n°39 du magazine - Economie Gabon+

Mai 2015
Mensuel
N°39
HOMMAGE À ROSE FRANCINE
ROGOMBE, CETTE GRANDE
DAME DE LA RÉPUBLIQUE PÉRIODIQUE DES DIRIGEANTS ET LEADERS D’OPINION
L’ E S S E N T I E L
Mensuel gratuit, ne peut être vendu
DOSSIER
VIE ECONOMIQUE
80E ANNIVERSAIRE DE LA CHAMBRE
DE COMMERCE DU GABON
La gestion
de la chambre
de commerce
rétrocédée
aux hommes
d’affaires
Lire p.4
ENTRETIEN AVEC LE
MINISTRE DE
L’ENERGIE ET DES
RESSOURCES HY
DRAULIQUES
Lire p.5
FOCUS
EXPLOITATION
AURIFÈRE
Un jeune
promoteur
gabonais se
jette à l'eau
Lire p.23
EMPLOI ET FORMATION
INSERTION PROFESSIONNELLE DES
JEUNES ET ENTREPRENEURIAT
Un défi sous contraintes
Lire p.25
CONSO & SANTÉ
Gabon Oil Company (GOC) : Qui l’aurait cru ?
Société Equatoriale des Mines (SEM) du Gabon, bras séculier de l’Etat
pour le développement des projets miniers
Cours du pétrole en temps réel : la guerre contre les puits de schiste
maintient les prix du pétrole au plus bas
Pétrole et Mines : domaine pétrolier du Gabon et historique
LES BOUQUETS CANAL+
Des abonnés enrichis
d’images et de sons sous un
Lire p.27
label unique
Mme Jacqueline Bignoumba Ilogué, présidente de l’UPEGA
Lire p.15-21
3
Sommaire N°39
VIE ECONOMIQUE
4-14
ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE DE L’ENERGIE ET DES RESSOURCES HYDRAULIQUES
Améliorer, augmenter et étendre l’offre
énergétique nationale
JOURNÉE NATIONALE DE L’AGOA
Une réelle opportunité pour le Gabon de réaliser des économies d’échelle
FABRICATION DE L’ALIMENTATION ANIMALE À LA SMAG
Une qualité garantie pour la santé des animaux
et la consommation humaine
PÉTROLE ET MINES
1521
FOCUS
23
EXPLOITATION AURIFÈRE
Un jeune promoteur gabonais se jette à l'eau
DEVELOPPEMENT DURABLE
24
RSE
Une contribution des entreprises aux enjeux
du développement durable
EMPLOI ET FORMATION
2526
INSERTION PROFESSIONNELLE DES JEUNES ET ENTREPRENEURIAT
Un défi sous contraintes
PROGRAMME FORMER MA GÉNÉRATION GABON 5000 Former des jeunes aux besoins du marché
LE CARNET
2627
CONSO & SANTÉ
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Port-Gentil : Louis Georges AGONDJO
Par Dr Neltoh
Édito
Les ailes brisées de l’or noir brisent
l’élan de la croissance
M
oteur de développement,
le pétrole représente non
seulement l’une des
sources d’énergie les plus
utilisées mais, grâce à la diversité des
substances contenues dans les hydrocarbures qui le composent, son raffinage
puis sa transformation chimique permettent d’obtenir une large gamme de produits, utilisés aussi bien dans de
nombreux secteurs industriels que dans
la vie quotidienne des femmes et des
hommes. Mais l’effet pervers de l’or
noir, c’est la fluctuation des prix du baril
que ne contrôlent pas les producteurs.
Pour les producteurs africains, l’effondrement durable des cours entrainerait
des conséquences incalculables avec
l’épuisement de la rente, des recettes en
berne qui, en ce qui concerne le Gabon,
auront déjà amené le gouvernement à
procéder au recadrage de ses prévisions
budgétaires pour l’année 2015.
La chute rapide et brutale du prix du
baril sur le marché international a ainsi
obligé plusieurs pays, principalement les
petits producteurs, à revoir à la baisse
leurs budgets et, par conséquent, leurs
projets d’investissement. Elle a également contraint les compagnies pétrolières à tailler dans leurs budgets. Même
un major comme Total s'est associé à un
certain nombre de compagnies pétrolières internationales, dont BP et ConocoPhillips, pour réduire leurs budgets
en 2015, en raison de la baisse des prix
du pétrole brut. Les ailes brisées de l’or
noir ont de facto brisé l’élan de la croissance soutenue observée dans les pays
africains au sud du Sahara.
Les prévisions de croissance de la
Banque mondiale tablent désormais sur
une croissance modérée d’environ 4,6%,
ce qui reste encore une bonne marge
pour investir dans des secteurs porteurs,
en accordant plus de place au secteur
privé. Cependant, il est impérieux d’en-
gager de vigoureuses réformes devant
accentuer la diversification économique
encore insuffisante. La mutualisation
des moyens dans le cadre de l’intégration sous-régionale pourrait atténuer les
effets pervers des baisses des prix des
matières premières. Les estimations
connues des institutions internationales
et africaines portent sur la baisse du pétrole à plus de 46% alors que les autres
matières premières, agricoles et minières notamment, ont vu leurs cours reculer de respectivement 9% et 7%.
Pour preuve, les réformes opérées ont
permis à l’économie gabonaise de
connaître une croissance soutenue au
cours des quatre dernières années. Le
taux de croissance réel annuel moyen a
atteint 5,9% sur la période 2010-2014.
Un résultat satisfaisant, dû essentiellement aux performances du secteur hors
pétrole (+7,2% de croissance moyenne),
renforce le poids de ce secteur dans
l’économie gabonaise.
Au-delà de la crise pétrolière et du recul
des prix des autres matières premières,
il y a un espoir grandissant dans le gaz
naturel. En effet, dans le monde, les
perspectives en matière de gaz naturel
sont formidables. Selon les prévisions
de l’Agence Internationale de l’Energie
(AIE), la demande mondiale en énergie
primaire augmentera de 37% entre 2012
et 2040, soit un peu plus de 1% par an.
Le gaz naturel est l'énergie fossile qui
aurait la croissance la plus forte avec
une part relative qui passerait de 21% à
24% alors que le charbon et le pétrole
auraient des parts en décroissance. Tout
n’est pas perdu pour autant, il suffit de
savoir diversifier et partager.
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4
VIE ÉCONOMIQUE
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80e ANNIVERSAIRE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DU GABON
La gestion de la chambre de commerce
rétrocédée aux hommes d’affaires
En prévision de la célébration du 80e anniversaire de la chambre de commerce du Gabon, le directeur général de l’institution, Alain Rempanot Mepiat, a invité la presse pour faire l’historique d’une maison des opérateurs
économiques qui est passée d’une gestion publique à une gestion privée.
C’est-à-dire la remise de la gestion de la chambre de commerce à ses propriétaires légitimes. La chambre de commerce a donc été créée le 29 mai
1935 à l’image des chambres de commerce françaises. Marseille étant le
creuset de celles-ci.
Par Siméon Pambo
Alain Rempanot Mepiet, DG de la Chambre de commerce du Gabon et 2 de ses collaborateurs
C’
est à partir de l’arrêté du 29 mai
1935, pris en application du décret
du 5 avril 1935 que la chambre de
commerce du Gabon a été instituée. Ses statuts sont inspirés de ceux des chambres de
commerce françaises. En 1959, interviendra
la 1re réorganisation de l’institution, suite à
l’éclosion de l’activité minière. Entraînant
ainsi son attachement aux sections du commerce, de l’agriculture, de l’industrie et de
l’artisanat. Le décret n°728/MECIT du 21
juin 2011, réorganise la chambre de commerce, d’agriculture, de l’industrie et des
mines du Gabon (CCAIMAG), en transférant
sa gestion au secteur privé. Le président JeanBaptiste Bikalou, un opérateur économique
de renom, a été élu pour présider aux destinées de la maison des hommes d’affaires.
La chambre de commerce,
un concept français
La CCAIMAG s’engage à matérialiser la vision du gouvernement dans la création et le
développement des activités hors pétrole et à
dynamiser le secteur privé gabonais. La
Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du
Gabon (BSTPG), le Centre d’Arbitrage, de
Médiation et de Conciliation du Gabon
(CAMCGA) et le Centre de Gestion Agréé
du Gabon (CGA-GA) sont des outils mis en
place par la CCAIMAG pour accompagner
les entreprises et les porteurs des projets. Les
activités marquant du 80e anniversaire de la
CCAIMAG seront ponctuées par des activités socioéconomiques, commerciales et culturelles du 29 au 30 mai 2015. M. Alain
Rempanot Mépiat, directeur général de la
CCAIMAG, a rappelé que le concept même
de la chambre de commerce est d’inspiration
française.
Accompagner et former pour les
entreprises, favoriser le développement territorial
La 1re chambre de commerce du monde a été
créée à Marseille. La particularité de cette
ville est son port, l’endroit où sortent et entrent les marchandises et où il existe, de par
sa nature même, un dynamisme commercial
du fait de l’activité du port. Cette 1re chambre
de commerce créée au monde date du 16e siè-
cle. C’est l’une des raisons qui font que le
titre foncier du port môle de Libreville est la
propriété de la chambre de commerce de Libreville. La chambre de commerce est « un
outil et un instrument mis à la disposition des
opérateurs. Toutes les entreprises qui sont légalement constituées sont membres de la
chambre de commerce de droit. La chambre
de commerce a pour principal but d’assurer
le développement des PME-PMI », a précisé
Alain Rempanot Mépiat. Il a renchéri en relevant que « la CCAIMAG a trois principales
missions. La 1re est d’aider et d’accompagner
les entreprises par tous les moyens possibles,
notamment la représentation avec les pouvoirs publics. La 2e mission est la formation
pour les entreprises, et d’ailleurs dans ce
cadre il est a rappelé que l’école HEC de
Paris et bien d’autres grandes villes de
France sont la propriété des chambres de
commerce des villes auxquelles elles sont rattachées. Enfin la 3e mission est de favoriser
le développement territorial, notamment à
travers le déploiement des entreprises dans
des zones reculées du pays et entrainant par
ce fait le développement de ces zones ».
M. Mépiat a tenu à réaffirmer que, avec la rétrocession de la gestion de la chambre de commerce aux hommes d’affaires, la CCAIMAG
est dans un nouveau dynamisme et il appelle
tous les hommes d’affaires du Gabon à s’y intéresser et à s’y investir pour son rayonnement,
car elle est leur maison et l’outil recherché pour
leur développement économique et partant l’essor économique du Gabon. Cette grande fête
marquant les 80 ans de la chambre de commerce
du Gabon sera l’occasion de la découvrir ou de
la redécouvrir.
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ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE DE L’ENERGIE ET DES RESSOURCES HYDRAULIQUES
Améliorer, augmenter et étendre l’offre énergétique nationale
En 2009, le Gabon, à travers son chef de l’Etat, SE Ali Bongo Ondimba,
tout juste élu président de la République, a lancé une politique nationale
de sortie de l’économie de rente via l’industrialisation. Pas d’émergence
sans transformation locale d’une partie de nos matières premières. Au
cœur du programme présidentiel pour l’émergence, la valorisation de la
filière bois et des mines, notamment le manganèse à travers le complexe
métallurgique de Moanda. Mais pour développer l’industrie, il faut prioritairement de l’énergie, qui précède en fait le développement. Le ministre
de l’Energie et des Ressources hydrauliques, Désiré Guédon, nous édifie
dans cette interview sur les actions du gouvernement pour mettre à la
disposition des investisseurs, aussi bien locaux qu’internationaux, une
énergie abondante pour les inciter à créer des industries de transformation
de nos matières premières.
Par Dr Neltoh
Désiré Guedon, Ministre de l'Energie et des Ressources Hydrauliques
Economie Gabon+: Quelles sont les actions menées à ce jour en faveur du développement énergétique au Gabon,
notamment les investissements dédiés
à la construction des infrastructures
énergétiques ?
Ministre de l’Energie et des Ressources
hydrauliques, Désiré Guédon : En effet, le
Gabon a pour ambition de réussir la mutation
d’une économie de rente reposant sur ses matières premières (hydrocarbures, bois, mines)
vers une économie à valeur ajoutée et diversifiée. Ainsi, l’érection du pilier Gabon Industriel passe par une meilleure valorisation
des richesses du sous-sol gabonais, en y apportant plus de valeur ajoutée et en dévelop-
« Les ouvrages construits
jadis par l’Etat gabonais et
exploités par le concessionnaire ne permettent
plus de répondre à la
demande »
pant la sous-traitance locale. Aujourd’hui, les
besoins en énergie du Gabon sont donc renforcés par l’ambition du pays de s’industrialiser.
De fait, l’une des missions principales des départements du ministère de l’Energie et des
Ressources hydrauliques est d’accroître la capacité énergétique nécessaire aux industriels.
A titre d’exemple, l’exploitation du potentiel
hydraulique de la vallée de Poubara a toujours été liée au développement des mines de
COMILOG à Moanda. C’est dans ce
contexte qu’ont été construits, en 1972 et en
1983, les deux premiers ouvrages hydroélectriques de Poubara.
Avec l’accroissement de la demande en énergie électrique des régions du Haut-Ogooué et
de l’Ogooué-Lolo, ainsi que les projets industriels de la COMILOG, le gouvernement gabonais a décidé de mieux valoriser les chutes
de la vallée de Poubara en procédant à l’aménagement hydroélectrique de Grand Poubara.
La centrale est fonctionnelle depuis le 28
août 2013 avec une capacité de 160 MW en
première phase. Elle dessert le service public
de l’électricité à travers le réseau de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG),
mais la plus grande partie de l’énergie produite par la centrale hydroélectrique Grand
Poubara est dédiée aux équipements du complexe métallurgique de Moanda (70 MW)
qui, avec sa toute première production de silicomanganèse commercialisable, a fait entrer le Gabon dans une véritable ère
d’industrialisation.
Un autre investissement important est la centrale thermique d’Alénakiri. En service depuis 2013, elle vient renforcer les capacités
actuellement exploitées par la Société
d’Energie et d’Eau du Gabon sur le Réseau
Inter Connecté (RIC) de Libreville. Cette
unité de production d’énergie électrique
contribue à la satisfaction d’une partie des
besoins des ménages (40 %) de Libreville et
de la totalité des industriels de la Zone économique spéciale de Nkok.
Notez que des projets de renforcement des
capacités de production et de transport
d’énergie sont en cours de réalisation à travers tout le pays. A Port-Gentil, les travaux
de la centrale thermique au gaz qui doivent
apporter une capacité supplémentaire de 52,5
MW sont terminés. Les services de mon département sont à pied d’œuvre pour finaliser
les travaux de construction des lignes de
transport d’électricité haute tension de la centrale et de raccordement au réseau public
ainsi que ceux des deux pipelines pour
l’acheminement du combustible gaz.
On peut citer, également, le projet de sécurisation du réseau de transport d’énergie électrique de Libreville et ses environs, le réseau
interconnecté du Woleu-Ntem phase 1 90/20 kV, la construction de microcentrales
hydroélectriques, notamment à Iboundji et à
Malinga, les projets de densification des réseaux électriques, etc.
Nous avons donc pris pleinement la mesure
du rôle primordial que joue l’énergie dans la
réalisation de la diversification de l’économie
gabonaise. Raison pour laquelle toutes les entités du ministère dont j’ai la charge s’attèlent
à améliorer, augmenter et étendre l’offre
énergétique nationale.
EG+: Quel regard portez-vous sur le secteur énergétique et hydraulique du
Gabon quand on sait qu’il est aujourd’hui
difficile de séjourner à Libreville sans devoir faire face à une coupure d’électricité ou d’eau potable. Conséquence, le
pays, et en particulier Libreville, connaît
des crises énergétiques qui causent des
désagréments aux ménages, mais surtout qui plombent la croissance économique, du fait de leur impact sur le
fonctionnement des entreprises...
