Mise en page 1 - Matin Equatorial

MAtin
N°60 du 18 Mars 2015
500F CFA
EquAtoriAl
Journal d’information et d’analyses. [email protected] / [email protected] Tel: 07.07.78.28/02.07.50.10
En prévision des élections 2016
Les sages conseils
de Mborantsouo
A
ccusée parfois à tort et travers de
faire la part belle au parti au pouvoir,
la présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie Madeleine Mbourantsouo a invité le gouvernement et les acteurs
politiques de tout bord, dans l’interview
qu’elle a accordé au quotidien L’Union, à
jouer leurs partitions dans le respect des
«contours de la loi qui organise les élections
au Gabon».
Dans une interview accordée au quotidien
L’Union n° 11781 du lundi 16 mars 2015,
la présidente de la Cour Constitutionnelle,
Marie Madeleine Mbourantsouo, souvent,
sinon constamment pointée du doigt par
les acteurs politiques, a tenu à laver l’institution qu’elle dirige depuis la création du
grief qu’on lui fait toujours au sortir de
chaque joute électorale. Notamment celui
de tirer la couverture du côté du parti au
pouvoir, c’est-à-dire le Parti démocratique
gabonais (PDG).
«Ce sont ceux qui voient leurs élections annulées ou leurs recours déclarés irrecevables par leur propre faute, pourtant, qui
accusent la Cour d’être partiale.» a déclaré
Marie Madeleine Mbourantsouo avant de
souligner : «Nous n’avons eu de cesse de
rappeler aux uns et aux autres qu’une requête ou un recours, c’est d’abord une procédure à respecter en amont. (…) c’est
comme le passage obligé. C’est à l’image de
la porte qui donne accès à une pièce.
Lire en pg.2
Suspension des salaires des fonctionnaires
Politique/Woleu-Ntem :
Le gouvernement se hâte lentement
Le divorce avec l’émergence
est-il déjà consommé ?
A
près avoir brandi maladroitement
la menace de suspendre les émoluments des fonctionnaires en grève
par le truchement du porte-voix du palais
du bord de mer, l’idée de l’exécutif de passer au bâton après la carotte s’effrite
chaque jour, un peu plus. La démonstration en a été faite le lundi dernier, à Martine Oulabou, par la cinquantaine des
centrales syndicales regroupées au sein
de «La Dynamique unitaire».
Trente-six jours d’arrêt d’activité au sein
de la fonction publique et toujours pas de
solution de sortie de crise. Lire en pg.3
O
bjet de toutes les attentions et supputations politiques depuis 2009, lorsque
l’enfant du pays AMO, ressuscite la fibre
ethnique pour être plébiscité dans le pays fang
(80% des voies exprimées) à l’occasion du
scrutin présidentiel du mois d’août de la même
année, le Woleu-Ntem revient au-devant de
l’actualité politique. Véritable casse-tête chinois pour l’émergence, qui, au fond, semble, 5
ans plus tard, n’avoir pas cherché à bien cerner
la pensée et le raisonnement culturel et politique des nordistes.
Lire en pg.4
2 Politique
MAtin
EquAtoriAl
En prévision des élections 2016
L’éditorial de Paul Nzogh Bam
L
e lourd climat social qui
s’est installé au Gabon
depuis plus d’un mois
commence à susciter le ras-lebol ! Les agents de l’administration publique réunis au
sein du bloc « Dynamique unitaire » et le gouvernement du
Pr Daniel Ona Ondo réalisentils qu’en ce moment ils donnent le sentiment au peuple
qu’ils sont, dans un camp
comme dans l’autre, incompétents et égoïstes.
« Il n’y a aucun conflit que des
gens sages et intelligents ne
sauraient conduire à un aboutissement heureux », disait un
artiste et homme politique gabonais.
La rencontre tenue du 6 au 8
mars dernier à Libreville, qui
a suscité beaucoup d’espoir,
serait-elle aussi un énième
coup d’épée dans l’eau ? Que
se passe-t-il donc pour que le
gouvernement et les partenaires sociaux n’arrivent pas
à trouver de solutions consensuelles au sujet des revendications des agents de l’Etat ?
Pourtant, après la remise du
rapport sanctionnant les travaux de la commission ad hoc
relative au dialogue social
d’Angondjé, une commission
paritaire composée des membres du gouvernement, des
cadres de la présidence de la
République et des représentants des organisations syndicales a été mise sur pied. A
peuvent ignorer les sérieuses
contraintes budgétaires actuellement liées à la baisse
des revenus pétroliers.
A l’issue de la rencontre, le
gouvernement a effectivement annoncé, le mardi 10
mars dernier, le paiement de
la PIP du 4e trimestre ; 903
postes budgétaires sur 1500
ont été octroyés à l’Education
nationale, pour l’intégration
des enseignants du pré-primaire, le reste des dossiers
devant faire l’objet d’une
étude approfondie avant l’engagement définitif des personnes
concernées.
Le
gouvernement a précisé que
la mise en place du nouveau
système de rémunération
sera effective dès juillet prochain, le cadre juridique devant être redéfini, en accord
avec toutes les parties.
Entretemps, la PIP sera fidèlement payée aux agents.
Cette situation commençant
déjà à excéder de nombreux
Gabonais qui voient un avenir
scolaire de plus en plus improbable pour leurs enfants,
le Pr Daniel Ona Ondo a demandé aux partenaires sociaux de « faire preuve de
retenue pour la bonne marche
des négociations ». En attendant l’arbitrage du président
de la République, la reprise
des activités était attendue
pour le lundi 9 mars dernier
sur toute l’étendue du terri-
Une interminable bagarre qui lasse !
l’ordre du jour de cette rencontre : la Prime d’incitation à
la performance au titre du 4e
trimestre, le relèvement de la
valeur du point d’indice de
425 à 750 au minimum et
1500 au maximum, l’augmentation du SMIG de 150.000 à
300.000 F CFA maximum, l’intégration de 1500 agents du
pré-primaire.
Au cours des échanges, le
gouvernement a tenu à rappeler qu’il serait injuste de fermer les yeux sur les réformes
observées depuis l’accession
du chef de l’Etat, Ali Bongo
Ondimba, à la tête du pays. Il
s’agit de l’augmentation du
SMIG à 150.000 F CFA, l’instauration de la PIP, la revalorisation du point d’indice de
400 à 425, l’augmentation de
l’aide à la propriété , le passage de l’indemnité de transport de 17.000 à 35.000 F
CFA, et celui de l’allocation de
rentrée scolaire de 25.000 à
62.000 F CFA, ainsi que l’augmentation des allocations familiales.
Même si le Pacte social s’inscrit dans la lutte contre la précarité, les négociations avec
les partenaires sociaux, tout
en tenant compte du nouveau
système de rémunération, ne
toire, surtout dans les secteurs de la santé et de
l’éducation.
Et maintenant, pourquoi une
telle pollution sociale perdure? Pourquoi ne pas avancer tout en négociant ? Y a-t-il,
comme l’affirment plusieurs
enseignants, des interlocuteurs « vendus » dont-ils ne
veulent pas ? Que manque-t-il
aux protagonistes pour mettre en avant les valeurs de fraternité et de patriotisme que
nos aînés nous ont inculquées
à travers notre hymne national ? Selon toute vraisemblance, l’appel du Premier
ministre à l’adresse des grévistes n’a pas rencontré un
écho très favorable.
Le week-end écoulé, quelques
messages ont circulé sur les
téléphones portables, exhortant les agents à la reprise du
travail par esprit de patriotisme. S’achemine-t-on vers
une année blanche, ainsi que
le craint l’UNESCO ? En tout
cas, si cette crise n’est pas radicalement résolue dans les
meilleurs délais, le peuple
saura que, au-delà des revendications salariales, il y a anguille sous roche. Le
problème serait finalement
ailleurs…n
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
Marie Madeleine Mbourantsouo tire la sonnette d’alarme
Accusée parfois à tort et travers de faire la part belle au parti au pouvoir, la
présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie Madeleine Mbourantsouo a
invité le gouvernement et les acteurs politiques de tout bord, dans l’interview
qu’elle a accordé au quotidien L’Union, à jouer leurs partitions dans le respect des «contours de la loi qui organise les élections au Gabon».
Mo’Mabike
ans une interview accordée
au quotidien L’Union n°
11781 du lundi 16 mars
2015, la présidente de la Cour
Constitutionnelle, Marie Madeleine Mbourantsouo, souvent,
sinon constamment pointée du
doigt par les acteurs politiques, a
tenu à laver l’institution qu’elle dirige depuis la création du grief
qu’on lui fait toujours au sortir de
chaque joute électorale. Notamment celui de tirer la couverture du
côté du parti au pouvoir, c’est-àdire le Parti démocratique gabonais (PDG).
