machine.n
Ida Reteno Assonouet, la ministre de l’Education nationale
semble tenir le bon bout.
vers la fin du bras de fer ?
Avec la reprise effective des cours, l’activisme des syndicalistes a du plomb dans l’aile. Ce d’autant
plus que le gouvernement tient formellement à revaloriser les salaires dès le mois de juillet prochain.
AGB
A
u lycée Jean Hilaire Aubame Eyéghé, lundi
dernier, les affiches de
la Dynamique unitaire appelant tous les enseignants à
l’assemblée générale sont encore visibles dans les coins et
recoins de cet établissement
public. Cependant, on ne perçoit aucun engouement des
agents à se rendre à cette
énième rencontre. Ils se sont
résolument remis au travail
et même les irréductibles ont
renoué avec la craie. « C’est
curieux qu’il y ait cours aujourd’hui. Et l’assemblée générale ? », lance un professeur
de philosophie. « On fait
cours, les absences sont relevées », rétorque un enseignant d’histoire –géographie
sous une hilarité étonnante.
Le bras de fer entre l’Etat et la
coalition des syndicats des
administrations publiques
tend à légitimer la ténacité
des autorités qui ne lésineront sur aucun moyen coercitif pour ramener la sérénité
au sein de l’administration,
notamment dans le secteur
éducatif. La Dynamique unitaire, en dépit des menaces et
intimidations du gouverne-
ment, continue de tenir tête à
l’exécutif quoique suffisamment fragilisée par la récente
décision gouvernementale de
mettre tous les enseignants
sur bons de caisse.
De nombreux grévistes n’oublieront pas de sitôt le cauchemardesque mois de mars,
au cours duquel les titres de
paiement ont été obtenus
après un trésor de patience
ajouté à l’agacement et au désarroi. Le nerf de la guerre
reçu tardivement a émoussé
l’ardeur des grévistes, obligés
de mettre de l’eau dans leur
vin en se remettant au travail
durant le mois d’avril pour
obtenir leur titre de paiement. Les reproches de ces
derniers qui criaient à la séquestration des bons de
caisse est la preuve suffisante
de la volonté des pouvoirs
publics d’employer le bâton
pour faire taire ces organisations qui leur font un pied de
nez.
La hardiesse de ces syndicats
à continuer de revendiquer
l’application immédiate du
nouveau système de rémunération des agents publics ressemble, à s’y méprendre, à un
disque rayé qui n’émeut plus
les autorités gouvernementales. Les assemblées générales toujours courues ne
seraient que des coups de
sabre dans l’eau, des joutes
oratoires ou des envolées satiriques dérisoires. Aujourd’hui, la reprise des cours
étant effective dans tous les
établissements, surtout primaires, comment la Dynamique
compte-t-elle
raisonnablement faire chanter l’Etat ? L’arme fatale, le gel
des cours, étant désormais
inopérante.
De guerre lasse, ces organisations syndicales n’auront pas
réussi à infléchir la décision
des gouvernants qui ont
poursuivi les travaux en commission face à l’aile de la Dynamique dite responsable.
Selon nos sources, c’est en fin
juillet, comme annoncé, que
les agents de l’Etat devraient
voir leurs salaires revalorisés,
selon des mécanismes clairs
et précis. Selon toute vraisemblance, les propositions
des syndicats, le SMIG à 300
000 FCFA et le point d’indice
à 1500 FCFA, ont été balayées
du revers de la main. Bien
malin qui prédira la suite des
événements !n
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
6 Société
MAtin
EquAtoriAl
Politique/ Woleu-Ntem :
Ona Ondo dans une démarche qui va saboter la CAN 2017
Alors que le pays peaufine les schémas de financement de la Can 2017, le PM Ona Ondo, qui y voit déjà
une opportunité pour conforter ses propres assises
politiques, cherche à détourner la construction du
majestueux stade de la CAN prévue à Oyem au profit
du canton Kyè, en lieu et place de la Commune
d’Oyem, comme initialement prévu. Mais, les émergents et populations d’Oyem laisseront-ils faire ?