Il est important de noter que dans le secteur
de l’eau et de l’électricité, l’offre énergétique
est structurellement déficitaire depuis plusieurs années. En réalité, les efforts les plus
importants réalisés par l’Etat gabonais, pour
doter le pays de structures de production, datent de la période 1976-1986.
Or depuis le 13 juin 1997, la gestion du service public a été concédée à un opérateur
privé, la Société d’Energie et d’Eau du
Gabon, filiale du groupe VEOLIA, sous la
forme d’une Convention de concession signée avec la République gabonaise.
Permettez-moi de vous rappeler que cette privatisation avait pour objectif de faire assurer
entièrement par l’opérateur privé les investissements de développement, d’entretien et
de renouvellement des installations électriques et hydrauliques afin de fournir une
couverture adéquate et pérenne desdites installations. Malheureusement cette mise en
concession n’a pas permis d’atteindre les objectifs recherchés et de maintenir une qualité
du service public appréciable.
Malgré la signature de l’Avenant N°4 en
2006, qui transférait à l’Etat la responsabilité
en matière de construction d’ouvrages en eau
et en électricité, d’une part, et les protocoles
d’accord signés en 2007 et 2009 portant respectivement sur les subventions d’exploitation et les hausses tarifaires exceptionnelles
au profit de la SEEG, d’autre part, il n’y a eu
aucune réponse significative à la demande.
De fait, la production d’électricité et d’eau
potable n’a pas suivi l’évolution de la croissance urbaine.
Les effets conjugués du non-respect de ses
obligations en matière d’entretien et de renouvellement des ouvrages électriques et hydrauliques et de la faiblesse du contrôle par
l’autorité concédant, font apparaître de
graves dysfonctionnements, lesquels ont engendré des situations de pénurie d’eau et
d’électricité à Libreville et dans ses environs
ainsi que dans tous les autres centres urbains
de l’intérieur du pays.
Aujourd’hui, nous avons l’avantage de disposer d’une vision et d’une stratégie de développement claire, à travers les plans
sectoriels eau et électricité, qui découlent directement du Plan Stratégique Gabon Emergent.
Le ministère dont j’ai la charge s’occupe désormais de concevoir les politiques publiques
en matière d’énergie, d’eau et d’assainissement, ainsi que de les évaluer. Il importe aujourd’hui que le déséquilibre constaté soit
résorbé, l’offre étant toujours en deçà de la
demande. Les ouvrages construits jadis par
l’Etat gabonais et exploités par le concessionnaire ne permettent plus de répondre à la demande. Il faut donc trouver des mécanismes
adéquats pour permettre un développement
du secteur dans les meilleures conditions tant
sur la quantité, la qualité que sur le prix.
Aussi, pour pallier ces énormes difficultés
d’alimentation en eau potable et en électricité
des populations, plusieurs actions étalées à
court et à moyen termes ont été entreprises à
cet égard.
En matière d’eau potable, compte tenu de la
situation de pénurie actuelle que vivent nos
concitoyens situés dans les points hauts de la
ville, nous réalisons actuellement des travaux
de construction des ouvrages structurants de
transport, de stockage et de distribution. Ces
travaux ont pour vocation, d’une part, d’accroître la capacité de transport d’eau potable
depuis les usines de production de Ntoum
vers les réservoirs de tête du PK6 et PK9 et,
d’autre part, d’améliorer le stockage et le
transfert de l’eau vers la zone nord déficitaire.
En effet, depuis septembre 2014, grâce aux
efforts conjugués de l’Etat et de la SEEG, la
production d’eau potable aux usines de
Ntoum est passée de 170.000 m3/j à 210.000
m3/j. Sur cette production, seules 8000 m3/j
supplémentaires parviennent à la zone nord,
encore fortement déficitaire.
Ainsi, ces travaux permettront de transférer
d’ici le mois de juin 2015 les volumes d’eau
Les deux sources
primaires d’énergie au
Gabon sont l’hydroélectricité et l’utilisation
du gaz naturel
potable distribués dans cette zone pour les
porter, progressivement, à 18 000 m3
d’eau/jour, contre 12 000 m3 d’eau/jour actuellement et cet apport supplémentaire d’eau
potable devrait améliorer sensiblement la
fourniture d’eau potable.
Cette première tranche de travaux devrait être
complétée par la construction d’une nouvelle
usine de production d’eau de capacité 140
000 m3/j couplée à la construction d’une
conduite de transfert DN 1200 de capacité
200 000m3/j. Au terme de ces travaux, nous
devrions pouvoir satisfaire la demande en eau
potable jusqu’à l’orée 2030.
En matière d’énergie électrique, l’agglomération urbaine de Libreville est alimentée par
les centrales hydroélectriques de Tchimbélé
et de Kinguélé qui disposent, pour Libreville,
d’une puissance installée de l’ordre de 100
MW. La production thermique est quant à
elle assurée par les centrales d’Owendo pour
une puissance installée de 130 MW, récemment complétée, grâce aux efforts de l’Etat,
par la centrale d’Alenakiri, matérialisation de
la politique active de M. le président de la
République, chef de l’Etat, et qui assure à la
ville de Libreville une puissance supplémentaire de 70 MW.
De plus, au regard de la croissance urbaine
dans la zone nord de Libreville, il est prévu
dans les prochains mois la mise en service de
la ligne aérienne haute tension de 90kV Ambowé-Angondgé et du poste 90kV/20kV
d’Angondjé dont les départs moyenne tension sont en construction pour renforcer la
distribution dans la commune d’Akanda.
En droite ligne avec le Plan Sectoriel Electricité, nous nous attelons à améliorer la desserte en eau potable ainsi que l’offre
d’énergie électrique et les services qui les accompagnent dans l’ensemble du pays.
C’est pourquoi mon département ministériel
a pris l’initiative de mettre en place une cellule de veille pour suivre au quotidien l’évolution du service public, identifier les risques
d’exploitation, amener les exploitants à prendre des mesures correctrices le cas échéant,
et réfléchir aux moyens durables de rétablir
la qualité du service public sur Libreville et
ses environs ainsi qu’à l’intérieur du pays.
EG+: Il est question, à travers le Plan mix
énergétique gabonais 2020 (100%
d’énergie propre, dont 80% renouvelable, grâce à l’hydroélectricité et au gaz
naturel), d’élever la puissance installée
de 374 MW (pour un potentiel de 6000
mégawatts en hydroélectricité) à plus de
1.200 MW en 2020, pour desservir l’ensemble du territoire national et accompagner l’industrialisation par une offre
énergétique compétitive et durable. En
votre qualité de ministre de l’Energie et
des Ressources hydrauliques, pouvezvous nous faire l’évaluation des progrès
réalisés ?
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VIE ÉCONOMIQUE
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ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE DE L’ENERGIE ET DES RESSOURCES HYDRAULIQUES
Au Gabon, les deux sources primaires d’énergie que nous utilisons sont l’hydroélectricité
et l’utilisation du gaz naturel. En fait, l’essentiel de la production d’électricité au Gabon
est d’origine hydroélectrique, et est destinée
aux principales villes et à quelques zones rurales. Le reste de la production est d’origine
thermique, majoritairement avec du gaz naturel et du gazole pour les centres isolés.
En effet l’Etat, dans son ambition d’industrialisation, s’est fixé pour objectif de doubler sa
capacité de production énergétique en la portant à 1200 MW à l’horizon 2020, tout en réduisant progressivement la part produite à
partir d’énergies fossiles, au regard de l’important potentiel hydroélectrique dont nous
disposons. Ainsi, en 2014, la puissance installée en hydroélectricité sur l’ensemble du
territoire national était de 330 MW sur un
total de 670 MW, soit près de 50%. Comme
vous l’avez souligné, le gouvernement s’est
fixé pour objectif d’atteindre d’ici à 2025 un
taux de 80% d’énergie renouvelable d’origine.
Toutefois, compte tenu des délais de mise en
oeuvre relativement long (4-5ans) pour développer un site de production d’énergie hydroélectrique et en prenant en compte
l’accroissement de la demande, la solution rapide, dans l’attente, reste l’utilisation du gaz
naturel pour la production d’électricité.
Cette politique énergétique s’articule à très
court terme autour de la construction de centrales thermiques à gaz afin de satisfaire les
importants besoins des populations dans les
meilleurs délais. La construction de centrales
thermiques présente l’avantage d’avoir des
délais plus courts, 2 ans en moyenne.
Or, la gestion de l’environnement exige de la
République gabonaise de ne plus torcher le
gaz naturel comme par le passé, donc de le
valoriser. Ce qui est donc fait dans les centrales thermiques fonctionnant au gaz naturel.
Ainsi, pour répondre aux problématiques
d’accès à l’électricité, tout en participant à la
réduction de la pauvreté, la réalisation du
Gabon industriel passe par le développement
d’infrastructures pouvant produire une énergie propre, de qualité et à moindre coût tout
en préservant notre environnement.
D’où les actions mises en oeuvre par le ministère de l’Energie et des Ressources hydrauliques en vue d’augmenter à court terme
la capacité de production d’énergie électrique
à partir de nouveaux barrages hydroélectriques, afin de produire une énergie propre
et de mieux couvrir les besoins des populations et des industries.
EG+: A quel stade des opérations êtesvous dans la construction des infrastructures hydroélectriques, étant
entendu que le Grand Poubara est déjà
fonctionnel, de l’Impératrice Eugénie à
Fougamou, de Fé II à Mitzic ?
Afin d’augmenter l’offre énergétique nationale et d’électrifier les principales localités et
zones rurales des provinces du Woleu-Ntem
et de la Ngounié ainsi que les villages situés
entre ces deux sites et Libreville, l’Etat gabonais a fait le choix de réaliser les projets
d’aménagements hydroélectriques Fé II et
l’Impératrice Eugénie dans le cadre d’un partenariat public/privé avec la Compagnie de
Développement des Energies Renouvelables
(CODER, société de droit gabonais, filiale du
groupe français SEDEP).
Ce partenariat a été concrétisé en 2009 et
2010, par la signature de deux conventions
de concessions pour une durée de trente (30)
ans pour les réalisations des aménagements
hydroélectriques de Fé II sur l’Okano à Mitzic et de l’Impératrice Eugénie à Fougamou
pour produire respectivement 36 et 56 MW
en première phase (soit 84 MW en phase II).
De manière indirecte, ces deux projets ont
pour but de :
– Contribuer à la réalisation des projets industriels majeurs du Plan Stratégique
Gabon Emergent (PSGE) prévus autour
de ces deux sites (cas des usines du manganèse de Ndjolé, des terres rares de Ma-
Barrage Poubara
bounié ou encore des partenariats agroindustriels avec Olam Gabon dans le
Woleu-Ntem et la Ngounié ainsi que du
développement de la Zone économique à
régime privilégié (ZERP) de Nkok) ;
– Contribuer à l’accès universel des fournitures d’électricité aux populations ;
– Soutenir le réseau électrique de Libreville, en forte contrainte depuis 2007.
Ces deux projets, considérés comme pionniers en matière de partenariat public/privé
prévoyaient la conception, la construction et
l’exploitation des deux centrales hydroélectriques par la CODER, avec vente de la totalité d’énergie à l’Etat gabonais.
Cependant, alors que la fourniture de l’énergie était prévue courant 2013, les difficultés
manifestes sont apparues dans l’implémentation de ces projets par la CODER, entrainant
la résiliation de ces contrats le 8 août 2013
par lettre conjointe des ministres en charge
de l’Economie et de l’Energie. Cette résiliation des deux conventions de concession était
motivée notamment par :
– les longs délais de mise en œuvre des projets ;
– les faibles capacités financières du
concessionnaire conjuguées au retard pris
dans la mobilisation des financements auprès des bailleurs ;
– et la demande d’un accord direct de l’Etat
par les bailleurs de fonds.
Par la suite, alors que la procédure de consultation avait été lancée par les services du ministère en charge de l’Energie, aux fins de
trouver de nouveaux partenaires à même de
poursuivre la réalisation de ces deux projets
majeurs à forts impacts sociaux et destinés à
porter nos ambitions de développement,
conformément au Plan Stratégique Gabon
Emergent (PSGE), la Direction Générale des
Marchés Publics (DGEM) a du la suspendre
par lettre en date du 13 mars 2014.
Le Premier ministre saisi et au fait de cette
impasse a dû mettre en place une commission
interministérielle à l’effet de cerner la réalité
des capacités techniques et financières de
CODER d’une part, et, d’autre part, apprécier
les conséquences pour l’Etat de la résiliation
des conventions de concession.
Les résultats des travaux de cette commission
ayant confirmé l’incapacité de la CODER à
conduire l’implémentation des deux projets,
la reprise de procédure de consultation a permis d’attribuer les marchés à un groupe d’intérêt chinois qui s’attèle actuellement à
réaliser les études complémentaires des ouvrages parallèlement au bouclage financier
des projets.
EG+: Nous venons de célébrer la 7e édition de la journée de la CEMAC. Où en
est-on aujourd’hui avec le programme
énergétique ambitieux du Pool énergétique de l’Afrique Centrale (PEAC), orga-
nisme spécialisé de la Communauté
Économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), créé depuis 2003 et qui
regroupe dix pays (Angola, Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale, République Centrafricaine, RDC,
Sao Tomé et Principe et Tchad) ? Un
PEAC qui vise à valoriser l’énorme potentiel hydroélectrique de l’Afrique Centrale afin de satisfaire, à l’horizon 2025,
toutes les formes de demandes en électricité au sein et en dehors de l’espace
CEEAC via des boulevards énergétiques
interconnectés et des marchés libres
d’échange d’énergie électrique efficaces
et prospères...
Un des axes stratégiques principaux assigné
par le PSGE reste la « mise en place d’un
marché national de l’électricité connecté aux
marchés sous-régionaux ».
Dans ce cadre, il est à relever que la politique
régionale est portée par le Pool Énergétique
de l’Afrique Centrale (PEAC). Depuis plusieurs années, cet organisme s’attèle à mettre
en place un cadre institutionnel favorisant
l’interconnexion des réseaux entre les pays
limitrophes ainsi que l’échange d’énergie. A
son actif, en plus des avancées juridiques, on
note la réalisation des études suivantes intéressant le Gabon dans le cadre de la mise en
œuvre des projets d’électrification transfrontalière (PPET):
L’étude de faisabilité relative à l’alimentation
de Mbinda et Mayoko au Congo à partir de
Lekoko au Gabon. Il est attendu prochainement la réalisation effective du projet par la
partie congolaise ;
L’étude de faisabilité en vue d’alimenter la
localité de Divénié au Congo à partir de Malinga au Gabon. La mise en œuvre de ce projet reste conditionnée par la réalisation de la
microcentrale de Malinga.
L’étude de faisabilité de l’électrification de
Bambama au Congo à partir de Boumango
au Gabon. Cette étude est en cours de finalisation.
Par ailleurs, en 2012 la CEEAC et le PEAC
ont finalisé l’étude d’avant-projet détaillée
(APD) relative à la mise en œuvre d’un corridor énergétique sous-régional reliant les
principaux Etats par ligne électrique haute
(HT) et très haute tension (THT).
Parallèlement, les dispositions sont en cours
en vue de permettre :
– La tenue d’une table ronde de bailleurs de
fonds en vue de mobiliser les financements nécessaires pour la réalisation des
études disponibles ;
– Le financement autonome de l’organisme
pour assurer son fonctionnement régulier
et le financement des projets.
Par ailleurs, il convient de noter que dans le
cadre de la mise en œuvre des projets intégrateurs prioritaires (PIP), l’interconnexion
des réseaux avec les pays limitrophes permettra d’écouler nos excédents de production
d’énergie et sécuriser l’approvisionnement en
énergie électrique par la mutualisation de nos
sources de production d’électricité avec les
pays voisins.