«Ce sont ceux qui voient leurs élections annulées ou leurs recours déclarés irrecevables par leur propre
faute, pourtant, qui accusent la
Cour d’être partiale.» a déclaré
Marie Madeleine Mbourantsouo
avant de souligner : «Nous n’avons
eu de cesse de rappeler aux uns et
aux autres qu’une requête ou un recours, c’est d’abord une procédure à
respecter en amont. (…) c’est
comme le passage obligé. C’est à
l’image de la porte qui donne accès
à une pièce. Le non-respect de cette
procédure empêche de facto la Cour
d’examiner au fond tout recours.
Même si les arguments développés
par le requérant pouvaient, de part
leur pertinence, susciter l’annulation de l’élection de son contradicteur (…).»
Pour éviter que l’institution dont
elle a la charge ne soit encore accusée à tort et travers, Marie Madeleine Mbourantsouo a invité le
gouvernement, notamment le ministère de l’Intérieur à «exécuter
l’autre volet de la biométrie qui
consiste à fiabiliser le fichier électoral». «Parce que du contentieux qui
vient de se terminer, la Cour aura
enregistré un recours qui portait sur
la dénonciation de l’état-civil d’une
compatriote» a-t-elle expliqué.
Sur ce point afférent à l’état-civil,
elle a tenu à préciser : «Les questions qui concernent l’état-civil ne
sont pas de la compétence de la
Cour constitutionnelle, mais de celle
des juridictions ordinaires ou des
tribunaux de l’ordre judiciaire. Mais
ce problème a retenu notre attention parce que, il y a quelques années de cela, lors d’un précédent
contentieux, la Cour avait été
confrontée à une situation de saisine similaire. Je tiens donc à préciser ici, pour la gouverne de tout le
monde, que les compétences de la
Cour sont des compétences d’attributions mais pas des compétences
générales.»
S’attaquant à l’épineuse question
de la révision de la liste électorale,
Marie Madeleine Mbourantsouo a
donné un coup de pied dans la
D
fourmilière des acteurs politiques
qui attendent les derniers instants
pour évoquer la révision de celleci, alors que la loi prévoit une révision annuelle. Or en 2014, celle-ci
n’a pas eu lieu. «Tous les acteurs politiques, autant qu’ils sont devraient
effectivement se saisir maintenant
de la question. Mais, au lieu de cela,
eux ils attendent tous (quand certains n’auront pas été élus président
de la République) venir devant la
Cour constitutionnelle pour poser
ce problème lié à la liste électorale
(…)» s’est indignée la présidente
de la Cour.
En terminant son propos, Marie
Madeleine Mbourantsouo a invité
les acteurs politiques à comprendre que «l’élection n’est pas faite à
la Cour constitutionnelle (…) l’élection se prépare maintenant par la
présence sur le terrain ; l’élection se
prépare au niveau de votre représentant dans les différentes commissions électorales et dans les
bureaux de vote. Les élections de
2016 c’est maintenant».n
Les Librevillois encore victimes
des caprices de dame SEEG
Depuis quelques semaines, la population de la capitale gabonaise reste, chaque soir, sur le qui-vive et la
crainte de subir des interruptions dans la fourniture
d’électricité. Celles-ci sont particulièrement récurrentes aux heures de grande écoute. On se demande
dans ces conditions à quoi sert la certification ISO
9001, version 2008, qui vient de lui être décernée ?
P
Hortense De Méka
our se justifier par rapport à la
récurrence des interruptions
de la fourniture d’électricité,
les responsables de La Seeg, comme
d’habitude d’ailleurs, se contentent
d’un communiqué, pour rassurer la
clientèle, indiquant par ailleurs que
les équipes techniques sont ‘’mobilisées pour remédier à la situation’’.
La certification ISO 9001, version
2008, s’inscrit dans un processus
global de l’entreprise, conformément au projet ‘’je m’engage’’, notamment au renforcement des
compétences, de la transparence et
du développement d’une culture de
la performance. Le projet, semble-til, ‘’place le client au cœur des préoccupations de l’entreprise et engage le
personnel à délivrer un service de
qualité irréprochable’’.
La Seeg ne mérite pas cette certification, dans la mesure où la qualité
du service au public n’est toujours
pas garantie, à en juger par la qualité
de l’eau qu’elle fournit à la pompe,souvent colorée- et à la fourniture de
l’électricité, qui comporte tellement
d’aléas que si l’on se trouvait en Europe, le contrat avec Veolia aurait été
rompu depuis des lustres.
Les observateurs sont nombreux à
condamner la légèreté avec laquelle
certaines institutions compétentes
en matière de certification des entreprises, s’empressent de certifier
telle ou telle autre société, dont la
défaillance est notoire. C’est à se demander si ces institutions, ellesmêmes, sont sérieuses.n
Politique 3
MAtin
EquAtoriAl
Suspension des salaires des fonctionnaires
Le gouvernement se hâte lentement
Après avoir brandi maladroitement la menace de suspendre les émoluments des fonctionnaires en grève par le truchement du porte-voix du palais du bord de mer, l’idée de l’exécutif de passer au bâton après la carotte
s’effrite chaque jour, un peu plus. La démonstration en a été faite le lundi
dernier, à Martine Oulabou, par la cinquantaine des centrales syndicales
regroupées au sein de «La Dynamique unitaire».
T
Mo’Mabike
rente-six jours d’arrêt
d’activité au sein de la
fonction publique et toujours pas de solution de sortie
de crise. Le gouvernement et
les syndicats regroupés au sein
de la Dynamique unitaire se regardent toujours en chiens de
faïence.
Malgré la pluie diluvienne qui
s’est abattue en fin de matinée
sur Libreville, les agents publics de l’Etat affiliés à la «Dynamique unitaire» ont choisi, le
16 mars dernier, de se rendre à
l’école primaire Martine Oulabou, dans le 2ème arrondissement de Libreville, plutôt que
dans leurs administrations respectives, en compagnie des retraités civils et militaires.
Objectif : «Se concerter et arrêter une position commune par
rapport à la mesure transitoire
proposée par les autorités du
pays». Comme quoi, plus rien,
pas même les intempéries ne
peuvent plus les arrêter ou les
faire reculer.
En effet, après les échecs relatifs des rencontres d’Angondjé
et du ministère de la Fonction
Un appel à la reprise des cours
peu suivi par les enseignants
Mo’Mabike
L
undi dernier, l’atmosphère
dans la plupart de des établissements publics et
confessionnels n’était pas à la
reprise des cours. C’est du
moins la conclusion tirée par
notre équipe de rédaction qui
s’est rendue au lycée d’Etat Paul
Indjendjé Gondjout (LEPIG) en
passant par le mythique lycée
national Léon Mba (LNLM), puis
le lycée Technique national
Omar Bongo (LTNOB) ainsi que
le Collège Bessieux.
Certaines classes tenues par les
enseignants expatriés, au Lycée
d’Etat Paul Indjédjé Gondjout
par exemple, ont été vidées par
les élèves orphelins d’enseignants, qui se sont opposés à ce
que leurs camarades aient cours
pendant qu’ils sont abandonnés
à eux-mêmes.
Dans les établissements primaires publics, à l’exemple de
l’école publique des Charbonnages que nous avons visitée
lundi dernier, il n’y avait pas
l’ombre d’un enseignant.
Toutefois, l’appel à la reprise des
cours lancé par Fridolin Mve
Messa et ses amis de la Dynamique unitaire responsable n’a
pas été suivi. Ce qui semble démontrer la popularité de l’autre
aile de la dynamique unitaire,
dont le modérateur est Jean
Rémy Yama.n
A la santé, paiement de la PIP
rime avec reprise du travail
gondjé (CHUA) et à l’Hôpital
égypto-gabonais, un service
minimum recevait respectiveentré en peu plus tard en ment 10 et 20 malades par
grève pour réclamer le jour, du lundi au vendredi.
paiement de leur prime Depuis lundi dernier, après
d’incitation à la performance que la PIP a été payée, le travail
(PIP), le personnel de santé a a repris dans ces centres de
repris timidement le travail santé bien que le rythme de
dans les différents établisse- croisière n’ait pas encore été
ments hospitaliers du pays.
atteint.
Si au Centre hospitalier univer- C’est une épine de moins pour
sitaire de Libreville (CHUL), le le gouvernement de Daniel
personnel recevait normale- Ona Ondo, qui risquait d’avoir
ment les malades, au Centre sur la conscience la mort de
hospitalier universitaire d’An- plusieurs Gabonais.n
Mo’Mabike
R
publique, le gouvernement a
mis à profit le week-end du 14
au 15 mars dernier pour tenter
de sauver les meubles, en ouvrant d’autres négociations
avec les partenaires sociaux.
Ces discussions ont porté sur
les modalités de reprise du travail en attendant la mise en
place du nouveau système de
rémunération, prévue pour
juillet prochain. Concrètement,
la proposition a été la suivante:
«Une augmentation de 18% de
salaire brut avec suppression de
la prime d’incitation à la performance». Toute chose qui
contraste avec les menaces
d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé
prononcées à l’une de ses traditionnelles conférences de
presse, et l’arrogance d’un gouvernement qui aujourd’hui fait
profil bas.