Alban Moussavou
C
hampion des tactiques à
deux balles quand il
s’agit de promouvoir ses
intérêts depuis sa nomination, le PM Ona Ondo défendrait
depuis
quelques
semaines déjà, l’idée que l’ouvrage du stade provincial devant abriter la CAN soit posé
dans son canton et non pas à
Oyem, la capitale de la province. Un énième caprice du
prince qui fait dire à bon
nombre
d’observateurs
qu’Ona Ondo va déjà un peu
trop loin. Quel intérêt politique y a-t-il pour l’émergence
à faire faux bond à la tumultueuse commune d’Oyem
pour un canton, fut-il celui
dont le PM est originaire?
face au même qui souhaitait
organiser le 12 mars à Oyem
en différé, alors que la province est deuil.
Aucun critère objectif aussi
bien sur le plan économique
qu’infrastructurel ou démographique, ne place en pole
position pour abriter le stade
de la CAN, face à la Commune
d’Oyem, l’un des départements oubliés du WoleuNtem . Le canton Kyè n’a ni
route, ni électricité, et son seul
« atout » c’est l’aura politique
qu’Ona Ondo, son illustre fils
aura eu durant les vingt dernières années au sein du cabinet présidentiel et du
gouvernement. Un développement que les populations du
canton Kyé n’ont pourtant jamais cessé de revendiquer.
Avec plus de 40.000 habitants,
Oyem risque de se voir « exclu
» de la CAN par les rêves mégalomaniaques d’un PM dont
la politique incite de plus en
plus à se poser des questions.
Mesure-t-il le risque qu’il fait
courir à la CAN, en voulant
amener le stade à plus de 15
km d’Oyem ? Sait-il que les
tribunes pourraient rester
désespérément vides pendant les matchs ? Apres la
CAN, les jeunes et clubs locaux
pourront accéder facilement
au stade sans transport. Certains proches du PM assurent
que ce dernier voudrait par là
pousser l’extension de la ville.
Un alibi qui laisse perplexe
Une ambition inavouée
d’affaiblissement de
l’émergence ?
La « perle rare » d’Ali Bongo cachait donc un talent, celui de
savoir mécontenter quand on
ne lui demande rien. En effet, à
Oyem, depuis que la rumeur
circule, la population, déjà
frondeuse, considère elle que
ce serait le président de la République Ali Bongo qui tout
envoyant la CAN au Nord, voudrait trouver aussi une astuce
pour montrer à quel point les
gens d’Oyem et du Woleu-
Un caprice de prince…
Si déjà le choix d’Oyem passe
par « enfin » en tant que capitale provinciale, face à la
fronde de Bitam, est-ce à dire
que c’est dans l’ un des cantons du département du
Woleu qu’il faut nécessairement aller construire ce
stade, en lieu et place de la
Commune d’Oyem ? En quête
de popularité dans son canton
natal, parce que Oyem, Bitam
et d‘autres villes de la province lui sont peu favorables,
le PM souhaiterait, si jamais
cette idée venait effectivement
à prospérer, à redorer son
image auprès de ses proches.
Dans un canton où, au fond, il
n’a vraiment pas souvent été
le plus aimé des illustres fils
de la localité. Ce qui amène
certains observateurs à penser que Ona Ondo voudrait parachever de la sorte la
préparation de son « destin
national », en s’assurant que
grâce à la CAN, l’eau, l’électricité, la route…et bien d’autres
choses encore qui inonderont
son canton, il aura des arguments forts pour casser, le
moment venu, le sucre sur le
dos de ses adversaires politiques.
En ligne de mire, il veut imiter
ce que le « prince de Bikélé » a
réussi à faire de sa bourgade.
A Oyem, il se raconte que les
autres cadres du PDG, réunis
notamment autour d’Ebooué,
se préparaient à une riposte
foudroyante contre le PM,
comme ils l’ont d’ailleurs fait
quand personne n’est dupe à
Oyem par rapport à ses réelles
intentions. Surtout quand on
sait que les routes, l’éclairage
public, l’hôtellerie, les transports et l’économie de la première ville du Nord sont en
net recul depuis quelques années.