Dans ce cadre, la réalisation des réseaux électriques connectés à ceux du Cameroun à partir du barrage hydroélectrique de Memvé’élé,
de la République du Congo par la centrale
d’Imboulou notamment s’avèrent plus que
nécessaires. Notre ambition étant de placer à
l’horizon 2025 des excédents de production
de l’ordre de 200 MW (soit 16 % de l’objectif
en termes d’augmentation de l’offre de production d’électricité) sur les marchés d’électricité régionaux de l’Ouest et du Sud (West
Africa Power Pool (WAPP) et South Africa
Power Pool (SAPP).
Ainsi, grâce à l’appui de l’Union Européenne
(UE) qui a mis en place une ligne de crédit,
il sera lancé dans quelques jours l’étude de
faisabilité relative à l’interconnexion entre le
réseau du barrage d’Imboulou au Congo et
celui de Grand Poubara au Gabon par ligne
électriques HT.
Il convient aussi de signaler à toutes fins
utiles que la recherche de financement en vue
de la réalisation des études de faisabilité relatives à l’interconnexion avec les réseaux
électriques du Cameroun et de la GuinéeEquatoriale est en cours.
EG+: Quelles sont les perspectives en
termes de formation dans les technologies de pointe au profit des infrastructures hydroélectriques et gazières pour
les activités industrielles créées ou en
création ?
La formation dans les technologies de pointe
passe par des partenariats que nous comptons
tisser avec certains établissements locaux et
des organismes de formation des pays africains.
Ainsi, avec l’Ecole Polytechnique de Masuku
par exemple, un mémorandum d’entente
(MOU) est en attente de signature avec l’Institut coréen dénommé « KIER » dans le cadre
du développement de l’énergie renouvelable
(réalisation de la carte solaire au Gabon et
d’un projet pilote expérimental de ferme agricole).
Avec les pays tels que la Tunisie, le Maroc,
qui ont de grandes avancées, nous comptons
intensifier nos échanges dans le domaine de
la formation ainsi qu’avec les instituts tels
que l’IRENA (Institut des énergies renouvelables).
Certaines initiatives telles que « Africa 2020
accès aux énergies renouvelables » (qui sera
initiée dès 2016) prévoient dans leurs plans
d’implémentation des actions liées au transfert de technologie que nous nous emploierons à mettre en place.
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7
JOURNÉE NATIONALE DE L’AGOA
Une réelle opportunité pour le Gabon de réaliser
des économies d’échelle
C’est sous le haut patronage du Premier ministre, chef du gouvernement,
Pr. Daniel Ona Ondo, qu’il a été lancé la journée nationale de l’AGOA. Une
initiative visant à consacrer une journée entière à des actions qui concourent à une meilleure compréhension des problématiques dégagées par
l’initiative AGOA dans les pays éligibles.
Par Siméon Pambo
Stand des produits artisanaux pour le marché AGOA
Mme l'ambassadeur des USA S.E Cynthia Akuetteh au Gabon entourée de son équipe
C
ette cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Pr. Daniel
Ona Ondo, de l’ambassadeur des Etats-Unis,
SE Cynthia Akuetteh, de Paul Biyoghe Mba,
président du Conseil économique et social,
de Gabriel Tchango, ministre du Commerce
des Petites et Moyennes entreprises, de l’Artisanat et du Développement des services, de
Mme Marie Julie Biloghe, ministre déléguée
de l’Economie, de la Promotion des investissement et de la Prospective et de biens d’autres invités.
L’AGOA (African Growth Opportunity Act),
qui peut être traduit comme la loi sur la crois-
(0% de droit de douanes), leurs produits. La
« journée nationale AGOA » est une initiative
visant à consacrer une journée entière à des
actions qui concourent à une meilleure compréhension des problématiques dégagées par
l’initiative AGOA dans les pays éligibles.
La journée AGOA de cette année est marquée
par la tenue du 14e Forum de l’AGOA, devant se tenir à Libreville du 24 au 27 août
2015. Mme Cynthia Akuetteh a rappelé dans
son propos que « si la prospérité est une destination, alors le commerce international est
le véhicule qui peut nous y emmener ». Elle
a renchéri, disant que « les exportations vers
les Etats-Unis dans le cadre de l’AGOA
Expositions des colliers artisanaux pour le marché AGOA
sance et les opportunités de développement
en Afrique, est une loi américaine promulguée en mai 2000 afin de permettre aux pays
de l’Afrique subsaharienne de faire entrer, sur
le marché américain, sans droits de douanes
Des bouquets de fleurs des artisans du Gabon
s’élevaient à plus de 25,5 milliards de dollars
en 2014, et les exportations non liées au pétrole ont été multipliées par 4 depuis le lancement de l’AGOA en 2001. Et les
investissements liés à l’AGOA ont engendré
la création de plus de 300 000 emplois dans
les pays d’Afrique au sud du Sahara ».
L’organisation d’une journée nationale
AGOA a pour objectifs, selon les organisateurs, de sensibiliser les opérateurs économiques aux opportunités qu’offre l’AGOA au
Gabon dans le cadre de la diversification de
l’économie gabonaise, évaluer le potentiel du
Gabon en matière d’exportation vers les
Etats-Unis (produites artisanaux, produits alimentaires, etc.). La journée AGOA permettra
également de contribuer à l’élaboration de la
stratégie nationale AGOA, mais aussi de promouvoir le 14e Forum AGOA à venir et qui
se tiendra à Libreville. Cette journée AGOA
est également l’occasion de mobiliser toutes
les parties prenantes (administration, secteur
privé, société civile, partenaires techniques)
autour de l’organisation de ce 14e Forum
AGOA.
La journée AGOA était également l’occasion
pour certains PME-PMI de présenter leurs
produits, notamment les femmes de l’AWEP
(African Women’s Entrepreneurship Program) qui est le pan féminin de l’AGOA. Il
faut savoir que l’AWEP fut mis en œuvre en
2010 par Hilary Clinton lorsqu’elle était alors
secrétaire d’Etat des USA. La journée nationale de l’AGOA était également l’occasion
d’échanges, notamment à travers les trois
communications données par ordre de passage par Barthélémy Ngoulakia, secrétaire
générale adjoint 2 du ministère du Commerce, de l’Artisanat et du développement
des services, des PME-PMI, M. Célestin
Nzengué, directeur du commerce extérieur,
et M. Nestor Ayi, ancien directeur du centre
des ressources AGOA qui est, entre autres,
conseiller du directeur général de l’APIEX.
8
VIE ÉCONOMIQUE
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FABRICATION DE L’ALIMENTATION ANIMALE À LA SMAG
Une qualité garantie pour la santé des animaux
et la consommation humaine
Lors de notre récente mission à l’intérieur du pays, en particulier dans
le Haut-Ogooué, nous avons rencontré des petits éleveurs qui ont émis
des doutes quant à la qualité de l’aliment animal (volaille et porc). Au
retour, nous avons fait part de ces doutes et des doléances des éleveurs au directeur général de la Smag, Jacques Collignon, en présence
de son directeur commercial et marketing, Crépin Ovono. M. Jacques
Collignon a récusé les plaintes des éleveurs en apportant toutes les
preuves de la bonne qualité de ses produits. Et cela grâce aux zootechniciens et nutritionnistes du Groupe SOMDIAA qui élaborent des formules adaptées pour apporter les éléments nutritifs nécessaires (eau,
lipides, glucides, concentrés minéraux, azotés et vitaminés) à l’entretien
de la santé des animaux tout en exploitant leur potentiel génétique.
Ces précautions permettent de garantir la qualité des produits destinés
à la consommation humaine.
Par Dr Neltoh
Poule pondeuse de la Smag
L
e directeur général de la Smag, le
leader de l’élevage au Gabon grâce
à son offre complète en alimentation
animale (commercialisée sous la marque
Energie Plus), est un homme jovial, communicatif et très sûr de la qualité de ses
produits. Il nous en parle avec conviction
et passion. Pour nous prouver sa foi en
cette industrie, et en l’amélioration de tout
son contour et environnement professionnel, il a mis en service pour les éleveurs
conseils, appuis et formations, notamment
en termes d’organisation, de suivi sanitaire
et environnemental des élevages.
La Smag poursuit sa démarche de soutien
à la professionnalisation de la filière élevage avec la volonté de créer un réseau de
distribution de l’aliment animal, dans tout
le Gabon via des grossistes, des sociétés
agro-industrielles intéressées par la commercialisation de ses produits. Il existe un
réel potentiel en production des aliments
de bétail puisqu’en 2014, la Smag a produit 28.000 tonnes d’aliment animal et
peut en faire davantage. Dans sa conviction de promouvoir le développement de
l’élevage au Gabon et de rendre accessible
son produit à l’intérieur du pays, il a conseillé aux éleveurs de se constituer en
Du pain de qualite
́ made in Smag
coopérative pour mutualiser leurs moyens
d’approvisionnement en aliment animal
afin de se partager les charges. Mais il met
également un accent tout particulier sur la
formation parce que le métier d’éleveur
est effectivement très technique. Professionnaliser la filière est un enjeu de taille
afin qu’elle devienne performante et profite aussi aux intérêts de la Smag. Pour
réaliser ce projet, il a fait recruter il y a
deux mois, un responsable technico-commercial en charge de l’encadrement technique et la formation des éleveurs. Comme
le Gabon est fortement dépendant des importations pour couvrir la majorité de ses
besoins de denrées alimentaires notamment la grande majorité des poulets de
chair, il voudrait encourager la production
locale en formant aux techniques d’élevage de la volaille et des porcs.
Respect du dosage des aliments
Un autre aspect de cette formation et non
des moindres et celui de la formation à l’utilisation des aliments qui pose un problème sérieux de rentabilité des unités des
petits éleveurs. « Sur chaque type d’aliments, nous collons des étiquettes avec des
indications précises relatives à l’utilisation du produit à respecter, sa date de
péremption et la composition nutritionnelle des aliments. Si un éleveur donne
une quantité supérieure à celle exigée ou
conseillée, la poulette au lieu de se
développer en 30 semaines, arrivera à maturité en 40 semaines et l’éleveur aura
perdu 10 semaines de ponte. Ce qui signifie une baisse considérable de rentabilité
de l’unité. Il faut donc faire le dosage correct indiqué sur les étiquettes afin de
rentabiliser son unité d’élevage » conseillera-t-il aux éleveurs.
Au plan sanitaire, la Smag utilise les services des vétérinaires envoyés de la France
pour assurer le contrôle de l’élevage de la
volaille de Nkoltang, pour assurer la formation des éleveurs sur des sujets précis,
à la direction général de l’élevage depuis
déjà quatre à cinq mois. Ils viennent tous
les deux mois pour cette formation et au
cours de la dernière, ils ont été informés
du respect des normes sanitaires. Lorsqu’il
lui a été posé la question sur la grippe aviaire, il a formellement affirmé qu’au
Gabon, aucun cas de cette épidémie n’est
survenue dans ce pays. Et au cas où elle
surviendrait, il faut éliminer toute la
volaille sans exception. C’est pourquoi,
pour éviter toute épidémie et toute autre
maladie, il faut faire de l’élevage dans des
zones isolées comme à Nkoltang et avec
des bâtiments isolés et bien ventilés.
Qualité de l’aliment animal
irréprochable
Les éleveurs se posent toujours des questions ou doutent de la qualité des produits
de la Smag en affirmant qu’ils ne sont pas
approvisionnés des mêmes produits que
ceux utilisés à Nkoltang. A ce doute, le directeur général Jacques Collignon répond
que bien que la présentation ne soit pas la
même, la composition des aliments est exactement la même en terme de valeur énergétique et de teneur en protéine que celle
que nous consommons à Nkoltang pour
notre élevage.
La Smag a mis en place équipements et
personnel pour pouvoir faire des miettes
ou des granulés. « Nous avons donc décidé
de produire tout ce qui concerne les aliments des poussins et des poulettes en miettes et en granulés pour tout le monde.
C’est ainsi que très récemment, dans le
cadre de nos investissements, nous avons
acquis une nouvelle presse d’une plus
grande capacité qui nous permettra à
terme, de produire tous les aliments pour
tous les éleveurs sous forme de granulés.
Nous consommons aujourd’hui au Gabon,
le plus gros volume d’aliment animal et
principalement les aliments de la ponte.
Nous produisons mensuellement entre
1.200 tonnes et 1.300 tonnes d’aliments de
la ponte uniquement. Des nutritionnistes
et des vétérinaires nous ont conseillé
qu’au stade de jeunes poussins et
poulettes, il vaut mieux leur donner des aliments sous forme de granulés plutôt
qu’en poudre. L’explication qui nous été
donnée par ces professionnelles est que la
farine produit de la poussière et provoque
des ’infections pulmonaires aux poussins
et poulette. D’autre part , les éleveurs ont
pris la mauvaise habitude de couper très
courts les becs des poules et elles ont donc
du mal à se nourrir. Cette exemple confirme notre engagement pour la formation
des éleveurs » a renchéri Jacques Collignon.
Grand équilibre entre teneur en protéine et lipide et la valeur énergétique
Les aliments des poussins, des poulettes,
des poules de la ponte et des porcs sont
produits à base des matières premières naturelles. Lors du processus de production
de la farine, on obtient des co-produits (environ 20%) en écrasant le blé. Parmi ces
co-produits, le son, parfaitement approprié
pour l’alimentation animale, contient des
fibres alimentaires, des protéines, des sels
minéraux et des vitamines. La Smag
utilise aussi des tourteaux de soja, de
palmiste, des drèches des brasseries auxquels sont ajoutés des compléments
minéraux et vitaminés (oligoéléments) et
un certain nombre de vitamines A, B, C,
D, E. Les dosages des matières premières
et des compléments sont contrôlés et
rigoureux. Concernant l’ajout du maïs
jaune, le directeur général de la Smag l’exclut de la composition des aliments pour
la simple raison que le maïs engraisse la
poule pondeuse au lieu de la faire pondre
davantage. Pour arriver à faire des produits de qualité, il faut un grand équilibre
entre la teneur en protéine , lipide et la
valeur énergétique.
Cependant le maïs est bon pour les
parentaux génétiquement purs que nous
importons pour produire des poussins que
la Smag commercialise. Ce sont des
parentaux de souches génétiques stables
dénommés ISA Brown spécialement pour
Smag producteur des oeufs
la ponte en milieu tropicale et résistantes
aux maladies . Ce qui intéresse l’éleveur,
ce sont les femelles et non les mâles.
« C’est dans ce cadre que les généticiens
préconisent pour augmenter le taux de fécondité et produire plus de femelles, d’ajouter du maïs dans l’alimentation des
parentaux pour améliorer la fécondité »,
explique-t-il.
Concurrence déloyale
S’agissant de la production de la farine de
blé, la Smag arrive à couvrir tout le
marché national à hauteur de 97% soit environ 75.000 tonnes de farine par an. Le
reste de la farine est d’importation en particulier de la Turquie avec des abattements
importants sur les droits douane à l’entrée
alors que nous payons des taxes. En sus
cette farine d’importation à une date de
péremption d’une année alors que les
normes exigées du ministère de l’économie que nous appliquons est de trois
(3) mois. Cela est un véritable problème
de santé publique pour les consommateurs
dès lors que les normes nationales ne sont
pas appliquées dans le cas de ces importations. « Pour nous. C’est une forme de
concurrence déloyale » affirme le directeur général de la Smag. Ce qui est rassurant pour l’instant c’est que la quantité
de la farine importée est faible.