Cette bonne volonté perçue
comme un «guet-apens» par
Mis dos au mur par les syndicats, le gouvernement fait profil bas.
certains leaders sociaux a malheureusement été rejetée par
les agents grévistes, déterminés à faire aboutir leurs revendications. «Les travailleurs
estiment que la proposition du
gouvernement est insuffisante
pour permettre une reprise normale du travail. De ce fait, la
P.I.P est un acquis», a indiqué le
modérateur de la Dynamique
unitaire, avant d’annoncer la
poursuite de la grève lancée le
9 février dernier jusqu’à la
hausse des salaires.
En présence de certains leaders
de la société civile, venus leur apporter du soutien, tels que Marc
Ona Essangui de Brainforest,
Jean Rémy Yama et ses camarades se sont donné rendez-vous
pour le mercredi 18 mars 2015,
c’est-à-dire aujourd’hui, pour apprécier les nouvelles propositions du gouvernement de Daniel
Ona Ondo, si proposition il y a.n
Enseignement Supérieur
Les enseignants-chercheurs poursuivent leur mouvement de grève
Après plus de deux mois de grève, l’université Omar Bongo n’est pas sortie
de l’auberge. La reprise des cours annoncée cette semaine n’aura pas lieu
car les enseignants réclament la revalorisation des salaires.
dations du porte-parole de la
Présidence, Alain Claude Bilie
by Nzié et du Premier ministre,
l’Université Omar Bongo, qui appelaient à la reprise du
les démons de la grève travail le lundi 9 et le mercredi
campent nerveusement, 11 mars ? Ce syndicat a botté
au point que cela n’émeut plus en touche les menaces de suspersonne dans l’opinion de sa- pension de salaire.
voir qu’ils sont à l’arrêt. Dans ’’Nous réaffirmons notre détercette institution devenue le mination de voir aboutir le nouchaudron et haut lieu de veau système de rémunération.
contestation intempestive et De ce fait, nous ne reprendrons
tous azimuts, l’année blanche pas les cours tant que nos saqu’on tente de conjurer dans laires ne seront pas revus à la
l’enseignement primaire et se- hausse, peu importent les consécondaire pourrait être quasi- quences. Ce ne sont pas des mement inévitable. L’engouement naces de coupure de salaires qui
et l’enthousiasme manifestés nous feront trembler’’, a déclaré
par certains étudiants de re- le président du SNEC, Jean
prendre les cours cette semaine Rémi Yama.
viennent d’être douchés par la A la revendication de l’augmendécision des enseignants-cher- tation des salaires, s’est greffé
cheurs.
également le paiement de la
En effet, la semaine dernière, prime d’incitation à la perforles enseignants-chercheurs mance (PIP) qu’ils ne perçoiréunis au sein du SNEC ont af- vent pas au motif qu’ils ont la
firmé leur adhésion totale et prime d’incitation à la resans réserve à la Dynamique cherche (PIR).
unitaire, et par conséquent ont Dans l’opinion publique, on se
décidé de poursuivre leur mou- demande et à juste titre d’ailvement de grève jusqu’à la leurs, à quoi sert véritablement
mise en œuvre du nouveau sys- encore cette institution univertème de rémunération, tel que sitaire naguère prestigieuse,
promis par le gouvernement. mais qui brille aujourd’hui par
Quid des menaces et des intimi- le spectacle tragi-comique des
AGB
A
grèves récurrentes et interminables. De fait, l’UOB est en
crise permanente et c’est depuis le mois de décembre 2014
que les activités académiques
sont en arrêt. Ainsi va l’UOB,
enseignants et étudiants se relaient sur le piquet de grève.
Pour les apprenants, bourses
non perçues, taux d’échec élevé
dû à la mauvaise assimilation
du système LMD les effarouchent. En revanche, pour les
encadreurs, les revendications
pécuniaires en rajoutent à la
surchauffe.
Pis, aujourd’hui, les étudiants
sont en errance en raison de la
fermeture de la cité universitaire.
Situation à la fois pitoyable et
scandaleuse pour ce haut lieu
du savoir qui tend à se désacraliser par des perturbations qui
de toute évidence jettent le discrédit sur le système universitaire de notre pays. Des
formations bâclées pour des
diplômes véritablement au rabais, il ya lieu de nourrir des
appréhensions sur cette jeunesse appelée à prendre la relève dans la gestion des affaires
du pays.n
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
4 Politique
MAtin
EquAtoriAl
Chronique politique
La rupture en toile
de fond
C
eux qui ont suivi les
manifestations marquant les 47ans d’existence du Parti démocratique
gabonais s’accordent au
moins sur une chose : Il y
avait comme de la poudre
dans l’air, et surtout une
ferme volonté de rupture en
toile de fond de tout ce qui
s’est dit.
Les hiérarques du parti, à
commencer par Ali Bongo
lui-même, se sont assujettis
au traditionnel rituel qui a
toujours entouré ce genre
de manifestation politique.
Une approche introspective, mais surtout festive,
avec parfois quelques
touches affectives, comme
cette attention particulière
accordée par le Distingué
Camarade à 18 dignitaires,
choisis à raison de deux par
province, invités à partager
un repas convivial à la présidence de la République.
Ce qui a une nouvelle fois
fait penser que le chef de
l’Etat, tout en maintenant sa
vision pour le Gabon n’entendait pas se passer de la
vieille garde de son parti.
Une vieille garde qui lui
pose quelques problèmes
de gestion depuis son accession à la magistrature suprême, du fait de sa mise à
l’écart progressive dans la
gestion des affaires de l’Etat.
Sans que le conflit intergénérationnel ne soit officiellement ouvert, la volonté de
faire du Gabon un pays
émergent d’ici l’an 2025 se
heurte depuis 2009 à la farouche résistance des anciens dignitaires du régime
précédent, peu ou pas préparés pour cette épreuve
plus que difficile et nouvelle,
qu’ils vivent désormais,
comme un cauchemar au
quotidien. La perte des décennies de gloire sans partage de leur posture
antérieure.
Dans l’opinion, le sentiment
prévaut que Ali Bongo Ondimba, qui se présentait en
2009 comme le candidat de
« L’avenir en confiance »,
soutenu par une jeunesse
en effervescence, traverserait
sans
encombre
l’épreuve qui lui cause aujourd’hui quelques soucis, si
cette jeunesse, désormais
aux avant- postes, s’y trouvaient effectivement en août
2009.
Cinq ans après, on retrouve
plutôt sur le champ de bataille toujours en ébullition,
du fait de la persistance des
rancœurs, de la haine et du
rejet de l’autre, tout comme
de la volonté manifeste de
voir tout le monde tout perdre, une bonne partie de
vieille garde qui a cette fois
décidé de prendre les armes
et d’engager le combat
contre l’émergence.
Voilà qui a redonné vie à
une opposition sans âme
depuis la dernière présidentielle et, surtout, la dissolution de l’Union nationale, la
maladie de Mba Obame et
la mort de Pierre Mamboundou. Une photo comparée des deux camps
aujourd’hui opposés, surtout depuis la réhabilitation
de l’Union nationale et le recrutement, ou le ralliement
d’anciens dignitaires de
l’ancien parti unique, appelle tout observateur
averti à la prudence dans
son analyse pour la suite
des événements au Gabon,
notamment la prochaine
présidentielle.
Le capital-confiance des Gabonais, insolemment favorable au pouvoir de 2009 à
2012, s’est considérablement réduit depuis lors, du
fait non seulement du
contexte financier et économique international, mais
également du climat politique et social dans le pays,
avec au centre l’atmosphère
insurrectionnelle au sein du
Parti démocratique gabonais depuis les investitures
de la présidentielle de 2009.
Ici, depuis les dernières législatives pourtant largement remportées par le
parti au pouvoir, tout
comme les locales et dernièrement les sénatoriales, la
contestation ouverte et les
démissions fracassantes ou
sournoises sont devenues
le mode de fonctionnement
et d’expression à quelque
échelon que ce soit, de cette
formation politique.
Et à moins d’avoir une autre
lecture de certaines interventions lors des manifestations de la semaine
dernière, la rupture était
toujours en toile de fond et
l’affrontement entre les
jeunes loups et les caciques,
à l’ordre du jour.
Question tout de même, à
un deux sous : à qui profite
ce massacre à moins de
deux ans de la présidentielle ?n
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
Politique/Woleu-Ntem :
le divorce avec l’émergence est-il déjà consommé ?
Objet de toutes les attentions et supputations politiques depuis 2009, lorsque l’enfant du pays AMO, ressuscite la fibre ethnique pour être plébiscité dans le pays
fang (80% des voies exprimées) à l’occasion du scrutin présidentiel du mois d’août
de la même année, le Woleu-Ntem revient au-devant de l’actualité politique.