Ntem se désolidarisent du
reste de la Nation et boudant la
CAN ; Car, en allant la mettre
dans son canton, Ona Ondo
sait que peu de monde se mobilisera. Connaissant leur égo,
les habitants des autres cantons du département du Woleu
et des villes comme Bitam,
Mitzic, Minvoul, n’accepteront
jamais de faire des dizaines ou
centaines de kilomètres pour
aller « chez Ona Ondo » suivre
une CAN que le président de la
République a semblé vouloir
offrir à tout le monde, Oyem
étant, en dépit de tout, le dénominateur commun du Grand
Nord. Un faisceau d’actes et de
décisions qui tend à montrer
qu’Ona Ondo est loin de véritablement vouloir la percée de
l’émergence au Nord, et qu’il
préparerait, comme l’affirment
certains à Oyem ou dans les salons feutrés de Libreville, son
propre chemin…vers 2016.n
Accident de circulation
Un homme trouve la mort à STFO
Briand, 35 ans a été mortellement percuté tandis que son fils est dans un coma profond.
L
AGB
e carrefour STFO, dans le
deuxième
arrondissement de la capitale, en cet
après midi du jeudi 23 avril est
littéralement traversé par une
onde de choc. L’ange de la mort
semble avoir élu domicile dans
ce célèbre carrefour. Emoi,
consternation, stupeur. Les esprits sont marqués par un accident mortel qui a brutalement
arraché à la vie un jeune mécanicien, propriétaire d’un garage derrière la SEEG de la
Peyrie.
Ce dernier, cet après midi là,
était allé chercher son fils a
l’école et avait garé sa voiture
à côté du kiosque du PMUG.
Selon les témoignages recueillis, il a traversé la route pour
aller déguster un repas de
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
viande de brousse sans certainement subodorer que c’était
le dernier. Autour de 17
heures, flanqué de son rejeton,
il voulait à nouveau franchir la
route pour s’embarquer dans
son véhicule lorsque l’irréparable se produit. Une voiture
de marque Mitsubishi roulant
à une vitesse incroyable, qui visiblement était poursuivie par
un véhicule de police pour
refus d’obtempérer le percute
violemment en emportant le
kiosque du PMUG.
La violence du choc lui est fatale car il meurt sur le coup, gisant dans une mare de sang.
L’horreur a suscité un choc
émotionnel chez les riverains.
Quant à son fils également
heurté, transporté d’urgence
dans un centre de santé, il végète encore dans un coma profond. La présente opération de
sécurisation de la capitale baptisée « Nguéné » vient-elle indirectement de faire sa première
victime ? Comment un chauffeur en plein centre-ville peutil décider de cavaler ou de
cascader sous prétexte qu’il
veut échapper à un contrôle de
police ? L’incivisme et l’imprudence tant décriés seront toujours à l’origine de ces
drames.n
MAtin
Société 7
EquAtoriAl
Paix et développement :
L’un ne va pas sans l’autre
La situation sociopolitique dans laquelle évolue le Gabon depuis la fin de l’année
dernière, sinon depuis quelques années déjà, n’est pas sans amener plus d’un
observateur à se demander « où va le pays » ? Et pour cause, la recrudescence
des grèves estudiantines et des fonctionnaires, tous secteurs confondus, pour
tout et n’importe quoi, sans service minimum, laisse penser que le malaise n’est
pas que dans les revendications salariales.
I
A.M.
l est À cela s’ajoutent les affrontements réguliers, avec
mort d’homme, entre militants de l’opposition et forces de
l’ordre, ou encore la destruction
des biens comme l’incendie récent de l’ambassade du Bénin.
Dans un imbroglio de la politique intérieur, la multiplications
des chekcs points fortement investis par les éléments des
forces de défense et de sécurité
24/24h, la découverte, réelle ou
supposée, d’un nid d’armes visant à déstabiliser le régime en
place, et les menaces d’une certaine opposition prête à en découdre « par tous les moyens »
avec un pouvoir visé lui-même
par des affaires diverses, laissent
plutôt perplexe.