Pour améliorer la qualité de sa farine, la
Smag fait venir un spécialiste pour créer
une farine avec des compléments nutritifs
qui permettra de faire du pain haut de
gamme. Toutefois avec la farine actuelle
de la Smag, l’on peut fabriquer du très bon
pain. Malheureusement beaucoup de
boulangers de la place ne travaillent pas
dans les conditions sanitaires optimums
créant ainsi un problème de santé public.
Cela nécessite impérieusement, un contrôle des services d’hygiène.
En guise de conclusion, nous dirons que la
SMAG société citoyenne qui existe depuis
1969 continue à oeuvrer pour le
développement du Gabon en produisant
des produits de haute valeur ajoutée par
des Gabonnais pour les Gabonnais.
Farine ble
́ de la Smag
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CÂBLE SOUSMARIN ACE
Axione/Bouygues en charge de l’exploitation, de la
maintenance et de la commercialisation des fibres
optiques sous-marines et de la TNT
M. Pastor Ngoua N’ Neme, ministre de l’Economie numérique et de la Poste
du Gabon et Mme Sylvie Dossou, représentant résident de la Banque mondiale au Gabon et à Sao Tomé & Principe, ont présidé à la signature de la
convention de délégation de service public pour l’exploitation du BackBone
National, en sa phase 1, au groupement d’entreprises Axione/Bouygues.
Par Siméon Pambo
d’une licence au Gabon, sous forme d’une
délégation de service public, dans le cadre
d’un nouveau partenariat public/privé. Le but
visé par les pouvoirs publics via cet important investissement dans deux réseaux de
communication électronique à fibres optiques
sous-marine et terrestre TNT, est d’augmenter la bande passante de la connexion internet, de fournir des services de
télécommunications moins chers et de favoriser un accès à internet démocratisé, contribuant ainsi à la réduction de la fracture
numérique.
Le haut débit, un levier majeur pour la
compétitivité des entreprises et l’attractivité des investissements directs
Axcele Kissangou Mouele DG entoure de responsables de Bouygues Energie
A
u terme d’un appel d’offres international lancé par la SPIN, et qui fut
ouvert, transparent et non discriminatoire, le groupement d’entreprises
Axione/Bouygues s’est vu attribuer le mar-
ché d’exploitation, de la maintenance et de la
commercialisation des deux réseaux de communication électronique, en particulier la
fibre optique et la TNT, auprès des opérateurs
et fournisseurs de services internet disposant
6e CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE DU FOCAC
186 mille milliards de francs
CFA pour le développement
durable et social
Le FOCAC (Forum de la Coopération Chine-Afrique) est une plateforme de
dialogue, de concertation et de coopération créée en octobre 2000. Cette
structure vise à promouvoir un partenariat stratégique entre l’Afrique et
la Chine. Le FOCAC est ainsi constitué de la Chine et de 50 pays africains
liés par des relations diplomatiques, à l’exception de Sao Tomé et Principe
et de trois autres pays africains. La Commission de l’Union Africaine (UA)
y participe commeun membre observateur.
Par Pambo Moussoungou
D
ans le but d’assurer une gestion rationnelle et durable des ressources naturelles de l’Afrique, d’une part, et
dans la perspective d’un retour sur les investissements initiés par la Chine en Afrique,
d’autre part, la 5e Conférence des ministres
du FOCAC a pris en compte les questions
d’intégrité écologique et d’inclusion sociale
comme fondamentales dans la recherche
d’un développement durable pour l’Afrique.
Avec le soutien d’une ONG internationale
telle que le WWF, le FOCAC a favorisé l’octroi d’un montant de 30 milliards de dollars
US, soit 186 mille milliards de francs CFA,
par la Chine pour le développement de projets intégrant les notions de durabilité écologique et sociale dans les domaines de la
coopération et de l’agriculture.
L’objectif de cet atelier était de partager avec
l’ensemble des parties prenantes les propositions et recommandations du WWF et de sol-
liciter leur point de vue, en vue d’enrichir la
préparation du Gabon aux travaux du
FOCAC VI, prévu dans le courant de l’année
en Afrique du Sud. Le triple objectif de cet
atelier est donc de contribuer à la formulation
d’une stratégie africaine pour renforcer et
fructifier les relations entre l’Afrique et la
Chine dans le cadre du FOCAC, afin d’enrichir l’agenda de la réunion qui élaborera une
position commune africaine sur l’agenda post
2015 de l’Union Africaine et des recommandations du WWF sur les Objectifs de Développement Durable (ODD). Puis, d’identifier,
en relation avec le Plan Stratégique Gabon
Emergent (PSGE) et les recommandations
formulées par WWF au FOCAC, les points
de coopération qui pourraient faire l’objet de
négociations bilatérales entre le Gabon et la
Chine dans le cadre du FOCAC. Enfin, de
proposer un mécanisme d’inclusion de la société civile au FOCAC.
Le directeur général de la Société de patrimoine des infrastructures numériques
(SPIN), M. Axcèle Kissangou-Mouelé, ainsi
que le ministre de l’Economie numérique et
de la Poste du Gabon, Pastor Ngoua
N’Neme, ont tenu à rappeler que ces deux
projets majeurs sont en parfaite phase avec
l’objectif stratégique de faire du numérique
un vecteur accélérateur de l’émergence du
Gabon, d’autant qu’ils font l’objet des programmes N°5 et 6 du Plan Sectoriel Gabon
Numérique, sous-composante du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE). Le représentant résident de la Banque mondiale au
Gabon, Mme Sylvie Dossou, a affirmé en
cette circonstance qu’« en mettant le développement des infrastructures numériques au
centre de sa politique, le gouvernement montre sa volonté d’accélérer, avec le haut débit,
la diversification économique du Gabon. En
raison de la relation puissante entre la pénétration du haut débit et la croissance du PIB,
le haut débit est un levier majeur pour la
compétitivité des entreprises et pour l’attractivité des investissements directs, et surtout
un facteur essentiel d’aménagement du territoire et de développement de nouveaux services innovants, tant pour les entreprises que
pour les acteurs publics et les citoyens.
Le déploiement du haut débit est également
une condition nécessaire (mais non suffisante) pour que le Gabon évolue vers une
économie fondée sur le savoir ou la connaissance (« knowledge economy »). Dans cette
nouvelle économie, globalisée, les technologies, l’information et le savoir-faire remplacent le capital et l’énergie en tant que
facteurs clés dans la production et la création
de richesse ».
La Banque mondiale soutient la stratégie numérique du Gabon à travers le projet CAB4
Gabon, d’un montant de 58 millions de dollars US. Une partie de cet investissement a
déjà permis de financer l’arrivée du câble
sous-marin ACE (Africa Coast to Europe) à
Libreville, et les travaux de construction du
Backbone National d’une longueur de 1.140
kilomètres vont être lancés dans les prochaines semaines. Cette fibre optique terrestre comprend d’une part le tronçon
Libreville-Franceville qui longera la ligne
ferroviaire du Transgabonais et, d’autre part,
les tronçons routiers Koulamoutou /Lastourville, Franceville/Bongoville/Lekoni, ainsi
que Franceville/Moanda, Moanda/Bakumba/Lekoko, en direction de la frontière
gabono-congolaise, pour se connecter au projet de la fibre de la République du Congo.
Après les discours de circonstance, la cérémonie de signature de la convention s’est déroulée entre Axcèle Kissangou Mouelé,
directeur général de la Société de patrimoine
des infrastructures numériques, et Pierre-Eric
Saint André, directeur général d’Axiome.
TAUX DE CHANGE EN FCFA
Avril
Mai
EUR
655.9570
655.9570
CHF
631.6389
631.3349
GBP
901.0398
905.5177
CAD
482.9961
490.0321
JPY
4.8625
5.15.20
CNY
94.1939
99.9538
USD
584.5798
620.5837
ZAR
48.4935
51.4621
Date de Valeur : 08 mai 2015
Source: Banque Centrale Européenne.
TAUX D'INTÉRÊT
Avril
Mars
Taux d'intérêt des appels d'offres :
2,95%
2,95%
Taux d'intérêt des prises en pension :
4,70%
4,70%
Taux d'intérêt sur placements: 0,00%
Taux créditeur minimum :
Source : www.beac.int
0,00%
2,45%
2,45%
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CARTE ROSE CEMAC
Le détenteur de la carte Rose peut circuler librement
dans l’espace CEMAC
La carte Rose est une Carte Internationale d’Assurance de Responsabilité
Civile Automobile en usage dans tous les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). C’est une carte destinée
aux automobilistes de la CEMAC et qui seraient victimes d’un sinistre hors
de leur pays mais dans l’un des cinq autres de l’espace CEMAC.
Par Siméon Pambo
niers répondraient avec efficacité à toute demande car ils sont dotés d’un personnel qualifié dans le domaine des assurances. Et si le
personnel venait à manquer, dira-t-il, bien
évidemment les bureaux nationaux de de la
carte Rose CEMAC recruteront. En pratique,
il n’y a au Gabon que le cas de six sinistres
dans tous les pays qui ont été traités au courant de l’année 2014.
S’agissant de la fluidité des échanges dans la
zone CEMAC, le secrétaire permanent affirme que les gens circulent en réalité, mais
il y a encore des tracasseries qui sont constatées dans tous les pays de cet espace économique et monétaire. « La libre circulation des
personnes et des biens ne doit pas être un
frein pour les populations de la CEMAC.
Cela a été relevé lors de la célébration de la
7e journée de la CEMAC. Il y a plus de ressortissants de la zone hors CEMAC que de
ressortissants CEMAC dans la plupart de nos
pays. Nos frontières sont poreuses et c’est
l’un des plus grands problèmes qu’il faut résoudre », précisera-t-il.
Fonctionnement du bureau
de la carte Rose
L
a carte Rose CEMAC est donc une
carte civile d’assurance de responsabilité civile et économique. Le bureau de
la carte Rose CEMAC est géré par un secrétaire permanent. Chaque pays membre de la
communauté économique dispose d’un bureau national. Les organes du bureau régional
de la carte Rose sont constitués des directions
nationales des assurances. Le président de
l’organe de gestion est désigné par le directeur national des assurances alors que le viceprésident l’est par les marchés d’assurances.
La carte Rose est un instrument d’intégration
sous-régionale visant à faciliter la prise en
charge des sinistres causés par des tiers à un
assuré non-résident dans le pays visité ou de
survenance de l’accident.
Le détenteur de la carte Rose peut circuler librement à travers les territoires des Etats
membres de la CEMAC sans avoir à souscrire une nouvelle police d’assurance dans le
pays visité. En cas d’accident survenu dans
le pays visité (Cameroun, Centrafrique,
Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale et
Tchad), le bureau national de la carte Rose de
ce pays se substitue à lui, en matière de suivi
de procédure administrative et judiciaire sous
réserve des dispositions ci-après à prendre.
Disposition à prendre en cas d’accident
1. Faire constater l’accident par l’autorité
compétente la plus proche du lieu d’accident : gendarmerie, police, huissier de
justice ;
2. Muni de sa carte Rose et de sa police d’assurance en cours de validité, déclarer l’accident au moyen de tout document
disponible auprès du bureau national du
lieu de l’accident ou de l’agence de toute
compagnie ou intermédiaire d’assurance
le plus proche du lieu d’accident, en double exemplaire ;
3. Relever le nom ou l’adresse du bureau ou
de l’agence d’assurance ;
4. Adresser une copie de la déclaration à son
assureur dès son retour dans son pays de
résidence ;
5. Les PV de constat d’accidents liés à la production de la carte Rose seront transmis
au bureau national du lieu de l’accident.
Le secrétaire permanent du bureau du Gabon
de la carte Rose CEMAC, M. Esdras Assa
Ndoutoume, explique que la carte Rose
CEMAC est un instrument d’intégration qui
vise à faciliter la prise en charge des sinistres
qui ont été causés par un tiers à un assuré non
résident dans le pays visité de le CEMAC.
« Si vous êtes Gabonais par exemple, et que
vous vous rendez au Cameroun avec votre véhicule, vous pouvez même aller sans votre véhicule, mais être dans un véhicule
camerounais qui a un accident, quelle que
soit l’hypothèse, vous devez vous rendre au
bureau national de la carte Rose CEMAC du
Cameroun. Si c’est le cas par exemple d’un
Camerounais qui aurait un accident au
Gabon, alors qu’il est assuré à GMC, une
compagnie d’assurance camerounaise
n’ayant pas de représentation au Gabon, il
doit se rapprocher du bureau national de la
carte Rose du Gabon qui de facto fait office
de représentation des compagnies de la sousrégion qui n’en aurait pas dans le pays
concerné. Evidemment, si vous vous présentez chez nous, vous devez avoir votre attestation d’assurance et votre carte Rose. Si vous
l’avez, le bureau national de n’importe quel
pays est compétant et peut regarder votre sinistre. Le rôle du bureau national de la carte
Rose étant de faciliter le règlement des sinistres, les agents du bureau vont se rapprocher
des parties en présence et actionner les différentes parties concernées. Le bureau de la
carte Rose joue donc le rôle de facilitateur
car en réalité la victime de sinistre n’a ni le
temps ni les moyens de se rendre d’un pays
de la CEMAC à un autre pour pouvoir régler
son sinistre ou pour suivre l’évolution de son
dossier. Dans ce cas, on se rapproche aussi
des bureaux nationaux de la carte Rose des
deux pays concernés par le sinistre. Sur le
plan national, une fois de retour dans son
pays, le sinistré s’adresse à la compagnie auprès de laquelle il est assuré et cela bien qu’il
ait déjà fait une déclaration au bureau national de la carte Rose dans le pays où il a eu le
sinistre », précise le secrétaire permanent.
Des professionnels qualifiés dans les
bureaux nationaux
Selon lui, les demandes de réparation de sinistre via la carte Rose augmentent dans les
bureaux nationaux de chaque pays et ces der-
« Le bureau de la carte Rose est l’une des
institutions de la CEMAC qui fonctionne le
mieux », selon Esdras Assa Ndoutoume, secrétaire permanent du bureau de la carte Rose
du Gabon. Chaque année, se tiennent deux
conseils de bureau. Un conseil a lieu en janvier et un autre en juin. En janvier, c’est le
conseil ordinaire et en juin, le conseil extraordinaire. A l’occasion de ce conseil de bureau, les cas du règlement des sinistres sont
traités. Lors de ces réunions, tous les représentants nationaux des bureaux des pays de
la zone CEMAC sont présents ou représentés
et un accent particulier est mis sur les dossiers de sinistres qui n’évoluent pas.
Le bureau national de la carte Rose travaille
à la facilitation des litiges qui peuvent survenir lors d’accidents concernant deux pays ou
plus de la sous-région. Lorsqu’il se rend par
exemple compte du manque de diligence des
compagnies d’assurance, le bureau accélère
les procédures du traitement des dossiers.
Parfois les compagnies ou certaines compagnies se montrent peu ouvertes lorsqu’elles
savent qu’elles doivent payer, parce qu’elles
ne veulent pas régler le paiement des sinistres. Face à ce genre de comportement, le rôle
du bureau national de la carte Rose est de faciliter le traitement du dossier. Le bureau de
la carte Rose a cet avantage de remonter le
dossier jusqu’à la direction nationale des assurances qui est l’autorité nationale de
contrôle auprès des compagnies. Il faut aussi
préciser que le directeur national des assurances est d’office président de l’organe de
décision du bureau national de la carte Rose
et les autres membres ne sont que des directeurs nationaux des compagnies d’assurances
non vie car la carte Rose ne concerne pas
l’assurance-vie.
La carte Rose participe à la libre circulation des personnes et des biens
Le bureau national est donc constitué des
trois organes que sont l’organe de décision,
l’organe de contrôle et l’organe de gestion.