V
Jacques Okeng’
éritable casse-tête chinois pour
l’émergence, qui, au fond, semble,
5 ans plus tard, n’avoir pas cherché à bien cerner la pensée et le raisonnement culturel et politique des
nordistes. La province septentrionale
pourrait à l’allure où se dessinent les
choses et sans changement majeur de
cap de la politique gouvernementale,
rester, comme en 2009, un bastion de
l’opposition.
De Ndong Sima à René Ndemezo’o :
à qui le tour demain ?
Qui l’aurait cru ? Le «premier» Premier
ministre de la « rupture » que le président Ali Bongo Ondimba avait consacré
en 2012 en transférant la primature aux
Fangs du Nord- au détriment de leur
frères de l’Estuaire qui tenaient le poste
depuis 1975, et même de l’OgoouéIvindo et du Moyen-Ogooué- est devenu
l’un des thuriféraires de ce même régime ? Dans un essai dont le titre en dit
long « Quel renouveau pour le Gabon »,
Raymond Ndong Sima, le fils de Yefè, ne
cache pas, à son sens, le constat d’échec
clairement posé au regard de son « observation » de la gouvernance économique, sociale et politique du pays
depuis 2009.
Sauf que depuis lors, aucun cadre politique ou élu PDG du Nord, de la fédération C du canton Kyé, sinon du
département du Woleu et du WoleuNtem en général, n’a encore pris son
courage à deux mains pour signifier,
dans un meeting ou une conférence de
presse, que les propos de l’ancien PM et
sa démarche actuelle sont à contre-sens
de la ligne politique du parti, et qu’en
conséquence, il doit remettre son mandat de député PDG en jeu et démissionner.
Tout comme, au sein même du parti et
de son siège à Louis, personne n’a encore osé demander l’exclusion d’un «
néo » camarade qui n’a plus d’affinité
élective avec le parti et sa hiérarchie, notamment avec le Distingué camarade. Ce
silence assourdissant du coté de Libreville et de Nkoum-Ekiègn (Oyem) en dit
long sur l’état actuel du «grand parti des
masses ».
A cela s’ajoute la sortie avec fracas de
l’ancien haut responsable du parti dans
le Nord, notamment à Bitam, René Ndemezo’o Obiang. Là aussi, qui l’aurait cru?
Ils ne sont pas nombreux à lui tenir tête
à Bitam et même au plan national au
sein du PDG, en matière politique.
Même si une guerre des chefs s’annonce
au sein de l’opposition pour 2016, avec
ces poids lourds (René, Djidjob, Bengone Nsi, Ping, etc.) et en dépit de l’affaiblissement physique d’AMO, la politique
actuelle de la majorité effrite les bases
sociologiques historiques de ce régime.
En poussant le bouchon aussi loin, il ne
serait pas abusif de compter d’autres cadres qui pourraient emprunter la même
voie dont Ebooué à Oyem. Le PM Ona
Ondo, dont on connait les mémorables
passes d’armes avec les émergents depuis son installation au « 2 décembre »
en janvier 2014, ne pourrait-il pas aussi
être tenté de rejoindre le «front» des ra-
dicaux, pour peu qu’il soit débarqué «
façon-façon » comme Raymond Ndong
Sima ? A Oyem, Bitam ou Mitzic, une
grande partie des populations et cadres
restés fidèle à la ligne de 2009 n’attend
que cela.
Un bilan socioéconomique et politique mitigé ?
Alors que les réalisations aux plans économique, social et des infrastructures
dans le Grand Nord mériteraient d’être
considérablement renforcées, c’est
toute la stratégie des émergents dans le
pays fang, en 5 ans, qui révèle ses insuffisances. Le tir semble être difficile à rectifier à cette allure malgré deux
Premiers Ministres, avec en prime un
conseil des ministres délocalisé, des
journées de concertation économique
et des « erreurs casting » peu au fait des
attentes profondes des Woleu-ntemois
d’en bas (Ona Ondo, Ndong Sima,
Mengue m’Egouang, Ngoua Nneme,
Rose Allogho Mengara, etc.) en deux
ans.
Agir avec lucidité pour endiguer le
syndrome du Nord
Ainsi, il faut a priori au pouvoir émergent une double innovation : changer
d’approche d’une part, et d’autre part,
débusquer de nouvelles têtes pour porter le flambeau de l’émergence pour
maintenir, ne fut-ce qu’à minima, les acquis électoraux enregistrés en 2009, aux
législatives de 2011 et locales de 2013.
Les discours officiels lors de la célébration du 47e anniversaire du PDG ne sont
que l’arbre qui cache la forêt. De plus en
plus de cadres (membres du bureau politique, hauts fonctionnaires) et élus
montent au créneau, et cela au-delà
même du pays fang, pour tirer la sonnette d’alarme sur la maigreur des
moyens mis à leur disposition pour
mener une stratégie de terrain.n
Et si les emblèmes se mettaient à parler...
En instituant la journée du drapeau, célébrée le 9 août
depuis 2010, le président de la République, Ali Bongo,
visait à développer et à consolider l’esprit patriotique
du peuple gabonais. Paradoxalement, la bannière,
censée symboliser l’âme même du Gabon, semble,
dans la plupart des cas et du haut de sa hampe, abandonnée et ignorée de tous aujourd’hui.
Emmanuelle Massa
D
ressé dans les cours des chefs de
quartier, des écoles, devant les ministères ou les institutions telles
que le Sénat et l’Assemblée nationale, le
drapeau symbolise l’âme commune à tous
les Gabonais, et permet de les distinguer
d’autres personnes. Généralement accompagné de la devise, c'est-à-dire l’idéal
ou la ligne de conduite que le peuple s’est
arrogée, le drapeau, hissé, est supposé,
non seulement donner un regain de fierté,
mais également réveiller la mémoire et la
conscience du peuple.
Une conscience qui semble cependant
s’être endormie dans l’esprit des Gabonais
et particulièrement de certaines autorités,
à l’image des drapeaux flétris qui ornent
la capitale, pour ne citer qu’elle. L’emblème
arbore de plus en plus, aux abords des bâtiments où il se dresse, des couleurs déteintes lorsque qu’il n’a tout simplement
pas perdu un pan de sa robe, tel une muse
complètement vidée de sa substance.
Mais un spectacle pire encore se déroule
devant le Sénat, juste sous les yeux des élus
et des représentants étrangers installés en
terre gabonaise, qui ne manquent certainement pas d’emprunter le boulevard qui
abrite leurs locaux de fonction.
L’un des drapeaux levés, entre le Sénat et
le ministère des Mines, à côté d’autres
complètement défraichis, affiche vert ....
bleu. Au milieu, la bande jaune a fait place
à un vide total. Et tout ceci, sous les yeux
des responsables publics, qui semblent ne
pas s’en émouvoir, comme ce fût également le cas à Yaoundé, au Sommet de la
CEEAC contre Boko, lorsque le drapeau
gabonais, hissé dans le sens opposé, c’est-
à-dire bleu-jaune-vert, était resté une journée durant sans que le protocole gabonais
présent sur les lieux ne s’en aperçoive.
Seuls les journalistes arrivés en fin d’aprèsmidi avaient permis de rectifier le tir.
Or, des normes communément connues
et acceptées de tous, du moins par la morale et la fierté d’appartenance à un
groupe, font qu’un drapeau, emblème national, ne peut être négligemment traité
car symbolisant les valeurs et l’identité
même de la nation. Par exemple, on sait
qu’un drapeau flottant à l’envers indique
soit que la base qu’il représente est passée
aux mains de l’ennemi, soit qu’elle est en
détresse. Mais surtout, il est universellement condamné de laisser flotter un drapeau dégradé, décoloré, sale ou enroulé
autour de son mât, par respect pour ce
qu’il symbolise.
Dans ce contexte, qu’évoque réellement le
drapeau gabonais, sinon la conscience patriotique qu’il est supposé raviver en
chaque Gabonais pour déterminer la ligne
de conduite à tenir ? Surtout en cas de crise
où les valeurs Union, Travail et Justice sonnent comme la finalité à laquelle aspirent,
instamment, l’ensemble des Gabonais.
Il revient aux responsables municipaux
particulièrement de redorer les emblèmes nationaux, en poursuivant les efforts entamés, au plus haut niveau de
l’Etat, par le président de la République
dès son accession à la magistrature suprême. En ce temps de crise où la société
gabonaise semble en constante mutation,
il est impératif de rappeler aux Gabonais
les notions élémentaires de civisme qui
continueront à faire d’eux, demain, des
citoyens modèles.
Le chef de l’Etat y a songé. Aux élus locaux
de s’y atteler.n
Politique 5
MAtin
EquAtoriAl
Le Front uni dans l’Abanga-Bigne
Comme un couteau dans du beurre
Nous prenions l’information au conditionnel alors
que nous mettions sous presse dernièrement. Elle
a été confirmée. Le Front uni de l’opposition était
bel et bien dans le Moyen-Ogooué et plus précisément dans le département de l’Abanga-Bigne.