Ceci pour dire qu’à mesure
qu’on approche de 2016, le pays
retient son souffle. Jusqu’où
l’opposition et le pouvoir en
place iront-ils dans ce duel au
lendemain incertain pour le simple peuple ? La surchauffe politique et sociale monte d’un cran
et selon les observateurs, le
Gabon est petit à petit en train
de réunir, comme ce fut le cas ailleurs, les conditions parfaites de
l’éclatement, pour aboutir à des
affrontements civils armés, soutenus de pogroms ethniques
dans les quartiers et les villes
habités par des populations «
flottantes ».
Le pire serait de constater que ni
du côté de la société civile,
églises comprises, ni du côté des
partis politiques (majorité et opposition), il n’y ait, à proprement
parler, aucune volonté réelle
d’apaisement pour inscrire le
pays dans la voie de la réconciliation et de la normalisation politique avant 2016. Face à cette
responsabilité partagée, n’en déplaise à certains, les uns et les
autres trouvent soit des astuces
juridiques pour justifier un état
de siège de fait, soit des motifs
pour légitimer la radicalisation
et l’incitation à la rébellion de la
population.
Les politiques d’industrialisation, de transformation économique (zones économiques
spéciales), d’érection d’infrastructures modernes pour rattraper le retard du pays en
équipement et améliorer ainsi sa
compétitivité sont plus que nécessaires aujourd’hui pour notre
développement. Mais, sans la
paix et la sécurité, il n y a aucune
chance d’arriver au bout de ce
programme économique ou d’atteindre l’émergence. En un mot,
il ne pourra y avoir de développement. La croissance ne se limi-
tant pas au changement économique, mais devant également
inclure le cadre social et politique du pays. Autrement dit, la
paix ne va pas sans le développement et vice versa. Va-t-on donc
fermer la porte du dialogue et de
la conciliation, au motif que
l’agenda politique est focalisé
sur la recherche de la croissance,
des investissements étrangers
directs, de l’accélération de la
mise en œuvre des réformes, la
réalisation des infrastructures et
les projets structurants ?
Depuis le dernier trimestre
2014, en plus de la crise pétrolière, les agences internationales
de notation des Etats et les
places financières internationales ont substantiellement déjà
baissé la notation du Gabon et
donc la confiance envers notre
pays. Non pas à cause de l’insuffisance ou de l’incomplétude des
réformes en matière de simplification administrative et des délais, ou encore à cause de
l’absence de visibilité d’une politique d’investissements publics
tous azimuts et encore moins du
défaut de croissance économique, d’ailleurs élogieuse au regard de la période avant 2009.
Mais bien à cause des analyses
politiques et signes avant-coureurs, en perspectives de 2016,
dont ils disposent et lesquels
renvoient plutôt les signaux d’un
avenir instable au Gabon. Du
coup, les investisseurs et autres
bailleurs de fonds estiment que
le « risque pays » à propos du
Gabon, pourtant légendairement
pacifique, est déjà élevé. Les précautions aboutissent à des complications dans le financement
des politiques gouvernementales qui visent le développement du pays (infrastructures,
santé, éducation, emploi…).
La culture politique du Gabon a
souvent été dominée par le dialogue entre groupes politiques
en conflit (conférence nationale
de 1990, Appel des braves de
1993, Accords de Paris de 1994,
Trêve sociale de 2003 à 2006,
Accords d’Arambo de 2006, etc).
Elle a aussi été empreinte de
consensus faisant quelque peu le
fond des divergences (contestation des résultats, gestion publique décriée, etc.) On pensait «
Gabonais », c'est-à-dire sauvegarder l’essentiel, la paix. Ce qui
souvent servait de « coussin »
lorsque les démons du tribalisme et de la guerre civile s’excitaient. Pour ainsi dire, «
gabonaisement », l’on se retrouvait toujours quelque part autour du président Omar Bongo,
supporteurs et adversaires politiques face à face pour percer
l’abcès, faire de part et d’autres
des sacrifices, c'est-à-dire des
concessions politiques inestimables.
Une stratégie qui permettrait de
maîtriser la situation, d’anticiper
ou de débloquer des crises majeures en gestation. Le Gabon a
ainsi évolué durant plusieurs années sans trop de heurts populaires. Ce qui évitait non
seulement la division du peuple
en deux ou plusieurs clans, le
basculement dans les affrontements armés ou ethniques internes et permettrait de freiner
les velléités contestataires de
certains leaders d’opinion. Il n y
a jamais eu de honte à s’asseoir
autour d’une table pour discuter.