Chaque année se tient, au moins une fois, une
réunion de l’organe de décision et à cette occasion les directeurs de compagnies d’assurances peuvent être directement interpellés,
pour notifier le retard de règlement de sinistres dans un dossier dont le bureau a la
charge. Si, malgré cette interpellation, les
dossiers ne sont pas résolus, ou n’aboutissent
pas, le bureau peut être amené à saisir la
commission d’arbitrage pour prendre une décision qui n’est susceptible d’aucun recours.
Sa décision s’impose aux compagnies, dès
qu’elle leur a été signifiée. Les compagnies
d’assurances disposent d’un mois pour pro-
céder au règlement du sinistre, et au-delà de
ce délai il y a des pénalités qui leur sont appliquées. En général, lorsque les compagnies
d’assurances sont mises au courant de ce
qu’il y a un recours du sinistre auprès du bureau national de la carte Rose, elles règlent le
sinistre avant que la commission ne siège.
Dans ce cas, le bureau sursoit au recours.
La commission d’arbitrage est composée des
secrétaires permanents des six pays membres
de la CEMAC. Lorsqu’un secrétaire permanent a un dossier à défendre, il ne peut siéger
mais désigne un autre membre qui va défendre son dossier. Tout est transparent. Lorsque
les décisions sont rendues, elles sont motivées. A cette occasion, les compagnies prennent également connaissance des raisons qui
ont amené à une décision plutôt qu’à une
autre. L’objectif est d’éviter que les traitements des dossiers ne s’éternisent dans les
bureaux de règlement des sinistres. Certains
sinistrés abandonnent souvent leurs dossiers
à cause du retard dans le traitement de ceuxci. La mise en œuvre de la carte Rose participe à la libre circulation des personnes et des
biens en simplifiant et facilitant la résolution
de certains sinistres qui peuvent survenir lors
d’un déplacement hors de son pays tout en
restant dans la zone CEMAC.
Au-delà des rencontres formelles, les
contacts entre les différents bureaux nationaux de la carte Rose CEMAC sont plutôt
fréquents et très réguliers. Les compagnies
d’assurances semblaient méconnaître le rôle
de la carte Rose. Elles tendaient à prendre le
bureau de la carte Rose comme un adversaire
alors qu’il arrive même qu’un bureau national devienne l’avocat d’une compagnie du
pays dont elle est issue. Les directeurs des
compagnies le comprennent déjà, mais parfois l’information n’est pas véhiculée, notamment vers les régleurs des sinistres des
compagnies. Il n’appartient pas à une compagnie d’assurances de demander des cartes
Roses dans un autre bureau national que celui
de son pays. En cas de rupture de stocks,
c’est au bureau national de la carte Rose d’un
pays d’en faire la demande à un autre bureau
national de la carte Rose qui aurait un excédent.
Listes des adresses
complètes des bureaux nationaux
Bureau national du Cameroun
BP : 1136 Douala
Tél : (237) 33 42 28 09
Fax : (237) 33 42 73 80
Bureau national de Centrafrique
BNCIA BP : 3178 et 896 Bangui
UAC Tél :(236) 61 03 17
(236)04 13 63/61 31 02
Fax :(236) 61 03 17/61 18 48
Bureau national du Congo
ARC-BP : 14.665 Brazzaville
Tél/Fax : (242) 81 19 39
Tél : (242) 51 0562/ 63 06 84
Bureau national du Gabon
BP : 1209 Libreville
Tél : (241) 01 72 21 79
Fax : (241) 01 72 21 79
Cell :(241) 06 16 56 23
Bureau national de Guinée-Equatoriale
EGICO –SA-BP : 428 Call Del Presidente Nasser Malabo
Tél (240) 901.03/93578
Fax : (240) 945.90
Bureau national du Tchad
La SAFAR (N’Djamena)
Tél : (235) 66 25 10 28
12
VIE ÉCONOMIQUE
N°39 – Mai 2015
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GUINÉE EQUATORIALECHINE
Des accords multiples d’investissement avec des entreprises chinoises au Forum économique de Dalian
Le ministère des Mines, de l’Industrie et de l’Energie du gouvernement équatoguinéen en visite en Chine a annoncé la signature de plusieurs protocoles
d’entente avec des entreprises chinoises couvrant de vastes domaines de
coopération dans l’électricité et les secteurs industriels. Les accords ont été
conclus au cours du Forum économique Asie-Guinée Equatoriale organisé à
Dalian pour présenter les opportunités d’investissement en Guinée Equatoriale à des entreprises chinoises.
L
e ministre des Mines, de l’Industrie et
de l’Energie, Gabriel Mbaga Obiang
Lima, en visite d’affaires en Chine, a
rencontré le président de la compagnie Dalian, M. Zhu Mingyi, du Groupe de la coopération internationale de la Chine (CDIG). A
cette occasion, il a rappelé la déclaration de
SE Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée Equatoriale, au sujet des
relations sino-équatoguinéennes en ces
termes : « Nous sommes conscients que la sécurité maximale est nécessaire pour assurer
l’investissement. À cet égard, nous pouvons
confirmer 45 ans d’expérience dans la coopération entre la Chine et la Guinée Equatoriale ; une coopération qui à bien des égards
a été possible grâce à la paix et à la stabilité
qui prévaut dans le pays. »
Le 30 avril dernier, le gouvernement
d’Obiang Nguema Mbasogo a accueilli le
Forum économique de la Guinée EquatorialeAsie à Dalian, en Chine, où les dirigeants nationaux ont présenté les opportunités
d’investissement à un auditoire de 500 investisseurs chinois potentiels. Le grand nombre
de participants pour l’événement a été considéré comme une confirmation de l’intérêt
marqué des investisseurs en Guinée Equatoriale, d’autant que le pays réalise des plans
ambitieux pour diversifier et industrialiser
son économie.
En rappel, les accords avec les entreprises
chinoises ont été signés quelques jours seulement après une visite officielle de SE Teodoro
Obiang Nguema Mbasogo. Ce sont plusieurs
accords entre le gouvernement de la Guinée
Equatoriale et la Chine qui visent à renforcer
les liens économiques et politiques entre les
deux pays. Au-delà de ces accords entre les
deux Etats, il faut également souligner les
protocoles d’entente avec des entreprises chinoises qui comprennent, entre autres,
• Un protocole d’entente entre le CDIG et le
gouvernement de la Guinée Equatoriale, représenté par le ministère des Mines, de l’In-
dustrie et de l’Energie, pour la réalisation
d’une étude pour le développement de la
ville industrielle de Mbini. Dans l’accord, le
CDIG entreprendra des études techniques
préliminaires et explorera des domaines clés
afin de promouvoir la ville industrielle de
Mbini pour les investisseurs internationaux.
La ville industrielle de Mbini est prévue
pour être un point de référence clé pour l’investissement en Afrique de l’Ouest et un
élément important dans les plans de la Guinée Equatoriale pour diversifier son économie.
• Un protocole d’entente entre la China State
Construction Engineering Corporation et le
gouvernement de la Guinée Equatoriale, représenté par le ministère des Mines, de l’Industrie et de l’Energie, de la Planification et
du Développement de la ville industrielle de
pétrole de Luba.
• Un protocole d’entente entre Sinohydro
Corporation et le gouvernement de la Guinée Equatoriale, représenté par le ministère
des Mines, de l’Industrie et de l’Energie,
pour une étude de faisabilité sur le développement d’une nouvelle centrale hydroélectrique sur la rivière Wele, en Guinée
Equatoriale. Sinohydro avait déjà été impliqué dans la construction de la centrale hydroélectrique Djibloho de 120 MW, ainsi
que des projets d’électrification dans Mongomeyen et la ville continentale de Bata.
• Un mémorandum d’accord entre la Chine
Machines
Engineering
Corporation
(CMEC) et le gouvernement de la Guinée
Equatoriale, représenté par le ministère des
Mines, de l’Industrie et de l’Energie, pour
une étude technique et la viabilité financière
de construire une nouvelle usine à cycle
combiné de 100 MW de puissance dans la
ville de Kogo.
• Un protocole d’entente entre le CMEC et le
gouvernement de la Guinée Equatoriale, représenté par le ministère des Mines, de l’Industrie et de l’Energie, pour une étude de
viabilité technique et financière pour la mise
en place d’un réseau d’interconnexion de
l’électricité dans la région de la CEMAC.
• Un protocole d’entente entre le CMEC et le
gouvernement de la Guinée Equatoriale, représenté par le ministère des Mines, de l’Industrie et de l’Energie pour une étude
technique et la viabilité financière de
construire des lampadaires et des infrastructures d’éclairage public lié dans la ville industrielle de Mbini.
Source : Ministère des Mines, de l’Industrie et de
l’Energie de la Guinée Equatoriale
VIE ÉCONOMIQUE
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
La CEEAC opte pour la création
d’un fonds pour financer
l’économie verte
La gestion environnementale préoccupe toutes les grandes organisations
régionales et internationales. La CEEAC, en ce qui la concerne, pense déjà
à la création d’un fonds pour financer l’économie verte en Afrique Centrale.
AVS, société partenaire
du magazine Economie
Gabon+, opère dans tout
le Gabon
L
T
es ministres de l’Environnement de la
Communauté Economique des Etats
d’Afrique Centrale (CEEAC) viennent
de réaffirmer leur soutien au projet de création par la communauté d’un fonds dédié au
financement des activités liées à l’économie
verte en Afrique Centrale. Ils l’ont fait savoir
à l’issue de la troisième édition du Forum international sur les peuples autochtones
d’Afrique Centrale (FIPAC).
Ce forum s’est tenu à Ipfondo (CongoBrazza), du 4 au 7 mars 2014. Le principal
thème en était « Populations autochtones, savoir-faire traditionnels et économie verte en
Afrique Centrale ». Pendant cinq jours, les
participants à ce forum ont échangé sur les
questions fondamentales relatives à la gestion
des forêts en Afrique Centrale. Parmi les
questions ayant fait l’objet des échanges, l’on
note l’état d’avancement de la mise en œuvre
des recommandations du FIPAC2. Il était
également question de valider le système de
l’économie des savoir-faire traditionnel en
Afrique Centrale et le programme de l’économie des savoir-faire dans cette partie du
continent. Les échanges ont également été
axés sur la question de procéder au transfert
de la gestion de l’organisation du FIPAC du
gouvernement de la République du Congo au
secrétariat général de la CEEAC.
A cette occasion, le secrétaire exécutif de la
Comifac, Martin Tadoum, a rappelé la place
qu’occupent les peuples autochtones en tant
que composante sociologique majeure pour
la gestion et la valorisation durable des res-
sources biologiques. Quant à Ahmad Allam,
secrétaire général de la CEEAC, il a mis en
exergue les objectifs de la troisième édition
du FIPAC. « Pour la CEEAC, l’économie des
savoir-faire traditionnel est un outil efficace
et innovateur dans la recherche des solutions
pour l’intégration économique des populations autochtones », a-t-il indiqué.
Pour rappel, le FIPAC est une rencontre des
représentations des Etats de l’Afrique Centrale, du réseau des peuples autochtones
d’Afrique Centrale et autres. Cette rencontre
a pour but de réfléchir et de trouver des solutions adéquates aux questions de protection
et de promotion des droits et libertés, de la
culture des peuples autochtones d’Afrique
Centrale et de leur prise en compte pour la
gestion durable de l’écosystème du Bassin du
Congo. Cette rencontre devrait se tenir tous
les trois ans à Ipfondo, chef-lieu du département de la Likouala en République du
Congo.
En Afrique Centrale, les groupes des populations désignés comme des autochtones répondent aux critères établis par le droit
international et réitérés par la Commission
africaine des droits de l’homme et des peuples dans son rapport « Peuples autochtones
d’Afrique : les peuples oubliés ». Ces peuples
sont répartis dans neuf pays, notamment le
Burundi, le Cameroun, la République du
Congo, le Gabon, la Guinée-Equatoriale, la
République Centrafricaine, la RDC, le
Rwanda et le Tchad.
13
out simplement « A Votre Service »
est la dénomination de cette entreprise gabonaise connue sous le sigle
AVS, exerçant dans le domaine de la messagerie express au Gabon. Elle a déjà plus
de 15 ans d’expérience dans le métier du
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toutes les courses quotidiennes relatives
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administratifs, à la remise de chèques, au
payement DGE et CNSS.
Enfin, « INTRA URBAIN » est le service
créé par AVS pour la distribution rapide
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« NATIONAL » est dédié aux envois de
courriers et colis, au déménagement pour
les particuliers et les entreprises en intraurbain et sur la Nationale, au transport de
médicaments et de produits frais avec le
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Elle assure des expéditions régulières de
colis et plis dans toutes les provinces via
ses propres moyens logistiques, et met à
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En souscrivant aux prestations de services
d’AVS International, le client est livré suivant la commande passée chez son four-
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territoire national, quoique implanté à Libreville (aux quartiers Likouala et London), à Port-Gentil (au centre-ville, à
l’immeuble Ecobank), à Franceville (aux
quartiers Angoubou et Djamiti), à Oyem
(au carrefour Gracia), à Lambaréné
(à l’entrée de l’aéroport).
AVS, une entreprise citoyenne
Respectueuse des normes d’hygiène, de
sécurité et d’environnement HSSE, AVS
dispose de camions réfrigérés à température dirigée pour assurer le transport des
produits thermosensibles et des produits
frais, mais aussi de camions pour assurer
le transport de produits divers.
La Rédaction
Source : FIPAC
TROPHÉES DES MAIRES AFRICAINS JOSÉ EDUARDO DOS SANTOS Les villes d’Accra au Ghana, de Kinondoni en
Tanzanie et de Praia au Cap-Vert primées
Les lauréats des premiers Trophées des maires africains « José Eduardo
dos Santos » 2015 sont connus depuis fin avril, lors d’un gala organisé à
Luanda, en Angola, et auquel ont participé 350 invités, notamment des représentants de gouvernement, des dirigeants municipaux, des maires africains, des investisseurs et des chefs d’entreprise. Ces trophées
récompensent le leadership et la contribution des maires de grande,
moyenne et petite villes, et rendent hommage aux succès et à l’excellence
du développement urbain en Afrique.
Synthèse Dr Neltoh
200 000 $. Les Trophées ont eu lieu conjointement avec le 2e Forum sur les investissements
dans les infrastructures urbaines en Afrique, qui
s’est déroulé les 29 et 30 avril 2015 à Luanda, en
Angola.
Lors de la cérémonie, l’organisateur des Trophées
et éditeur du magazine African Business, Omar
Ben Yedder, a précisé que les Trophées des maires
africains récompensaient les maires ou gouverneurs qui contribuent à transformer les métropoles
africaines : « Les villes lauréates sont dirigées par
des personnes qui possèdent des qualités de leadership essentielles et permettent de bâtir des villes
efficaces. Pour bâtir les villes de demain, nous allons avoir besoin d’autres leaders exemplaires, de
bonne gouvernance et d’innovation, tout en veillant
à préserver notre culture et notre mode de vie. Nos
dirigeants doivent être près des gens. Nos gagnants
ce soir ont affiché ces qualités. »
africains et des dirigeants municipaux de
grandes villes (au moins 1 000 000 de résidents), de villes moyennes (moins d’1 000 000
et plus de 200 000 résidents) et de petites villes
(jusqu’à 200 000 résidents) ont l’opportunité de
remporter les prestigieux Trophées qui, cette
année, ont été parrainés par le gouvernement
d’Angola, ONU-Habitat, le groupe IC Publications et ma propre association, Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU-A). »
Pour ces premiers Trophées, les organisateurs
ont demandé à un artiste angolais renommé de
créer une sculpture originale qui évoque le
passé, le présent et l’avenir des villes africaines, ainsi que le courage et la détermination
des maires africains face aux nombreux défis
urbains à relever.