Jacques Okeng’
J
ean Ping et les autres ont
sillonné le district de Bifoun-Abanga, puis la commune de Ndjolé où l’on
pouvait difficilement imaginer la présence d’un parti politique de l’opposition, tant le
terrain paraissait acquis à la
majorité présidentielle. Les
frontistes ont reçu un bon accueil aussi bien de la part des
cadres que des populations,
ce qui semble indiquer que
pas mal d’eau a coulé sous
les ponts, et que nombre
d’anciens pédégistes ont rejoint l’opposition.
Au terme des différents scrutins organisés depuis l’avènement d’Ali Bongo, le PDG et
ses alliés se sont toujours
taillé la part du lion sur ces
terres, malgré le mauvais
score enregistré en 2009 par
le candidat soutenu par ce
parti. Celui-ci dispose, d’ailleurs, des trois sièges de député et des deux postes de
sénateurs. Tout comme il
contrôle le conseil communal
et départemental.
C’est aussi, en principe, le
parti politique le mieux structuré de par sa présence
jusque dans les coins les plus
reculés du département, notamment les chantiers forestiers et les villages. Une
occupation stratégique des
espaces digne du parti communiste chinois, dont se sont
toujours inspirés les pères
fondateurs et les hiérarques
de cette formation politique
des années durant, parce que
bâtit sur le concept du partiEtat. Nous en étions là jusqu’à
ce passage de Ping, Myboto et
les autres
En quelques heures le Front
uni de l’opposition est venu,
avec une organisation quelconque et s’appuyant sur
quelques cadres locaux ou
exerçant ailleurs, mais ayant
pignon sur rue dans le département, remettre en cause
cette suprématie qui ne reposait finalement sur rien de solide.
Le spectre de Mba Obame est
revenu hanter les esprits des
populations,
lesquelles
avaient en 2009, voté les yeux
fermés pour lui.
Dans
le
district
de
Bifoun/Abanga, où le feu
couve sous la cendre depuis
des années entre le député
du coin, les populations et les
cadres du parti des deux can-
tons, le Front n’avait nullement besoin de forcer son talent pour faire carton plein.
Preuve de ce climat malsain
entre pédégistes, la salve tirée
en direction du député lors de
l’étape d’Ebel Abanga. Ici, en
dehors de Ndong Nguema, le
député du 2e siège, l’autre
parlementaire à avoir fait les
frais n’est autre que le député
de Samkita, dont toute la population a fait le déplacement
d’Ebel pour faire allégeance
au Front. A la manœuvre, la
famille d’une ancienne ministre qu’on a retrouvée à l’étape
de Ndjolé.
A Ndjolé, l’opposition avait un
gîte et un cadre tout indiqués
pour leur spectacle. L’hôtel
d’un dignitaire de la localité.
Pendant que Denise Mekam’ne tentait vainement de
piloter le boycott depuis Libreville, en occupant la place de l’indépendance par une manifestation sans âme, Ping et compagnie
attendaient que les quelques pédégistes recrutés se fatiguent et vident les lieux pour
lancer leur machine. Ce sont les mêmes partisans de Mekam’ne qui sont venus grossir les
rangs des spectateurs du meeting de l’opposition.
Parmi ceux qui ont permis la réussite du séjour de Ping, on dénombrait quelques pédégistes proches de Mme le ministre. Comme
disait une brave dame alors que la fête battait
son plein à Ebel « le vent soufflé, on a vu le cul
de la poule ». A moins de deux ans de la présidentielle, on commence à voir clair dans
l’Abanga-Bigne.
Ali appréciera. n
Education Nationale
La reprise des cours à petit trot
Le paiement de la PIP a contribué à décrisper l’atmosphère dans le secteur éducatif. Progressivement, la machine se met en branle pour une reprise effective des cours.
D
AGB
epuis quelques jours, les
rues et les grands carrefours offrent le spectacle
habituel des périodes scolaires:
élèves en uniforme, sacs au dos
ou en bandoulière, se bousculant pour emprunter un taxi –
bus pour se rendre à leurs
établissements respectifs. Les
embouteillages sur certains
axes routiers sont redevenus
de ce fait inévitables. Dans les
établissements scolaires primaires et secondaires, on semble sortir d’une longue période
de léthargie ; l’effervescence
semble reprendre ses droits
après la l’arrêt prolongé des
cours.
En début de semaine, ici et là,
les activités pédagogiques ont
repris droit de cité, au petit trot
avant que la vitesse de croisière
ne soit véritablement atteinte.
Les enseignants ayant perçu la
PIP estiment pour la plupart
que la revendication essentielle de la longue grève étant
satisfaite, il est honnête de reprendre du service. Aux lycées
Léon Mba, Paul Idjenjet Gonjout, Nelson Mandela ou d’Application, ainsi que dans les
établissements confessionnels,
les professeurs ont renoué avec
l’ambiance des salles de
L’appel à la reprise des cours lancé par la Dynamique unitaire
responsable a-t-il été réellement suivi ?
classes. La détermination de
ces derniers de reprendre le
travail a farouchement éconduit les irréductibles de la Dynamique unitaire qui ont tenté
de dissuader certains enseignants de reprendre les cours.
Si certains établissements primaires traînent encore les
pieds, c’est justement à cause
du discours radical des responsables de certaines organisaqui
syndicales,
tions
voudraient, avant de reprendre
le travail, que tous les points de
leur cahier des charges soient
satisfaits par le gouvernement,
notamment la mise en œuvre
immédiate du nouveau système de rémunération.
La menace de suspension de
salaire brandie par le pouvoir a
amené certains agents du secteur éducatif à reprendre le
service.
Au lycée Paul Emane Eyeghé,
l’un des rares établissements
publics de la capitale à avoir repris les cours dès mercredi
dernier, le proviseur a usé de
tact et de fermeté, en enjoignant les enseignants à renouer avec les activités
pédagogiques sous peine de se
voir sanctionner. Mais au Lycée
Jean-Hilaire Aubame Eyéghé,
les sirènes de la Dynamique
unitaire affectent une reprise
effective des cours. Celle-ci est
du reste timide, certains enseignants se rendent dans les
classes clairsemées ou quasiment vides avec une poignée
d’apprenants.
« Ces gens de la Dynamique savent sur qui ils comptent pour
que leur salaire ne soit pas suspendu. Pour moi, la grève est terminée, même avec trois élèves, je
ferais mon cours, j’évite de courir le risque des sanctions car je
n’ai pas d’autres revenus en dehors de mon salaire », explique
Eudoxie S, enseignante de français.
Donc progressivement, la situation pourrait revenir à la normale dans les prochains jours.
Sans naturellement éluder les
réticences et les atermoiements
des enseignants à la solde des
jusqu’au-boutistes dont le pouvoir de nuisance est réel et
donc susceptible de gripper la
machine. Au demeurant, les
chevaliers de la craie devraient
s’employer en peu de temps
pour sauver cette année scolaire hachée en s’investissant
davantage et à fond pour inculquer aux apprenants les notions essentielles.n
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
6 Société
MAtin
EquAtoriAl
Affaire Opiangah contre Ping
Le « Chinois » invisible au tribunal
Après avoir versé la modique somme de 200 000 francs CFA à titre de caution,
comme le prévoient les dispositions de l’article 263 du Code de procédure pénale,
Hervé Patrick Opiangah a vu son affaire contre Jean Ping enrôlée mardi dernier,
c’est-à-dire hier.
Priscille Obame Aba’a
A
l’occasion de sa traditionnelle audience correctionnelle ordinaire du
mardi, le tribunal de première
instance de Libreville n’avait
étonnamment qu’une seule affaire inscrite au rôle, celle du
ministère public et Hervé Patrick Opiangah contre Jean
Ping.
Si rien ne mentionnait la ténue
de ce procès sur le tableau d’affichage du rôle, sis au hall du
palais de justice, la vague déferlante de la brigade antiémeutes qui avait envahi ce lieu
interpellait la curiosité des usagers. D’ailleurs, ces derniers
étaient soumis à un contrôle
drastique à l’entrée. On se serait cru au procès d’un chef de
la mafia.
A l’appel de l’unique affaire
inscrite sur le rôle par le prési-
dent de céans, seuls Hervé Patrick Opiangah et son conseil,
Me Gisèle Eyui, se sont présentés à la barre. Quant à Jean
Ping et son avocat, Me Mfoumane, ils étaient absents de la
salle d’audience. Ce qui ne va
pas empêcher le président du
tribunal de rappeler la nature
du délit. «Sieur Jean Ping est
poursuivi pour diffamation» at-il déclaré.
Prenant la parole, le procureur
a rappelé que «cette affaire
avait déjà été notifiée au début
de ce mois et constituée pour la
première fois le 2 mars.»
Dès lors, en l’absence de Jean
Ping et de son conseil, le tribunal qui a notifié, à toutes les
parties, la tenue du procès en
date du 17 mars 2015. « Un
renvoi ferme pour comparution
personnelle de sieur Jean Ping
pour le jeudi 26 mars».