En revanche, l’on s’expose à l’ingérence étrangère (ONU, UE)
pour une crispation sociale et
politique qu’entre compatriotes
épris de paix et d’amour pour le
Gabon, on peut parfaitement ré-
gler «nous-mêmes, nous-mêmes».
L’œuvre humaine n’est pas parfaite. Que ce soit 2016 ou 2025, le
pays ne sera pas un « paradis »
dans la sous-région. Comme on
dit, « Paris ne s’est pas construit en
un jour ». La condition politique
actuelle exige un déminage avant
l’échéance fatidique de 2016. Le
renforcement des dispositifs sé-
curitaires du régime ne devrait
objectivement pas conforter le
pouvoir dans une posture quasi «
jusqu’au boutiste», car l’ « epsilon
», plus petite valeur mathématique dans un contexte précis,
peut d’ici 2016, créer la surprise
et tout remettre en cause. Car, le
développement ne va pas sans la
paix et vice versa.n
Lutte contre le changement climatique :
Le Gabon montre l’exemple
Même si un grand écho n’est pas fait de ses contributions sur la question, le
Gabon reste, à ce jour, l’un des rares pays africains engagés activement dans
la lutte contre le changement climatique.
L
Blanche Mboumba
e Gabon est la première nation africaine et la seconde
parmi les pays en voie de
développement,
après
le
Mexique, à avoir affirmé et démontré son engagement dans
cette lutte acharnée contre les
gaz à effet de serre. Sa principale
contribution reste la décision de
réduire, par rapport aux chiffres
de 2010, les émissions de gaz de
50% au moins d’ici 2025.
Ces propositions, qui devraient
être étoffées d’ici à la 21e conférence des parties à la Convention
des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21),
en décembre prochain à Paris,
ont été présentées par le gouvernement comme "une synthèse
des ambitions et des politiques
publiques du Gabon qui, au moment d’opérer un tournant dans
son développement, fait le choix
de s’engager résolument dans un
développement durable, basé sur
des émissions de GES maîtrisées".
Par ailleurs, le Gabon abritera le
29 août prochain une conférence
internationale sur le climat, intégrée au New-York Forum Africa.
Des scientifiques, gouvernements, ONG, décideurs écono-
miques, acteurs de la société civile, représentants des médias
des différents pays des continents de l'hémisphère sud, qu'il
s'agisse de l'Afrique, du MoyenOrient, de l'Asie ou de l'Amérique latine, seront réunis pour
échanger sur les défis liés aux
changements climatiques. Il sera
question, entre autres, de voir
comment s’adapter aux effets de
ces mutations et parvenir à atténuer leur impact sur les générations futures.
Cette rencontre servira à dresser les dossiers à soumettre au
COP21 afin que les contributions des pays africains soient
prises en compte. La France qui
abritera l’évènement en décembre prochain a d’ailleurs félicité
le gouvernement gabonais : «
Nous saluons par ailleurs, le fait
que cette contribution prévoit la
possibilité de définir d’ici à la
COP21 des objectifs additionnels
pour 2030, voire 2050. Cette
perspective de long terme est importante pour que la Conférence
de Paris amorce une transition
vers une économie mondiale
sobre en carbone et plus résistante aux impacts du dérèglement climatique », a signifié le
ministre français des Affaires
étrangères et du Développement international, Laurent Fabius. Dans la même lignée,
l’Organisation internationale de
la francophonie a organisé récemment à Libreville un atelier
régional de formation sur la
question, en partenariat avec le
Conseil national climat Gabon et
le programme intra-ACP.