Création d’une sculpture originale pour
les villes africaines
Trophées Maires africains
L
es villes gagnantes recevront un total de
350 000 $ qui sera utilisé pour des initiatives spécifiques. 50 000 $ iront à la ville
de Praia au Cap-Vert (gagnant dans la catégorie
« petite ville »), 100 000 $ à Kinondoni en Tanzanie (gagnant dans la catégorie « ville
moyenne ») tandis qu’Accra au Ghana (gagnant
dans la catégorie « grande ville ») recevra
Les villes lauréates ont été sélectionnées par
un jury composé de Jean-Pierre Elong Mbassi,
secrétaire-général des Cités et gouvernements
locaux unis d’Afrique (CGLU-A),Tokunbo
Omisore, président de l’Union africaine des architectes, Aisa Kirabo Kacyira, secrétaire générale adjointe et directrice exécutive adjointe
à ONU-Habitat, Vitor Leonel Miguel, président de l’Union des architectes d’Angola, et
Gaetan Siew, président du Secteur de l’industrie de la construction à Maurice.
S’exprimant à propos des Trophées, le secrétaire général des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique, Jean-Pierre Elong
Mbassi, a déclaré : « L’objectif des Trophées
« José Eduardo dos Santos » est de mieux faire
connaître les maires africains en faisant honneur à ceux qui ont apporté une contribution
majeure à leur ville et élaboré une nouvelle vision de la vie, du travail et des séjours dans
les villes d’Afrique. Chaque année, des maires
Le Café Arabica menacé par
le changement climattique
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14
VIE ÉCONOMIQUE
N°39 – Mai 2015
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ENTREPRENARIUM DU GABON
Transformer l’économie du Gabon par l’entreprenariat
Premier accélérateur d’entreprises de l’espace CEMAC doté d’un service d’incubation, d’un centre
de gestion et d’un service pour les institutions financières et les investisseurs, l’Entreprenarium du
Gabon dispose également de services professionnels variés pour les PME en croissance. Il a enfin
des services d’accompagnement pour le démarrage de start-up innovantes et des services pour le
renforcement des capacités des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Par Siméon Pambo
Quelques indicateurs de 2014
Le nombre de personnes formées dans ce cadre de l’Entreprenarium du Gabon est éloquent. Ce sont 400 personnes formées avec un taux moyen de satisfaction de l’ordre de 90%.
Le nombre de PME candidates à l’incubation est de 2 alors
que celui de PME en location temporaire est de 3. Le nombre
des lauréats au concours de Plan d’affaires est de 4. La pé-
Gabin Moussavou Mapaga Consultant Junior et un des Lauréats
de l'entreprenarium du Gabon
L
es secteurs prioritaires de l’Entreprenarium du Gabon
sont l’agriculture, les technologies de l’information et
de la communication et les activités industrielles. Le
service d’incubateur propose un mécanisme de filtrage pour
les institutions financières cherchant à développer et à sécuriser leurs investissements dans les start-up et les petites et
moyennes entreprises. Sa mission est d’offrir une plateforme
aux start-up et aux petites et moyennes entreprises innovantes
en leur fournissant des services à valeur ajoutée nécessaires
à leur croissance. Ses réseaux se développent via des Clubs
des investisseurs, le Mentorat et des Evénements. Une sélection d’entrée méthodique et rigoureuse se fait à travers un Vérificateur d’éligibilité en ligne, Evaluateur de modèle
économique.
Le promoteur doit présenter un dossier d’investissement comportant le Business plan, le Plan de financement et les Projections financières. Pour le suivi, des bilans d’étape
systématiques sont élaborés et permettent de détecter de façon
précoce les signaux d’échec et de prévenir d’importantes
pertes d’investissements. L’échec est déterminé par l’incapacité de l’équipe de direction à exécuter le plan de validation
du modèle d’affaires, le défaut de paiement du prêt bancaire,
l’absence de régularité dans la présence aux formations et aux
opportunités de réseautage, l’échec à développer le
produit/service minimum viable, l’incapacité à trouver une
réponse positive du marché aux nouveaux produits/services.
Particularité de l’Entreprenarium
du Gabon
Il est ouvert à toutes les catégories socio-économiques. Toutefois, les secteurs prioritaires sont auparavant identifiés. Les
structures qu’il accompagne ont une durée de vie oscillant
entre 0 et 5 ans. Elles ont un chiffre d’affaires annuel d’au
moins 50 millions de francs CFA. Par conséquent toutes les
PME/PMI ayant ce chiffre d’affaires annuel sont les bienvenues sauf les TPE. Mais cela ne suffit pas encore puisque
l’Entreprenarium valorise aussi les activités innovantes, de
niche et à fort potentiel. L’Entreprenarium offre également
des services conseils, des fonctions supports mutualisées et
propose des formations (initiations et ateliers de perfectionnement) et des espaces de travail partagés.
Partenariats indispensables
Les partenariats permettent de bénéficier de l’expertise d’un
réseau de consultants pour dispenser des formations, assurer
les services conseils, fournir des compétences pour les fonctions supports mutualisées, « mentorer » et coacher les entrepreneurs, assurer la promotion de ses programmes, rehausser
ses événements de réseautage. Son modèle économique est
celui d’une entreprise économiquement viable fournissant des
services à valeur ajoutée rémunérés pour répondre au besoin
social de création d’entreprises et d’emplois au Gabon.
riode d’existence est estimée à 1 an et le statut juridique est
celui d’une association, avec une équipe de 3 salariés, 1 stagiaire et 3 consultants.
Indicateurs de performance
Le taux d’échec : ≤ 10 %. Le taux de remboursement mensuel
est à 100 % tandis que le chiffre d’affaires annuel moyen cible
est de 50 millions de francs CFA.
Clients clés en 2014
Au nombre de ceux qui ont déjà fait confiance à l’Entreprenarium, on peut citer la Caisse des dépôts et consignations,
la Fondation BGFI, Shell Gabon, la Société Equatoriale des
Mines et l’ambassade des USA.
N°39 – Mai 2015
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DOSSIER
15
Pétrole
et Mines
GABON OIL COMPANY GOC
Qui l’aurait cru ?
Gabon Oil Company (GOC), une jeune compagnie pétrolière gérée par des
Gabonais, de l’amont à l’aval, intervenant sur l’ensemble de la chaine pétrolière, de la recherche des hydrocarbures jusqu’à la commercialisation
en passant par l’exploitation des gisements pétroliers gabonais, inscrit ses
activités au cœur de nos métiers techniques. Fière et orgueilleuse de relever le défi en attirant des hommes et des femmes gabonais qui ont des
parcours variés et parfois plusieurs années d’expérience dans le secteur
du pétrole et du gaz. Pour soutenir ses ambitions de croissance, elle investit de façon significative dans la formation continue de ses équipes.
Aujourd’hui, il y a de plus en plus de jeunes Gabonais avec une bonne formation initiale, de préférence dans les métiers techniques, qui sont recrutés et progressent dans les métiers essentiellement techniques des
hydrocarbures, grâce à un meilleur apprentissage sur les sites pétroliers.
Par Dr Neltoh
Economie Gabon+ : Le pétrole, auquel
s’ajoute le gaz, est un secteur essentiel
pour l’économie gabonaise en voie de diversification. Un secteur en voie de
structuration pour une meilleure maîtrise et une plus grande implication de
l’Etat dans la gestion et l’administration
pétrolière, et un meilleur contrôle de son
environnement industriel par le transfert
des technologies de pointe. Aujourd’hui,
Gabon Oil Company, créée en 2011, est
la preuve de la volonté de l’Etat gabonais de cerner les contours de l’environnement industriel du pétrole. Quels sont
les objectifs assignés à la société nationale des hydrocarbures du Gabon
(Gabon Oil Company) par l’Etat et
quelles sont ses attentes ?
Directeur général de la compagnie GOC,
Serge Toulekima : Le secteur des hydrocarbures (Pétrole et Gaz) est essentiel au Gabon.
Ce secteur représente, en 2010, 47% du PIB
national. Il est donc normal que les autorités
nationales aient souhaité renforcer leur présence dans l’industrie pétrolière. La création
de Gabon Oil Company en 2011 répond ainsi
à cette volonté. Notre société intervient sur
l’ensemble de la chaine pétrolière, de la recherche des hydrocarbures jusqu’à la commercialisation en passant par l’exploitation
des gisements pétroliers gabonais. Ces activités sont au cœur de nos métiers techniques.
L’Etat est le principal actionnaire de GOC.
Nous avons le statut de société d’Etat avec
un conseil d’administration. Notre mission
est principalement d’intervenir comme opérateur pétrolier, de commercialiser les droits
à huile de l’Etat, de gérer les participations
de l’Etat dans l’amont et l’aval pétrolier. La
croissance progressive de nos activités est
censée apporter des revenus complémentaires
au Gabon et ainsi contribuer au financement
des projets de développement social et économique.
GOC, partenaire de l’Agence
Nationale des Parcs Nationaux
EG+. Gabon Oil Company, une jeune
compagnie pétrolière opérant dans la
cour des majors. La société a-t-elle les
moyens de sa mission et des objectifs
qui lui sont assignés en termes de capital humain, de technologies de pointe, de
financement de ces opérations ?
Aujourd’hui, avec à peine 4 ans d’existence,
nous avons davantage de raisons d’être fiers
de ce qui a été accompli par GOC. En effet,
à Obangué nous avons réalisé pendant un an,
au profit de l’Etat, la continuité des opérations de production pétrolière, soit une
moyenne de 6000 barils de pétrole par jour,
pendant treize mois. Cette première étape importante a démontré la capacité technique
d’une entreprise nationale comme la nôtre à
opérer sur des champs de pétrole.
En décembre 2012, nous avons négocié avec
Total Gabon un premier contrat d’enlèvement
au terminal du Cap Lopez. Ce contrat est primordial, car il autorise la commercialisation,
à un prix garanti, des quantités de pétrole revenant à l’Etat, issus des contrats de partage
de production. Auparavant, ces quantités
étaient vendues par les traders des compagnies internationales. L’année suivante un
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DOSSIER
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GABON OIL COMPANY GOC
contrat de même nature était mis en place sur
le terminal de Shell Gabon à Gamba.
Ces succès techniques non négligeables nous
incitent plus que jamais à vouloir produire le
pétrole gabonais tout en respectant les meilleurs standards internationaux. A Remboué,
dans un délai court, après la signature en décembre 2012 du contrat de partage de production, nous finalisions la remise en
production du champ précédemment abandonné pour des raisons économiques. A travers ce projet, nous apportons pour les
commercialiser les barils mis en évidence
dans le sous-sol mais insuffisamment exploités. Il n’y avait pas de raison pour l’Etat de
se priver de cette ressource.
Enfin, en parallèle de ces activités techniques
habituelles, nous sommes partenaires actifs
de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux
(ANPN) pour participer non seulement à la
protection de la riche biodiversité du Gabon,
mais pour aussi en faire la meilleure promotion.
Ces quelques exemples vous montrent, même
si nous n’avons pas l’ancienneté des majors
présents au Gabon depuis plus de 50 ans, que
nous sommes une entreprise gabonaise dynamique, techniquement crédible, socialement
engagée et qui a l’ambition de compter dans
ce secteur.
EG+ : L’on croit savoir qu’en créant
Gabon Oil Company, l’Etat voudrait avoir
sa propre production et sa commercialisation du brut afin d’accroître ses revenus pétroliers. Mieux, à travers le
nouveau code des hydrocarbures, autoriser GOC, le petit Poucet, à participer à
hauteur de 15% à tous les contrats pétroliers. Est-ce exact ?
Le nouveau code des hydrocarbures mis en
vigueur en août 2014 autorise en effet Gabon
Oil à exercer un droit d’option jusqu’à hauteur de 15% pour devenir coactionnaire sur
tout nouveau permis pétrolier signé au
Gabon. Notre pays vient d’ailleurs de signer
en décembre 2014 neuf nouveaux contrats
avec des acteurs pétroliers internationaux.
Nous regardons actuellement ces contrats
pour décider comment concrétiser ce que la
loi nous autorise désormais, et ce dans le
meilleur intérêt pour l’Etat.
Sans entrer dans le mécanisme économique
des contrats pétroliers de partage de production, il faut comprendre que le pays hôte propriétaire de la ressource naturelle tire en
général de nombreux avantages de la présence d’une compagnie pétrolière nationale :
optimisation de sa production, augmentation
de ses revenus, acquisition de savoir-faire
technique, valorisation des compétences des
ressources humaines nationales, sécurisation
des besoins énergétiques, pour ne citer que
ceux-là. Ce développement de GOC, nous
l’envisageons toujours de façon sereine en
privilégiant la mise en œuvre de partenariats
avec des pétroliers qui partagent localement
nos valeurs.
EG+ : Gabon Oil Company emploie à plus
de 95% de la main-d’œuvre gabonaise,
toutes catégories confondues. Où a-t-
elle déniché ces Gabonais avec une expertise avérée dans le secteur des hydrocarbures, alors que depuis des
années le même cantique répète à tout
bout de champ qu’il y a une insuffisance
notoire de la main-d’œuvre gabonaise
dans les métiers des hydrocarbures ?
Avez-vous eu recours à la magie ?
Nous sommes convaincus que nos collaborateurs constituent la première force de la compagnie : ils sont au cœur de nos réalisations
présentes et de nos réussites futures. C’est
pourquoi nous veillons à les recruter selon un
processus de sélection exigeant mais dont
l’objectif ultime est de retenir les meilleurs
professionnels dans les nombreux métiers de
notre industrie. Nous sommes une jeune
compagnie qui peut s’enorgueillir d’avoir su
attirer des hommes et des femmes qui ont des
parcours variés et parfois plusieurs années
d’expérience dans le secteur du pétrole et du
gaz.
D’autre part, pour soutenir nos ambitions de
croissance, nous investissons de façon significative dans la formation continue de nos
équipes. Aujourd’hui, il y a de plus en plus
de jeunes Gabonais avec une bonne formation initiale, de préférence dans les métiers
techniques. Nous les prenons donc à ce niveau et nous veillons à les faire progresser.
Dans nos métiers essentiellement techniques
le meilleur apprentissage est de travailler sur
les sites pétroliers. C’est notamment le sens
des accords signés avec Perenco, ou encore
plus récemment avec ENI et Petronas : renforcer la collaboration mutuelle, favoriser la
formation et l’échange d’expériences pour
nos équipes.
Première valeur d’entreprise
de la GOC : « L’engagement
auprès des équipes. »
EG+ : Parlez-nous de ce capital humain
dont vous disposez pour faire fonctionner votre machine pétrolière ?
Vous avez raison de parler de capital humain.
Notre première valeur d’entreprise est « l’engagement auprès des équipes ». Cela signifie
que nous croyons fermement que les collaborateurs de GOC font de nous ce que nous
sommes. L’engagement, c’est aussi une certaine manière de se comporter et d’envisager
les relations de travail, sous un angle respectueux, davantage collaboratif ou chacun peut
apporter sa contribution à l’édifice. Nous
sommes aujourd’hui un total de 128 collaborateurs dont 98% sont des Gabonais.
EG+ : Où sont localisés vos champs pétroliers ? Quelles sont les réserves en jeu
et quels sont vos objectifs de production
annuelle et pour quel marché ? Quelle
technologie de pointe utilisez-vous dans
la production et le transport du brut ?
Nos activités de production pétrolière ont démarré en 2013, suite à notre création en 2011.