Les faits. On se rappelle que les
conditions dans lesquelles
avaient eu lieu les actes de vandalisme perpétrés le 12 janvier,
au domicile de Jean Ping,
étaient restées assez obscures,
voire entourées d’un flou artistique. Autant sur les noms des
présumés commanditaires que
sur la façon avec laquelle la
justice s’était promptement
saisie de cette affaire.
C’est dans ce flou qu’Hervé Patrick Opiangah avait décidé de
porter plainte pour diffamation contre Jean Ping, à qui il
reprochait de l’avoir calomnié
dans un message posté sur son
compte Facebook. L’ancien
président de l’Union africaine
avait en effet déclaré dans un
tweet que HPO était le commanditaire de l’agression dont
il a été victime.
«Ma sortie de ce jour poursuit
un seul objectif : informer l’opinion nationale et internationale
Appelé à comparaître devant le juge, Ping, lui semble plutôt se
délecter dans les bains de foule.
que moi, Hervé Patrick Opiangah, je ne me reconnais pas
dans les accusations portées
contre ma personne par monsieur Jean Ping», avait déclaré
HPO en soulignant que cette
défense tient, notamment, de
«l’audition par voie d’huissier,
de 14 des jeunes gens interpellés
par la police judiciaire. Aucun
d’entre eux n’a déclaré ni reconnu avoir été envoyé par moi
pour aller agresser monsieur
Jean Ping».n
Economie :
Les réseaux mobiles, un secteur en plein essor
Le secteur des télécommunications au Gabon a connu diverses mutations qui ont
contribué à son développement au cours des dix dernières années : libéralisation
du secteur, mise en place du régulateur (ARTEL), introduction sur le marché de
nouveaux opérateurs (Libertis, Airtel Gabon, Moov, Azur), octroi de licences…
A
Pierre Ndoumou
ujourd’hui, c’est la course au
débit qui embrase ce secteur.
Ce dernier apparaît comme
l’un des plus dynamiques et concurrentiels (parts de marchés et
contrats avec l’Etat et les entreprises) de l’économie gabonaise.
Une gouvernance qui devrait faire
école pour d’autres secteur ou
branches d’activité, en panne de dynamisme et d’attractivité.
Les réformes qui ont fait le secteur
gabonais des télécoms
L’historique de ce secteur permet
sans doute de montrer comment il a
vite grandi en dix ans, comparé aux
trente dernières années. En 1964, le
Gabon se dote d’un Office des postes
et télécommunications (OPT), avec
le statut d’établissement public à caractère Industriel et commercial
(EPIC). Plus tard, les Télécommunications internationales du Gabon
(TIG) apparaissent en 1971, avant
d’être absorbées en 1997 par l’OPT.
La grande restructuration du secteur
intervient en 2001. Les lois n°0004,
0005 et 006/2001 du 27 juin 2001
réorganisent les secteurs des postes
et télécommunications. L’OPT est
dissout. De cette opération, naissent
deux opérateurs distincts : Gabon
Poste (courrier, épargne) et Gabon et
Gabon Télécom (téléphone fixe et
mobile, internet), avec chacun en ce
qui le concerne un régulateur secto-
riel : Artel (télécommunication) et
ARP (Poste). L’ouverture du secteur
à la concurrence se fait avec trois
opérateurs : Libertis (Gabon Télécom), Celtel (Airtel) et Telecel
(Moov).
Avec une près d’une dizaine de distributeurs de fournisseurs d’accès à
internet dont les plus connus sont
Gabon Telecom, Ipi9, Solsi, l’on
compte aujourd’hui des centaines
de cyber-cafés dans Libreville, et un
marché potentiel ouvert dans la capitale et sous-exploité à l’intérieur
du pays. C’est le développement
aussi de nouveaux services, comme
le transfert d’argent, la microépargne, les ventes de puces des
portables.
Les chiffres en constante
progression
Le parc d’abonnées qui représente
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
le nombre d’abonnements (un
abonné pouvant avoir un ou plusieurs sims d’opérateurs différents)
a spectaculairement évolué au
Gabon en quelques années seulement. L’on estime ce parc à deux
millions d’abonnés pour une population de 1,5 million d’habitants.
Dans le monde, l’on compte environ
7,1 milliards de lignes. Le taux de
pénétration du mobile dépasse largement les 90% de la population, au
dépens du téléphone fixe qui a
moins de 3% du marché des télécoms. L’opérateur Airtel caracole en
tête depuis longtemps, avec plus de
50% des parts de marchés à lui seul,
suivi de Libertis (30%) et Moov
(20%). Cette répartition du parc
d’abonnés suit la répartition du chiffre d’affaires quasiment dans les
mêmes proportions, mais l’opérateur Airtel atteindrait les 60% du CA
du secteur téléphonie mobile. C’est
l’opérateur dominant. Un secteur
qui ne brasse pas moins de 400 milliards de FCFA par an. Mais en
termes d’infrastructures, Gabon Télécom est le seul opérateur à disposer d’un point d’atterrissement sur
le câble SAT3 WASC (accès à l’international).
Economiquement, le secteur des télécommunications et plus généralement de l’économie numérique au
Gabon reste encore prometteur.
Selon les données de 2011 par
exemple, l’on estime que face aux
secteurs du pétrole (16,6%), des
mines (2%), l’électricité et l’eau
(3,2%), le secteur des télécommunications a contribué à hauteur de
4,5% au produit national brut
(PNB).
En termes d’effectifs d’emplois et de
masse salariale, les effectifs des opérateurs ont connu un pic en 2009
(postes permanents et contractuels
ou saisonniers). Par exemple en
2010, en matière d’emploi, malgré
la faible diminution des effectifs, la
masse salariale a augmentée de
15% par rapport à 2009 dans le secteur. Les effectifs du secteur tourneraient autour de 3000 à 4000
emplois directs. Si l’on y ajoute les
cyber-cafés, les vendeurs de cartes
téléphoniques, le compte tournerait
autour de 4000 à 6000 emplois directs et indirects. On voit bien ici
que le développement économique
et social du Gabon ne se fera pas
sans les télécommunications, qui
sont à forte valeur ajoutée et susceptibles de jouer un rôle décisif
dans la lutte contre le chômage, si
des réformes plus audacieuses et
des moyens conséquents sont encore injectés pour accroître la part
des nationaux à tous les niveaux de
ce secteur et pour y attirer de nouveaux investisseurs étrangers.
Non en reste, les recettes fiscales
dans ce secteur vont connaitre un
boom.
La course au haut débit, enjeu
actuel
Dans l’ensemble, il s’agit d’un marché qui se porte bien malgré
quelques légères baisses enregistrées au cours des dernières années.
La concurrence dans le secteur s’annonce rude entre les opérateurs,
grâce aux technologies de pointe de
dernière génération : Licence
3G/4G. Les consommateurs gabonais, assez sensiblement, se tournent vers des tablettes et des PC
équipés uniquement du Wi-Fi…
pour des raisons budgétaires. Mais,
les téléphones plus luxueux équipés
de toutes les options offrent des services numériques plus adaptés tels
que les transferts d’images, de
vidéo, de conversations video...c’est
aussi avec la 3G/4G la facilité d’accès à des contenus plus longs et plus
lourds, comme des documents
(échanges et partages), des vidéos,
la forte rapidité dans le téléchargement et la navigation. Particuliers et
entreprises, et mêmes des administrations y trouvent leur compte.
Etudiantes et jeunes ne redoutent
plus, de passer des heures à vouloir
télécharger des sons, des vidéos ou
faire des recherches diverses. Tout
va vite ! Question : qui apportera
d’ici 2016 la licence 5G?.n
MAtin
Société 7
EquAtoriAl
Société
Attention à la PIP qui se généralise et se contamine !
Décidément, on parle tellement de la PIP qu’elle commence à faire des
émules ! Le combat des syndicats des travailleurs publics ne risque-t-il
pas d’inspirer de plus en plus de compatriotes, hommes et femmes, déterminés à faire également valoir leurs « droits » ?
N’Dende A’Ndzik
L
’avenir nous dira si les
autorités ont eu raison
de créer la fameuse
Prime d’incitation à la performance (PIP) pour les agents
de la Fonction publique, si
prompts à revendiquer leurs
droits de travailleurs, mais si
peu enthousiastes à l’assiduité au boulot. En tout cas, la
PIP est en passe de devenir le
terme le plus usité et le plus
appliqué au Gabon, tant dans
l’administration qu’à l’école
ou au quartier.
Ainsi, un jeune enseignant vacataire à l’Institut des hautes
études de management
(IHEM) à Libreville, quelque
peu contrarié par l’attitude de
ses étudiants peu enclins à
prendre la parole lorsqu’il les
interroge sur des sujets portant sur les finances publiques, a trouvé une formule
pédagogique qui semble porter du fruit. Il a décidé d’accorder aux bons apprenants
une « Prime d’incitation à la
parole » (PIP) qui leur permet
d’obtenir de deux à cinq
points de plus lorsqu’ils répondent correctement à certaines questions corsées. La
nouvelle PIP a créé une telle
émulation que les classes tenues par le jeune enseignant
se sont retrouvées grouillantes d’un monde devenu
tout soudain plus volubile.