Même si le Gabon ne fait pas
partie des pays à forte densité
industrielle, il reste tout de
même exposé, d’où son initiative. Dans son Plan stratégique
Gabon émergent, le président de
la République, Ali Bongo Ondimba, a prévu la diversification
de l’économie gabonaise et donc
l’exploitation variée des richesses du pays, avec pour objectif d’augmenter le taux
d’industrialisation et d’exploitation nationale des ressources,
grâce à leur transformation locale. Une évolution qui pourrait
représenter une menace pour
l’écosystème gabonais si des dispositions ne sont pas prises en
amont. Ce qui se traduit par l’engagement du chef de l’Etat dans
le secteur climat, des modifications s’imposant dans la politique de l’Etat en matière de
protection de l’écosystème.n
N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
8 Société
MAtin
EquAtoriAl
Diplomatie gabonaise
Une représentativité sportive sans cesse croissante
Depuis la 28ème édition de CAN, co-organisée avec la Guinée Equatoriale en 2012,
le Gabon garde son nom inscrit parmi les nations de sports remarquables dans
la sous-région, et partant sur le continent tout entier.
L
Mais à côté de l’aspect sportif, il reste les victoires diplo-
Blanche Mbouma
e rideau est tombé dimanche sur le 36ème
championnat d’Afrique
de Judo. Pendant trois jours,
du 24 au 26 avril, Libreville a
abrité cette compétition qui a
rassemblé 19 nations africaines au gymnase du Prytanée militaire, où les combats
se sont déroulés. Du 27 au 30
avril 2015, c’est la boxe qui se
donne rendez-vous à Libreville pour un tournoi international. Et quinze jours après,
du 15 au 24 mai prochain,
toujours dans la capitale gabonaise, se tiendra le 31ème
championnat d’Afrique des
Clubs vainqueurs de coupe de
handball. Une autre compétition qui réunira les dix meilleures nations de handball
d’Afrique, y compris le pays
hôte.
Des faits d’armes qui se veulent des réalisations parlantes des promesses faites
en début de mandat par le
président Ali Bongo Ondimba. Après l’organisation
brillante de la Can en 2012,
aucun doute ne subsistait sur
le fait que le Gabon deviendrait, à coup sûr, une destination sportive de choix. La
professionnalisation dans les
différentes disciplines et au
sein des fédérations sportives
fait déjà des sportifs et
athlètes gabonais des ambassadeurs dignes de foi sur le
plan international. La Tropicale Amissa Bongo est devenue, au fil des ans jusqu’à sa
dixième édition qui s’est déroulée en ce début d’année, la
première course cycliste professionnelle internationale effectuée en Afrique et
reconnue par l’UCI.
Du côté des infrastructures, le
chef de l’Etat, lui-même fervent amateur de football, fait
de la réhabilitation des stades
et autres aires de jeu sa priorité. Toutes les disciplines se
valent et sont valorisées dans
le Gabon émergent. Chaque
compétition sportive est
transformée en un évènement national et tout est mis
en œuvre pour que les populations venues d’ailleurs à
l’occasion se sentent bien et
repartent avec la meilleure
impression.
matiques que représente
l’organisation de telles com-
36ème championnat
d’Afrique de Judo
C
lassé 9ème sur les 19
pays participants, le
Gabon sort de la compétition avec seulement une médaille d’argent. L’honneur
sauvé sera l’œuvre de Sarah
Myriam Mazouz, vice- championne d’Afrique. Pour le reste,
en individuel comme en
équipe, les judokas gabonais
ont fait profil bas.
Sur le toit de l’Afrique, les judokas maghrébins ont une fois
de plus confirmé leur hégémonie. La Tunisie est la première
de toutes, avec 8 médailles
d’or, 1 d’argent et 4 de bronze.
Vient ensuite l’Algérie qui a
raflé 4 médailles du précieux
métal, 7 d’argent et 2 de
bronze alors que le Maroc enregistre 2 médaillés d’or, 1
d’argent et 4 de bronze. Enfin,
le dernier au rang des décorés
d’or est l’Egypte avec une seule
médaille dans son escarcelle.
Ce 36ème championnat servait également de qualification pour les prochains jeux
olympiques à Rio de Janeiro
au Brésil en 2016.
Si la déception est grande
pour les Gabonais face à la
piètre prestation de leurs
athlètes, la satisfaction, elle,
reste complète quant à l’organisation de la compétition. Le
président de la fédération gabonaise de judo, André Angwé
Aboughe, tout en se félicitant,
a appelé à la prise de
conscience de tous pour les
compétitions à venir. La question de la préparation inadéquate des athlètes pourrait,
selon certaines indiscrétions,
être à l’origine de cette épopée
désastreuse pour les judokas
gabonais.n
pétitions internationales et
que l’on ne saurait ignorer.