Aujourd’hui nous sommes à pied d’œuvre
pour la remise en production du champ de la
Remboué. C’est un projet intégré qui mobilise toutes les disciplines techniques : réservoir, performance, puits, production,
logistique, contrats, achats, négociation,
commercialisation. A Remboué les
contraintes économiques nous ont poussé à
choisir une installation en quelque sorte modulable que nous appelons l’Early Production
Facility ou EPF, c’est-a-dire installation de
mise en production anticipée. Cet EPF est un
système de production plus aisé et plus flexible pour apporter les barils attendus. A nouveau, ce qui est fondamental, c’est de
démontrer notre savoir-faire comme développeur de champ pétrolier. Avec Remboué,
c’est la première fois que le Gabon devient
par ses moyens propres producteurs de son
pétrole. C’est un fait significatif, jamais réalisé auparavant. Remboué est une première
étape, nous allons continuer a accroître nos
volumes de barils produits.
EG+ : M. le directeur général, voudriezvous bien nous décliner les grands axes
de la RSE à Gabon Oil Company ? Quelle
importance une jeune compagnie pétrolière nationale, opérant dans la cour des
majors, comme Gabon Oil Company, accorde à la RSE ?
L’intégration avec les communautés fait partie de nos valeurs d’entreprise. Cela signifie
que nous croyons fermement que notre avenir
est intrinsèquement lié au bien-être de nos
communautés. A ce titre nous considérons
que notre responsabilité va au-delà de la satisfaction immédiate des attentes de nos actionnaires ou de nos clients. La ressource que
nous produisons, le pétrole, sera transformée
en énergie pour les besoins de la vie moderne. Nous avons donc la tâche d’apporter
ce développement là où nous sommes présents. Nous souhaitons avoir une contribution
positive auprès des communautés voisines de
nos opérations.
A Remboué, nous nous sommes principalement investis dans un projet d’électrification
solaire, l’accès à l’eau potable, mais aussi
dans le support actif aux activités génératrices de revenus (pêche, agriculture) pour les
populations du village Vieux-Cater. Ces projets de développement durable représentent
un effort financier de plusieurs dizaines de
millions de francs CFA.
EG+ : Est-ce que les dirigeants de Gabon
Oil Company adhèrent à ce concept de
la RSE et à sa mise en pratique ?
Il existe une Charte du Développement durable signée de la direction. Elle précise en particulier notre détermination à conduire une
politique liée aux aspects RSE, volontaire,
cohérente avec nos règles éthiques, nos valeurs de base et nos principes d’action. Gabon
Oil Company s’engage donc résolument à favoriser le développement durable dans la
conduite de ses activités de recherche, de production, de commercialisation et de distribution d’hydrocarbures.
Les principaux objectifs de cette politique de
développement durable sont de :
- Assurer la sécurité et la santé sur le lieu
de travail,
- Respecter l’environnement,
- Supporter le développement économique
et le « contenu local ».
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DOSSIER
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PÉTROLE ET MINES
Domaine pétrolier du Gabon et historique
Il couvre une superficie de 253.507 km2. Il se décompose en deux domaines dont un à terre et un autre en
mer. Le domaine à terre ou Onshore, couvre 50.227 km2 et représente 19,81% dont 90% sont attribués et
10% libres. Or le domaine en mer ou Offshore est le plus vaste et couvre une superficie de 203.280 km2 et
représente 80,19% dont 38,15% sont opérés et 61,84% encore libres. A terre comme en mer, ce sont 23
sociétés de nationalités diverses qui restent présentes sur le domaine pétrolier gabonais.
Par la Rédaction
d’hydrocarbures sont abondants sur toute la côte de l’A.E.F.
En 1890, au nord-est de Lambaréné, du bitume flottant sur le
lac Ankogo, à 4 km de l’Ogooué, est repéré. Puis, d’autres
traces fossiles sont observées.
Mais c’est en septembre 1928 que la véritable exploration a
démarré avec la mission Lebedeff. Entretemps, une mission
de trois géologues américains affiliés à la Standard Oil a tenté
dès 1926 d’évaluer la valeur pétrolière du bassin sédimentaire
du Gabon. Ce fut un court séjour de quelques semaines qui
n’a pas donné les résultats escomptés. En mai 1928, le gouverneur général Raphaël Antonetti, ardent partisan d’une diversification de l’activité économique gabonaise, dominée par
l’exploitation forestière, écrit au lieutenant-gouverneur du territoire colonial du Gabon, M. Grébiche, pour proposer d’exploiter d’autres produits que le bois.
Tout a donc commencé par les premières reconnaissances
géologiques sur le terrain, menées par J. Lebedeff et V. Babet,
jusqu’à l’aboutissement du forage du premier puits en 1956,
dans la région d’Ozouri, par la SPAEF (Société Pétrolière
d’Afrique Equatoriale Française) qui est l’ancêtre d’Elf
Gabon devenue aujourd’hui Total Gabon, qui a permis la première production d’hydrocarbures commercialement exploitable du pays. Le premier chargement du pétrolier « Le
Ronsard » au terminal de Cap Lopez a eu lieu le 17 avril
1957. Et au fil des années, les découvertes du premier gisement en mer (Anguille marine) au sud-ouest de Port-Gentil,
du gisement de Gamba par la société COSREG (ancêtre de
Shell Gabon), du plus gros gisement du champ de RabiKounga en 1985 et mis en production le 16 janvier 1989, font
définitivement entrer le pays dans l’ère du pétrole. Viendront
ensuite d’autres compagnies pétrolières telle que la société
Perenco, et plusieurs autres suivront jusqu’à la création de la
Société Nationale des Hydrocarbures dénommée Gabon Oil
Company (GOC) en 2011. Enfin, en 2014, on a assisté à l’arrivée des majors pétroliers dans l’offshore profond.
Source : Ministère du Pétrole
et desocarbures, Total Gabon
Paysage naturel avant les sites pétroliers
U
n domaine dont la formation - en particulier la formation des bassins du Gabon,
de Douala et de Rio Muni, le long de la
côte occidentale du continent africain -, débute
au Crétacé Inférieur, lors de la séparation du
Gondwana et de l’ouverture de l’océan Atlantique sud. Parmi les premiers sédiments déposés
lors du rifting, il y a les shales de Melania et de
Kissenda. Il s’agit des dépôts lacustres riches en
matières organiques, avec un COT de 6,1% et
1,5% - 2% respectivement. La formation de
Melania est probablement présente dans le bassin
nord du Gabon, mais elle n’a pas été atteinte par
forage. Les dépôts syn-rift plus récents comprennent des sédiments de bonne qualité en termes
de réservoir, accumulés au sein de la formation
fluviale/delta co-lacustre Dentale.
Gabon
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Huile de pierre ou pétrole brut
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En fait, l’origine du pétrole vient donc de la formation des bassins sédimentaires du Gabon.
« Huile de pierre », comme l’appellent les géologues, souvent noirâtre et visqueuse, le pétrole
est issu de la transformation, à l’abri de l’air, de
la matière organique composée de micro-organismes animaux et de débris végétaux. Au fur et à
mesure de son approfondissement, cette matière
organique, ensevelie sous des formations sédimentaires successives, va se décomposer et se
transformer sous l’action combinée des bactéries
anaérobies (microbes unicellulaires végétaux qui
vivent sans air et sans oxygène), de la pression
et de la température variant généralement entre
50º C et 150º C. Cette transformation va durer
plusieurs millions d’années.
Sous l’effet du poids des sédiments environnants
qui créent des pressions, des tensions, des tassements qui vont chasser les hydrocarbures, le pétrole, formé dans une roche riche en matière
organique appelée « roche mère », va connaître
une migration ascendante à travers les différentes
couches sédimentaires. Cette migration peut
l’amener progressivement jusqu’à la surface.
Dans leur migration, ces hydrocarbures ont progressivement imprégné les roches dites « réservoirs ». Cette migration sera freinée, voire
arrêtée, en présence des roches imperméables
dites « couvertures », principalement constituées
d’argiles, de marnes ou de sel. A la faveur des
structures géologiques (déformations, plissements, cassures, etc.), et en présence de réservoirs et de couvertures, le pétrole va être piégé,
constituant le ou les « pièges » présents dans le
sous-sol.
L’exploration pétrolière consiste donc à
rechercher et à identifier les pièges sur lesquels
un puits ou un forage dit d’exploration va être
exécuté pour vérifier les hypothèses émises
quant à l’existence d’éventuel(s) gisement(s)
d’hydrocarbures dans le sous-sol.
Exploration, exploitation, production
et commercialisation
Au Gabon, la grande aventure de l’exploration
pétrolière a débuté en 1928. Mais les premiers
documents écrits datent de la fin du 19e siècle.
M. Barrat, dans ses publications sur la « géologie
du Congo Français », en 1893-1894, alors que
Pierre de Savorgnan de Brazza est Commissaire
Général de l’A.E.F., indique que les suintements
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SOCIÉTÉ EQUATORIALE DES MINES SEM DU GABON
La SEM, bras séculier de l’Etat pour le développement
des projets miniers
Le potentiel minier du Gabon est important, mais pour le moment les gisements exploités sont ceux du manganèse dont l’opérateur est la Comilog, en joint-venture avec l’Etat gabonais et le groupe français Eramet.
Les estimations des réserves de manganèse sont de l’ordre de 250 millions de tonnes dont 37,6 millions de tonnes de réserves certifiées pour la
Comilog. L’or est exploité par la société REG, filiale du groupe marocain
Managem, qui a investi dans le gisement d’or de Bakoudou : en 2014 sa
production a été de 1012 kg. Enfin les réserves de Bélinga sont estimées
à 1 milliard de tonnes à haute teneur en fer.
Par Dr Neltoh
Economie Gabon+ : Le potentiel minier
du Gabon est immense. Plus de 900
sites miniers potentiels répertoriés.
Quels sont les minerais recensés dont
les réserves prouvées sont exploitables
et commercialisables ?
Directeur général de la SEM, Fabrice Nze
Bekale : L’exploitation minière au Gabon
concerne seulement le manganèse et l’or. Les
estimations des réserves de manganèse sont
de 250 millions de tonnes et Comilog, principal exploitant de ce minerai, détient des réserves certifiées de 37,6 millions de tonnes
de manganèse et 150 millions de tonnes de
ressources minérales. Comilog, qui est une
joint-venture entre l’Etat gabonais et le
groupe français Eramet, a produit 3,7 millions de tonnes en 2013.
Concernant l’or, nous ne disposons pas d’estimations de ses réserves à l’échelle nationale. La société REG, filiale du marocain
Managem et premier exploitant du minerai,
est en activité à Bakoudou (Haut-Ogooué)
depuis 2012 et sa production était de 1012 kg
en 2014.
S’agissant du fer de Bélinga (OgoouéIvindo), les estimations des réserves sont de
1 milliard de tonnes. Toutefois, l’Etat, par le
biais du cabinet SRK, procède à une certification de ces réserves. La certification est une
étape déterminante en ce sens qu’elle permet
à l’Etat de disposer d’informations précises
et pertinentes sur le potentiel des réserves.
Cela facilite à la fois ses négociations avec
les futurs partenaires stratégiques et une
meilleure définition des conditions d’exploitation des ressources. Pour l’Etat, l’objectif
est de développer les projets miniers dans des
délais optimaux afin que leur impact social,
en termes d’amélioration des conditions de
vie des populations locales, se ressente rapidement.
Pour ce qui a trait au gisement de Mabounié
(Moyen-Ogooué), les réserves ne sont pas
certifiées. Mabounié est un gisement polymétallique (nobium, terres rares, uranium, tantale, etc.) dont le développement est assuré
par la société Maboumine, filiale de Comilog.
L’Etat a transféré à la SEM sa participation
de 28,45% au capital de Comilog. Toutefois,
le transfert de sa participation (10%) dans
NoGa Mining, qui exploite le gisement de
manganèse de Franceville, se heurte à l’inertie de l’opérateur.
Sur le plan opérationnel, la SEM et l’indien
Navodaya Trading DMCC ont créé, en juin
2014, la Gabon Manganese and Ferro Alloys
(GFMA) pour l’exploitation du manganèse
d’Okondja. Le projet est actuellement en
phase d’exploration. Avec le marocain OCP,
nous sommes lancés dans le projet de
construction d’une usine d’engrais phosphatés au Gabon. Nous venons de lancer des
études de faisabilité et avons entamé des discussions avec les opérateurs pétroliers qui
produiront le gaz. Si tout se passe bien,
l’usine sera opérationnelle en 2020. Par ailleurs, le Comptoir Gabonais de Collecte de
l’Or (CGCO), filiale de la SEM, commercialise l’or acheté auprès des orpailleurs à travers ses centres de collecte appelés
comptoirs. Il mène également des travaux
d’exploration de flats aurifères.
EG+ : Vous avez créé une filiale, le
Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or
(CGCO). Quelles sont les activités de ces
comptoirs, qui contrôle leurs activités et
où sont-elles installées ?
La création du Comptoir Gabonais de Collecte de l’Or, ou CGCO, cadre avec notre
mission de contribuer à la constitution des réserves en or de l’Etat. Une partie de la quantité collectée par le CGCO est vendue à la
Caisse des Dépôts et de Consignations
(CDC). D’où le caractère stratégique du projet du CGCO.
Nos comptoirs sont des centres où nous établissons des contacts directs avec les orpailleurs pour les inciter à nous vendre leur
production. Nous mettons l’accent sur la
proximité avec ces derniers et les comptoirs
sont adaptés à cette fin. Le CGCO dispose de
quatre (4) comptoirs dont ceux de Makokou
(Ogooué-Ivindo), Okondja (Haut-Ogooué),
Mouila (Ngounié) et Lastoursville (OgoouéLolo).
Des comptoirs pour constituer
des réserves en or de l’Etat
EG+ : Peut-on connaître les quantités
d’or collectées en 2013, 2014 et les prévisions pour 2015 ?
EG+ : La Société Equatoriale des Mines
(SEM) a été créée en 2011 par décret
présidentiel. Pourquoi une société d’Etat
dans le secteur des mines alors que l’exploitation minière est dominée par les
multinationales ?
Depuis le lancement de ses activités en janvier 2013 jusqu’à la fin 2014, le CGCO a pu
collecter 75 kg d’or à travers ses comptoirs.
Pour l’année 2013, la collecte s’est élevée à
42,5 kg tandis que l’objectif fixé par l’Etat
était de 25 kg. Concernant la collecte en
2014, elle a été moins importante (32kg) en
raison de difficultés budgétaires.
Il convient de noter que l’Etat n’octroie aucune dotation budgétaire, ni à la SEM ni au
CGCO, pour mener l’activité de collecte malgré le fait que la constitution des réserves
d’or est stratégique pour le pays. Les réalisations du CGCO sont les résultats de l’esprit
entrepreneurial de son personnel, en prélevant sur son propre budget de fonctionnement, et du soutien capitalistique du Fonds
Gabonais d’Investissements Stratégiques
(FGIS). Il convient aussi de souligner le partenariat stratégique avec la CDC qui bénéficie d’une priorité dans la vente de l’or
collecté.
La SEM n’a pas vocation à concurrencer les
multinationales ou tout autre investisseur
dans le secteur minier gabonais. Conformément à son décret de création
n°1018/PR/MMPH, elle a pour missions notamment de porter les participations de l’Etat
et de développer les projets miniers, en tant
qu’opérateur, seul ou en partenariat.
L’Etat veut prendre une part active au développement des projets miniers aux côtés des
opérateurs existants et la SEM représente son
bras séculier à cette fin. Des sociétés minières
publiques ont été créées dans de nombreux
pays africains : Afrique du Sud, Côte d’Ivoire
ou le Maroc. Même la France a annoncé la
création en 2014 de sa société nationale des
mines.
Gisement minerais d’or
Etude d’impact environnemental
et plan de fermeture des mines
exigés
EG+ : Quelles sont les ressources dont
dispose la SEM à ce jour pour son développement ?
La SEM est une société publique et son financement provient de l’Etat qui lui alloue
un budget annuel. Dès sa création, la SEM a
mis sur pied le CGCO pour diversifier ses
sources de financement. La vente de l’or collectée en 2013 à la Caisse de Dépôt et de
Consignations s’est élevée à 759 millions de
francs CFA. Pour l’année 2014, elle a représenté 361 millions de francs CFA.