Si la mesure a aidé plusieurs
étudiants à réviser leurs leçons avec plus d’assiduité,
améliorant par conséquent
leurs notes, de nombreux apprenants ont également commencé à se demander
pourquoi les professeurs des
autres matières ne leur accorderaient pas cette PIP providentielle. Elle permettrait
ainsi à bon nombre d’étudiants de sauver leur tête !
Dans un tout autre contexte,
tout le monde connaît les
femmes pour leur propension
aux cancans. Certaines d’entre
elles, à force d’entendre parler
de la PIP pour laquelle les syndicats se battent bec et ongles,
ont des raisons suffisamment
fondées pour se dire qu’elles
peuvent, elles aussi, avoir
droit à leur PIP. A Akébé-Kinguélé, Belle-Vue, Atong-Abè,
Cocotiers, Nombakélé, elles
sont des centaines à subir le
diktat de leurs époux volages,
récalcitrants et égoïstes.
N’est-il pas temps pour elles
de lancer leur mouvement associatif « Prime d’incitation à
la paix » (PIP) dans le foyer ?
Les règles à appliquer sont
simples et d’une redoutable
efficacité : pas de prime pour
elles, pas de repas à midi ni de
câlins le soir pour leurs maris.
Si un jour leur demande de légalisation arrivait sur le bureau
du
ministre
de
l’Intérieur, il n’est pas évident
que ce dernier se montre
prompt à leur délivrer le récépissé provisoire.
A la gare routière, à Louis et
au bord de mer, les belles de
nuit se concerteraient déjà,
elles aussi, sur leur ferme détermination à imposer à leurs
clients réguliers le paiement
d’une PIP, c’est-à-dire une
«Prime d’incitation à la prostitution ». Ce « bonus », en dehors du tarif habituel, leur
donnerait droit à toutes les
petites attentions que les
épouses légitimes n’ont pas
souvent le temps d’accorder à
leurs conjoints. Les professionnelles du sexe estiment, à
l’instar des syndicalistes chevronnés, que leur métier comporte tant de risques et de
contraintes qu’une prime
supplémentaire ne serait pas
de trop pour susciter plus de
motivation.
En ce qui concerne ceux que
l’on désigne comme fils et
filles à papa, ils n’accepteraient, pour rien au monde,
de renoncer à leur PIP. Il s’agit
de la « Prime d’incitation à la
paresse » que leur octroient
leurs fortunés, généreux et
laxistes géniteurs. Les enfants
des bourgeois, souvent gâtés
au-delà du raisonnable par
leurs parents, entendent
continuer à mordre dans la
vie à pleines dents avec l’argent de leurs géniteurs. Plus
ils reçoivent des moyens qui
leur donnent l’occasion de
s’amuser, moins ils ont envie
d’apprendre. A quoi bon se
donner tant de mal à essayer
d’obtenir
un
diplôme
lorsqu’ils savent qu’il existe
des établissements scolaires
et universitaires qui n’hésiteraient pas à leur délivrer un
parchemin avec mention « honorable » ? L’essentiel est de
débourser les fonds qui ouvrent toutes les portes !
Attention donc, chers syndicalistes intransigeants ! Votre
Prime d’incitation à la performance, réclamée avec tant de
véhémence, donne déjà des
idées à d’autres catégories de
citoyens qui veulent aussi leur
PIP. Et comme dit le proverbe
: « Quand tu lâches un pet,
n’oublie pas que le nez de ton
voisin immédiat en accueille
les effluves ! »n
Jean-Fidèle Otandault reçoit l’onction familiale et ancestrale
Suite à sa nomination au mois de décembre dernier, au poste de Directeur général du budget et des finances publiques (DGBFIP), Jean-Fidèle Otandault a reçu le week-end dernier, l’onction familiale et ancestrale au cours d’une cérémonie traditionnelle qui se voulait à la fois sobre et circonspecte.
L
Mo’Mabike
e week-end dernier, au premier campement de la commune d’Akanda, terre de ses
aïeux, la famille de Jean Fidèle Otandault s’est donné rendez-vous pour
une cérémonie traditionnelle revêtant un enjeu double. D’abord remercier le chef de l’Etat, Ali Bongo
Ondimba pour la marque de
confiance qu’il vient de réitérer à
l’endroit de leur fils, ensuite, procéder à la bénédiction de ce dernier
dans l’exercice de ses nouvelles
fonctions.
Cette cérémonie, présidée par le Dr
Louis Barrys Ogoula Olingo,, oncle
maternel de Jean-Fidèle Otandault,
restreinte à la famille proche , s’inscrivait dans le stricte cadre de la
tradition africaine. « Nous avons
tenu à nous retrouver ce matin pour
remercier le président de la République Ali Bongo Ondimba pour
avoir nommé notre fils, Jean-Fidèle
Otandault, fils de Léontine Ogandja,
notre sœur, au stratégique poste de
directeur général du budget et des finances publiques. Mais aussi et surtout pour le bénir afin que dans ce
nouveau challenge, tout aille pour le
mieux, car nous savons que ce ne
sera pas facile», a déclaré le Dr Louis
Barrys Ogoula Olingo.
De par son organisation, cette cérémonie, qui revêtait pour le nouveau
promu tous les aspects d’un retour
aux sources, s’est déroulée sans
anicroche pour Jean-Fidèle Otandault, malgré son long séjour hors
du pays. Ainsi lui ont été remis les
symboles du pouvoir dont, une
torche indigène synonyme de lumière mais aussi de guide avec un
rôle protecteur et un chassemouche symbole de stature royale.
Le DGBFIP a déclaré se reconnaître dans ce rituel. « Cette coutume
ancestrale est cette école dans laquelle j’ai grandi. C’est pourquoi il
était important pour moi de revenir
ici, sur la terre de mes ancêtres, mes
racines, celles qui nous unies avec
nos parents enterrés ici», a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter : «Nous sommes sur
la terre de nos aïeux et nous nous
acheminons vers le ciel de nos aïeux.
Chacun de nous se doit de réfléchir
là-dessus et se dire que nous devrons
rendre compte de ce que nous avons
fait sur leur terre. Raison pour laquelle, nous devons perpétuer la tradition de nos aïeux, c’est-à-dire, la
paix, l’amour du prochain et le pardon.»
En promettant de continuer d’apporter sa pierre à l’édification d’un
Gabon prospère et émergent tel
que voulu par le chef de l’Etat, JeanFidèle Otandault a dit avoir du respect pour les traditions et valeurs
ancestrales. Car selon lui, rien de
grand ne saurait s’accomplir sans
cette identité africaine.
Ces valeurs africaines, nul doute, il
en aura certainement besoin. Au regard des réajustements budgétaires à venir et autres tensions de
trésorerie que ne manquera pas de
provoquer la chute des recettes
pétrolières.
Jean-Fidèle Otandault, nommé en
décembre dernier à la tête de la Direction générale du budget et des finances publiques se présente
comme le premier expert-comptable gabonais inscrit à l’ordre des experts comptables de Paris (France).
Il a occupé plusieurs fonctions, dont
celle de comptable principal à la
Banque générale de commerce de
Paris, et cadre financier chez Total
en tant que directeur financier à
Total Mauritanie et chef de mission
dans différents cabinets d’expertise.
Il crée son propre cabinet d’expertise comptable «Cabinet Otandault»
en 2004, à Evry dans l’Essone en
France. En 2011, Il est nommé directeur général du contrôle financier avant la réforme ayant abouti à
la création de la Direction générale
du Contrôle des ressources et des
charges publiques, reversée depuis
au sein de la Direction générale du
budget et des finances publiques.
Élu conseiller municipal dans le 2e
arrondissement de Port-Gentil, il
est réputé pour sa rigueur et sa discrétion. Depuis décembre 2014,
c’est un nouveau chantier qui s’ouvre donc à lui.n
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
8 Société
MAtin
EquAtoriAl
Hygiène à Libreville
L’insalubrité à l’étalage
Les populations librevilloises vivent au quotidien à la merci de nombreux
dangers, du fait de l’absence d’hygiène. A quoi s’ajoute l’insalubrité dans les
commerces et les étalages, qui vient renforcer l’exposition des Librevillois à
de nombreuses pathologies.
Paola Boudzanga
N
ous sommes au quartier des Bas-de-GuéGué, non loin de
l’échangeur des Charbonnages. L’endroit, qui sert de
lieu de stationnement aux
taxis et aux « clandos», jouxte
l’étalage d’une « petite » com-
Réactions de quelques
consommateurs
« Que pensez-vous du commerce à l’étalage tel qu’il se
fait à Libreville »
Lucie: habitante d’Angondjé
Ce n’est pas normal qu’on les
laisse vendre des marchandises qu’on va consommer à
côté de poubelles ou en bordure de route, avec toute cette
poussière. Ce n’est pas hygiénique, et même pour eux. Il
serait mieux de les caser dans
des marchés, et c’est une
tâche qui incombe à la mairie.