Assidu sur la sphère internationale sportive pour présenter le Gabon comme le pays
aux multiples atouts, le chef
de l’Etat a su vendre aux plus
hautes instances sportives
mondiales la destination
Gabon. En dépit de quelques
soubresauts, le pays demeure
en effet l’un des plus paisibles
et plus stables d’Afrique centrale, voire du continent. Et
les bonnes relations qu’il entretient avec ses voisins en
témoignent.
Aujourd’hui, force est de reconnaître que le président, en
faisant le choix d’investir
dans le sport, a pris une initiative porteuse. Les retombées
sur
le
plan
infrastructurel et en termes
de compétitions organisées
depuis 2012 le confirment.
Le défi désormais est de parfaire l’œuvre entamée afin
d’occuper les premiers rangs.
Et surtout, pour qu’en 2017
la fête soit encore plus belle
qu’elle ne l’aura été cinq ans
auparavant.n
Hommage de la diaspora gabonaise de France à Rose Francine Rogombé
Un attentat déjoué !
Décédée à Paris, le 10 avril dernier, la dépouille l’ancienne présidente par intérim, Rose Francine Rogombé a reçu un hommage digne de la part de la communauté gabonaise de France, le mardi 21 avril
à l’occasion d’un office religieux en l’église Saint Cyr Sainte Julitte de Villejuif, dans le Val-de-Marne. De
nombreux Gabonais, venus de toute la France ainsi qu’une délégation de personnalités venues de Libreville ont tenu à témoigner leur compassion à la famille éprouvée.
D
A.N.
ans une salle bigarrée
où
s’entremêlaient
Blancs et Noirs, costumes et robes de deuil, le
moment était grave et le
temps au recueillement.
Larmes et pleurs, laissaient
deviner la crispation d’avoir
perdu une éminente personnalité aux qualités humaines
exceptionnelles. Les témoignages pendant et après
l’oraison funèbre furent un
moment particulièrement
poignant. Femme de cœur,
d’une gentillesse débordante
et d’une simplicité reconnue,
MAtin
équAtoriAl
JOURNAL D’INfORMATION ET D’ANALYSES
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N° 66 du mercredi 29 Avril 2015
Rose Francine Rogombé aura
marqué les cœurs de nombreux compatriotes gabonais. La fille de Lambaréné a
tiré sa révérence avec le sentiment du devoir accompli.
Au moment même où prenait
fin le cérémonial, les médias
diffusaient une information
indiquant qu’un attentat terroriste avait été planifié le
jour même dans l’église où le
service venait d’avoir lieu. Attentat déjoué par les forces
de l’ordre, grâce à l’arrestation d’un étudiant algérien,
Sid Ahmed Ghlam, assassin
présumé d’Aurélie Châtelain,
tuée le 19 avril à Villejuif, et
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suspecté d’être l’auteur programmé des’attentat déjoués
contre les églises de la commune, les enquêtes bien heureusement ont interpellé ce
week-end trois hommes présentés comme de potentiels
complices de cet étudiant Algérien de 24 ans. L’Eglise
Saint Cyr-Sainte Julitte avait
fait l’objet de repérages à Villejuif de la part de cet islamiste radical. Mis en examen
pour assassinat et tentatives
d’assassinats, associations de
malfaiteurs en vue de commettre des crimes d’atteintes
aux personnes, en relation
avec une entreprise terro-
Arthur MBADINGA
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Jacqueline Mubokianu
riste. Les chrétiens de cette
église visée, une semaine
après avoir échappé, sans le
savoir, à un possible attentat
ont donné de la force au père
Philippe Louveau, drapé de
son aube immaculée à l’occasion de la messe de ce dimanche qui a succédé
l’événement.
Près d’une centaine des Gabonais prenaient part à cette
cérémonie d’adieu. A l’annonce de cette triste nouvelle,
ce fut la stupeur totale entre
sms et appels téléphoniques
qui traduisaient chacun avec
ses mots cette tragédie
ratée.n
Infographes:
Marcel OLENDEY
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