En cas de résistance, le mieux
c’est de procéder à des sanctions, et s’il le faut, passer à la
phase répressive.
Abdoulaye: vendeur de vêtements.
Moi je ne trouve pas ça bien.
C’est sale, ça a des microbes ;
les mouches qui se posent sur
les ordures viennent encore
se poser sur la nourriture. Ça
entraine des maladies ; il faut
que la mairie fasse quelque
chose. Mais je ne peux pas
non plus dire qu’il faut les
chasser comme ça, ils se battent pour vivre. On doit plutôt
trouver moyen de les mettre
dans des marchés.
Maman Bernadette, Habitante d’Okala
Je trouve que ce n’est pas une
bonne chose de vendre de la
nourriture à coté de la poubelle ou de la route. C’est la
population gabonaise qui est
en danger. Parce que le vent
qui passe là, c’est le même qui
transporte des microbes, et la
maladie. On devrait leur demander de trouver d’autres
endroits plus sains pour vendre leurs marchandises.n
merçante. Par ce temps très
ensoleillé –il est tout juste
midi- – elle tente de se protéger elle et son étalage, avec un
parasol qui a connu de meilleurs jours. Sur un contre-plaqué posé sur un parpaing,
elle vend du piment et des
poivrons. A 5m de là, sur le
même trottoir, s’étale un gros
tas d’ordures ménagères et
d’autres immondices. Un peu
plus loin, ce sont des tomates
qui sont étalées sur une fine
toile étendue à même le sol,
attendant preneurs.
Ces cas ne sont malheureusement pas isolés .En dehors
des marchés, où les commerçants sont obligés de respecter un minimum de règles
d’hygiène, l’on voit un peu
partout des marchandises, y
compris des denrées alimentaires, installées à même le
sol. A la merci des intempé-
ries, de la poussière, des bactéries etc.
A notre remarque sur les
dangers qu’entraînent son
activité, ces commerçantes
répondent qu’il faut se battre
pour vivre, et que ce n’est pas
leur faute si les ordures «
poussent désormais comme
champignons ».
Le tort est, selon elles, à mettre sur le compte de la Mairie
de Libreville, chargée de la
propreté de la ville, mais aussi
de réglementer les activités
commerciales dans la cité.
Cette dernière vient justement de lancer une opération
de déguerpissement des commerçants anarchiquement
installés, qui s’accompagne de
la saisie des marchandises appartenant aux contrevenants.
Atteindra-t-elle ses objectifs?n
Malgré les efforts consentis par Averda, certaines artères de
la capitale croupissent sous les montagnes d’immondices.
Elargissement de la Nationale N°1
L’Etat démolit les bâtiments
situés sur l’axe PK5-PK12
Les opérations de démolition des bâtiments situés le long de la route PK5-PK12 ont commencé
récemment. L’Etat entend élargir cette voie en
un axe 2×2 voies.
FAIT DIVERS
Découverte macabre à AVEA
V
anessa, 38 ans a été retrouvée
morte dans le bistrot qui lui
servait de logis.
Au quartier Avéa, dans le deuxième
arrondissement, précisément au lieu
dit « Carrefour des jeunes » sur la
ruelle pavée qui relie Rio à Nkembo,
l’ange de la mort y avait visiblement
élu domicile. En ce lundi funeste,
l’ambiance est morose, les visages
sont fermés, l’air est empestée d’une
odeur nauséabonde. Il est dix- sept
heures, la tension monte, les récriminations fusent de partout. Un jeune
désabusé lance : « Qu’est- ce qu’on attend pour venir enlever ce corps qui
nous pourrit la vie, on a informé les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre»
De quoi il retourne ? Vanessa, 38 ans,
de nationalité camerounaise, tenancière d’un bar a été découverte morte
et en putréfaction avancée dans cet
espace où elle menait son activité
commerciale. Les témoignages
concordants recueillis sur le lieu du
drame indiquent que cette femme a
été vue pour la dernière fois vendredi
soir, avant qu’elle ne ferme son bistrot. Durant tout le week-end, personne ne l’a vue, mais ses clients ne
subodoraient nullement sa mort.
C’est l’épicier, voisin de la dame qui le
premier en cette matinée de lundi
MAtin
équAtoriAl
JOURNAL D’INfORMATION ET D’ANALYSES
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Tel: 07.07.78.28/02.07.50.10
N° 60 du mercredi 18 Mars 2015
alerte le voisinage des odeurs pestilentielles et du bourdonnement des
mouches au seuil de la porte de ce
débit de boissons.
C’est alors que les jeunes du quartier
défoncent la porte et découvrent
l’horreur. Emoi, consternation, l’onde
de choc traverse le quartier. La mort
de cette femme visiblement très populaire dans ce quartier populeux se
propage telle une trainée de poudre.
Tous les riverains s’apitoient sur cette
disparition aussi brusque que funeste. De quoi elle-t-elle morte ? On
indique qu’elle toussait beaucoup. Un
sachet de médicaments aurait été
trouvé à côté de la dépouille. On a découvert un pot de vomissures liées à
la bile, ce qui atteste d’un malaise qui
lui a été fatal.
Les sapeurs-pompiers et les forces
de l’ordre descendus sur le lieu du sinistre, ont transporté la dépouille en
deuxième phase de décomposition,
devant une foule impressionnante.
Compte tenu de l’état de putréfaction
avancée, l’escorte à pris la direction
du cimetière de Lalala pour procéder
à son inhumation. « Vanessa, Vanessa
», scandaient des femmes en larmes,
voilà une infortunée qui disparaît
dans la solitude du combat quotidien.n
Directeur de la Publication:
Madre NGUIMBY
Directeur de la Rédaction:
Paul NZOGHBAM
Rédacteur en Chef:
Roger OKILI
Secrétaire de Rédaction:
Christian Boudjoud
L
es soldats du Génie militaire
ont entamé l’opération de démolition des maisons empiétant sur la voie dans le cadre du
projet d’élargissement de la route
PK5-PK12 en 2×2 voies. Ceci se
passe sous la supervision des ingénieurs de l’Agence nationale des
grands travaux et des infrastructures (ANGTI) et ceux du ministère
de l’aménagement du territoire.
Elle consiste à démolir les commerces, bâtisses, garages et parkings informels identifiés et
numérotés, situés long de la nationale N1. : « Notre travail consiste
rien qu’à démolir, regrouper et ramasser les casses, le reste est l’affaire
de l’ANGT », a déclaré le lieutenant
Pierre Odounga, du Génie militaire,
qui supervise les travaux, lequel a
ajouté « que depuis le lancement des
travaux, nous n’avons pas encore
constaté de la résistance venant des
populations.»
Les occupants des bâtiments
concernés avaient pris leurs précautions en libérant en avance les
espaces. Conscient des désagréments que cela pourrait avoir sur la
circulation, le ministère des Infrastructures dit compter sur le civisme et le sens des responsabilités
de tous les riverains et usagers afin
de respecter les consignes visant à
l'amélioration des conditions de
Arthur MBADINGA
Comité de Rédaction :
Vincent Eyi
Roger Okili, Alban Moussavou
Jacques Okeng
Constantin Toukoule-Mè
Jacqueline Mubokianu
circulation sur cet axe majeur de Libreville.
Le projet de RN1 à 2×2 voies engendre une emprise routière plus
importante que la route actuelle.
Autrement dit, la future RN1 «
mordra » forcément sur les terres
se situant de part et d’autre du
tracé. Pour éviter que les agriculteurs et exploitants ne soient lésés,
l’aménagement foncier est indispensable. Il permet de répartir
équitablement l’emprise de la route
sur les terres.
L’opération, s’il n’y a pas trop d’intempéries, va durer trois mois.
Selon le ministère des Infrastructures, le déguerpissement des populations sur l’emprise de la route
à plus de 6 mètres prévoit l’extension et l’aménagement de la route
existante en 2X2 voies. La route nationale N°1 est l’unique voie d’entrée et de sortie de Libreville.
La visite de plusieurs sites a permis
d’évaluer l’ampleur des travaux effectués par la Société d’énergie et
d’eau du Gabon (SEEG) et ses soustraitants, afin de circonscrire les effets collatéraux liés à la destruction
des maisons ciblées. La route étant
un facteur de développement,
l'aménagement en deux fois deux
voies du tronçon PK5-PK12 permettra de fluidifier le déplacement
des usagers à toutes les heures du
jour et de la nuit.n
Infographes:
Marcel OLENDEY
Zambo Linus
Impression: MULTIPRESS:
TIRAGE:
5.000 exemplaires
Distribution : SOGAPRESS