La SEM est une société jeune et ambitieuse.
Notre objectif est de développer nos projets
de collecte d’or et permis d’exploration d’or
(Camp-6 et Lombo-Bouenguidi) pour atteindre, à terme, le statut d’opérateur. Nous recherchons activement des partenaires
financiers et techniques à cette fin.
EG+ : L’exploitation des gisements miniers peut être destructrice pour l’environnement. Comment conciliez-vous
extraction minière et préservation de
l’environnement ? Le code minier prendil réellement en compte la préservation
de l’écosystème gabonais ?
Pour l’heure, la SEM n’est pas engagée dans
des opérations d’extraction. Nos projets sont
essentiellement centrés sur la prospection.
Toutefois, nous collaborons avec la Direction
Générale de l’Environnement et la Protection
de la Nature pour sensibiliser les orpailleurs
à la non-utilisation de produits chimiques ou
toxiques. S’agissant du nouveau code minier
promulgué en février dernier, celui-ci intègre
Projet de prospection d’or
une série de mesures qui s’imposent aux opérateurs en matière de protection de l’environnement. Tout opérateur souhaitant se lancer
dans des activités d’exploitation doit réaliser,
en amont, une étude d’impact environnemental validée par le ministère de l’Environnement. Aussi, au terme de la phase
d’exploitation, l’opérateur est-il tenu de soumettre au ministère un plan de fermeture de
la mine.
EG+ : M. le directeur général, voudriezvous bien nous décliner les grands axes
de la RSE à la SEM ? Quelle est l’importance qu’une société en charge de l’exploitation minière comme la SEM
accorde à la RSE ?
Le nouveau code minier intègre des mesures
en matière de responsabilité sociétale des
opérateurs. En tant qu’acteur dans le secteur,
la SEM a donc l’obligation de se tenir à cette
règle. Son statut de société d’Etat l’engage à
donner l’exemple dans ce sens.
La politique RSE de la SEM se concentre essentiellement sur les thématiques de la santé
et de l’environnement. Pour s’assurer que
celle-ci cadre avec le principe des droits de
l’homme, nous l’avons transmise à la Direction Générale des Droits de l’Homme pour
avis. Le document sera ensuite soumis à la
Direction Générale de l’Environnement de la
Protection de la Nature pour obtenir leurs retours et mieux l’affiner.
En ce qui concerne nos initiatives RSE, la
SEM fournira aux populations des villages de
Maybouth-1 et Maybouth-2 à Camp-6
(Ogooué-Ivindo) des médicaments par le
biais de l’Office Pharmaceutique National.
Cette opération, qui débutera en juin, s’étendra aux autres zones d’action du CGCO.
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DOSSIER
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MME BIGNOUMBA ILOGUÉ JACQUELINE, PRÉSIDENTE DE L’UPEGA
« De manière générale, les compagnies pétrolières se préparent au risque d’une
crise, et dans cette conjoncture, l’anticipation dans la baisse des coûts d’exploitation, la suspension ou l’annulation de certains projets d’investissements font
partie des premières décisions budgétaires »
La chute brute du prix du baril de pétrole n’a pas surpris l’Union des entreprises productrices de pétrole du Gabon comme l’on pouvait le craindre.
Selon la présidente de l’UPEGA, les compagnies pétrolières ont l’expérience
des chutes du prix du pétrole et par conséquent elles font généralement
une analyse régulière des éléments de la loi de l’offre et de la demande,
qui leur permet d’anticiper avec quelques mois d’avance les effets de la
chute des prix. Il n’ y a donc pas, dira-t-elle, d’effet de surprise en tant que
tel. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est que le Gabon tout comme les compagnies
du secteur pétrolier revoient leurs priorités budgétaires et leurs postes d’investissements afin de les ajuster à leur revenu.
Par Dr Neltoh
environnement industriel à travers le
nouveau code des hydrocarbures. Quelle
appréciation faites-vous au sein de
l’UPEGA de ce nouveau code des hydrocarbures. Avez-vous été consultés et impliqués à son élaboration ? Quels sont
les objectifs recherchés par ce code des
hydrocarbures ?
JBI : Il est de la souveraineté d’un Etat de
fixer le cadre juridique, fiscal et économique
de l’exploitation de ses ressources. Il était
donc normal que l’Etat gabonais veuille restructurer un domaine aussi sensible que
celui du pétrole afin d’en tirer le meilleur
profit pour le développement du pays et de
ses populations, dans un partenariat gagnant
– gagnant avec les sociétés pétrolières qui y
investissent.
La loi portant règlementation du secteur des
hydrocarbures a été promulguée depuis le 28
août 2014, il n’est donc plus utile de discuter
de qui a participé ou non à son élaboration.
Il s’agit maintenant de l’appliquer avec les
facilités et les difficultés de mise en œuvre
que l’on constate au fur et à mesure.
« La remontée des cours pour cette
crise se fait malheureusement
assez lentement et pénalise les investissements »
EG+ : Le 1er mai a été fêté dans une situation de basse conjoncture économique à cause de la chute drastique des
cours du pétrole. Avez-vous prévu une
telle baisse ou bien avez-vous été surpris ? Quelles sont alors vos préoccupations et quel regard portez-vous sur
cette situation qui impacte négativement les compagnies pétrolières, l’Etat
gabonais, les entreprises sous-traitantes et les employés du secteur des
hydrocarbures ?
Economie Gabon+ : Le pétrole auquel
s’ajoute le gaz est un secteur essentiel
pour l’économie gabonaise en voie de diversification. Un secteur en voie de
structuration pour une meilleure maîtrise et une plus grande implication de
l’Etat dans la gestion et l’administration
pétrolière, et un meilleur contrôle de son
JBI : Le secteur pétrolier, à l’instar de toutes
les matières premières, connait régulièrement
des périodes de crise liées à la chute des
cours. L’importance de la chute des prix du
baril et la durée de la crise dans le temps sont
fonction en principe de la loi de l’offre et de
la demande, mais elle peut être combinée à
d’autres facteurs politico-économiques mondiaux.
Les sociétés pétrolières font une analyse
régulière de ces éléments, ce qui leur permet
d’anticiper avec quelques mois d’avance les
effets de la chute. Il n’y a donc pas d’effet de
surprise en tant que tel. Par contre il est difficile de prédire l’importance de la chute des
prix mais également la durée de la crise. La
remontée des prix se fait progressivement en
fonction d’un nouvel équilibre entre le niveau
des stocks disponibles dans le monde et la demande anticipée du pétrole. La remontée des
cours pour cette crise ci se fait malheureuse-
ment assez lentement et pénalise les investissements.
De manière générale, les compagnies
pétrolières se préparent au risque d’une crise,
et dans cette conjoncture, l’anticipation dans
la baisse des coûts d’exploitation, la suspension ou l’annulation de certains projets d’investissements font partie des premières
décisions budgétaires. Cette réduction de
l’activité des compagnies pétrolières se
répercute évidemment sur les sociétés soustraitantes qui résistent parfois moins bien que
les pétroliers.
Les pays producteurs de pétrole comme le
Gabon, dont le premier poste d’exportation
est le pétrole, sont effectivement fortement
impactés par la chute des cours du pétrole. Le
Gabon, comme les compagnies du secteur
pétrolier, doit là aussi revoir les priorités
budgétaires et les postes d’investissements.
Il faut faire nécessairement des choix qui tiennent compte du développement du pays et
des attentes des populations qui sont encore
plus fortes dans ces périodes difficiles.
EG+ : Avez-vous envisagé des solutions
pour réduire l’impact de cette situation
? Quelle est la situation réelle? Est-ce
exacte que des licenciements s’opèrent
dans toutes les compagnies pétrolières
et des entreprises sous-traitantes ?
JBI : Dans un contexte de crise pétrolière,
comme dit plus haut, la solution pour les sociétés est le gel de certaines activités consommatrices de budget, notamment tous les gros
projets quand cela est encore possible.
Sur le plan des ressources humaines, la situation peut être différente entre les compagnies pétrolières et les sociétés sous-traitantes.
Chez les opérateurs pétroliers l’impact majeur est la suspension des embauches des nationaux pour maintenir les emplois
organiques existants, et donc l’expérience
d’un personnel déjà bien formé afin de mieux
redémarrer à la reprise des activités. Il y a
également la réduction des postes d’expatriés
et certains contrats à durée déterminée.
Dans les sociétés de sous-traitance qui constituent la majorité des activités, on note en
effet des réductions d’effectifs dues à la
baisse d’activité, notamment dans les activités de forage qui sont les premières touchées
du fait de leur coût très élevé et partant toutes
les activités autour du forage comme la logistique, le génie civil, le catering, etc.
Mais contrairement à ce qui se dit, il n’y a
pas eu à ce jour de licenciements massifs
comme dans certains autres secteurs, les sociétés essayent de résister au mieux en prévision de la reprise des activités que nous
espérons le plus rapide possible.
tion interne est une priorité. Il faut partager
avec les salariés les difficultés du moment et
les moyens mis en œuvre pour le maintien
des activités afin de les rassurer. Ce partage
doit se faire dans les deux sens, les chefs
d’entreprises sont très préoccupés par le
maintien de l’outil de travail, donc la préservation des emplois, ils ont donc besoin d’une
certaine cohésion dans l’entreprise.
Le personnel est généralement assez réceptif
et solidaire lorsqu’il mesure les enjeux. Il est
aussi admis qu’une partie, si minime soit-elle
parfois, ne partage pas la même vision que
l’employeur et les autres salariés, mais c’est
ainsi dans toute œuvre humaine.
EG+ : Quelles sont enfin les perspectives
à moyen et long termes avec reprise en
hausse des cours du baril ou non ?
JBI : Il y a une remontée très modérée des
cours du pétrole, mais au regard des stocks
actuels, le maintien du niveau de production
des pays de l’OPEP et la demande qui ne progresse pas, la reprise se fera sur la durée. La
lecture faite par les analystes mondiaux des
matières premières ne prévoit pas un retour
rapide du prix du baril vers les 100 USD. Les
pétroliers s’adaptent à la situation tant que la
trésorerie des entreprises le permettra. A
cours et moyen termes, cela repousse les investissements, notamment l’exploration.
EG+ : Souhaiteriez-vous aborder ou mettre un accent particulier sur cette mauvaise conjoncture pétrolière et son
impact, pour lequel je ne vous ai posé
aucune question ?
JBI : La santé financière des sociétés privées,
encore plus dans ces moments de basse
conjoncture, nécessite une stabilité juridique
et fiscale et un meilleur accompagnement des
sociétés par l’administration.
L’Etat qui a pris la résolution une fois de plus
lors des Assises Fiscales du mois de mars
2015 de doter le Gabon d’un cadre fiscal
moderne et attractif permettant de sécuriser
les recettes fiscales, et aussi de favoriser l’investissement privé et la compétitivité des entreprises, doit veiller au cadrage, notamment
de la parafiscalité.
Le personnel est généralement
assez réceptif et solidaire lorsqu’il
mesure les enjeux
EG+ : Les employés gabonais du secteur
pétrolier ont-ils l’esprit d’entreprise ?
Comment réagissent-ils à cette basse
conjoncture ? Quels sont les freins à l’esprit d’entreprise ?
JBI : Les employés du secteur pétrolier ne
sont pas différents de ceux des autres
secteurs, ce sont des gens « normaux ». L’esprit d’entreprise s’acquiert et se cultive dans
l’entreprise. Il est vrai que nous sommes dans
un secteur industriel, avec des procédures et
des exigences propres à notre secteur, l’adhésion de tous est donc nécessaire.
Dans la conjoncture actuelle, la communica-
Cluster sur l’ameubleement.
Un espace conçu pour quee chaque
fabricant de meubles puissse
développer sa production
Retrouvez-nous
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N°39 – Mai 2015
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Parlez nous
de vos processus de HSSE à la SGEPP ? Pous
vons-nous avoir quelques chiffres clés sur
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le concept et la pratique sur le terrain de la HSSE
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par rapport à votre stratégie de développe
ement
durable ?
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22
N°38
N°39 ––Avril
Mai 2015
DOSSIER
www.economie-gabon.com
GABON LOCAL CONTENT/ SOMMET SUR LE CONTENU LOCAL AU GABON
Optimiser les capacités du secteur pétrolier
et gazier gabonais
D
u 7 au 8 juillet 2015, se tiendra à Libreville, le sommet sur le contenu
local, placé sous le thème « Optimiser les capacités du secteur pétrolier et
gazier gabonais.» Avec la promulgation de la
nouvelle loi sur le pétrole prévue début 2015,
le Sommet sur le contenu local au Gabon
offrira une plateforme unique pour souligner
les obligations mises à jour en matière de
contenu local afin d’attirer de nouveaux investissements, de diversifier l’économie et
d’optimiser la participation de l’État et des
communautés locales.
Avec l’appui officiel de la Présidence du
Gabon et des discours d’ouverture prononcés
par des représentants de la Présidence et le
Ministère du Pétrole et des Hydrocarbures,
l’événement constituera une plateforme incontournable réunissant des experts du contenu local internationaux, régionaux et
nationaux, des décideurs clés, des entrepreneurs et des fournisseurs de services pour discuter de la progression du secteur pétrolier et
gazier et de l’économie gabonaise dans son
ensemble.
Les contours des politiques à mettre en
place par les entreprises au Gabon
Pour s’inscrire au sommet : www.gabon-local-content.com
Le secteur pétrolier et gazier a des impacts
économiques, environnementaux, sociaux et
sociétaux extrêmement forts dans les pays
producteurs. En effet, il est constaté que l’économie locale ne bénéficie pas toujours et
suffisamment des retombées de la manne
pétrolière et gazière. Ce phénomène est renforcé par le caractère enclavant de cette industrie extractive qui a tendance à avoir un
impact limité sur les secteurs non liés au pétrole et au gaz. Dans ce cadre, un nouveau
code des hydrocarbures a été adopté au
Gabon (Loi et Décret du 28 août 2014), qui
inclut désormais un chapitre spécifique précisant les contours des politiques à mettre en
place par les entreprises au Gabon en termes
de promotion du Contenu Local.
Au regard de ces enjeux, les entreprises du
secteur ont mis en place des actions spécifiques et notamment des programmes de
Local Content parce que les programmes de
Local Content, partie intégrante de la
stratégie de RSE, deviennent une priorité
pour les opérateurs pétroliers et gaziers
privés travaillant sur les marchés émergents
en raison des enjeux et des tendances
actuelles.
Le sommet de Libreville vient confirmer
l’importance du Contenu Local et le dialogue
avec les parties prenantes. D’où tous les
thèmes qui seront abordés lors de ce sommet,
entre autres, « Tirer profit des champs
pétroliers du Gabon pour développer le contenu local et maximiser l’investissement ;
Développer un réseau de fournisseurs nationaux et locaux au sein du secteur pétrolier
et gazier sur toute la chaîne de valeur ; Création de partenariats internationaux locaux :
renforcer les capacités en répondant aux besoins du secteur avec des compétences locales.
Il y a trois tendances mondiales dans la démarche de Local Content. D’une part, les
gouvernements exigent et imposent des objectifs Local Content de plus en plus ambitieux. Par conséquent, les compagnies
pétrolières doivent impérativement se conformer à ces exigences car les gouvernements
appliquent un suivi de plus en plus poussé
des programmes de Local Content et mettent
en place des pénalités (ex du Gabon, du
Nigéria, de l’Afrique du Sud etc.).
Et d’autre part, les pays producteurs sont à
la
recherche
d’un
développement
économique durable. D’un modèle axé sur
des projets à un modèle axé sur des agrégats.
Etant donné les coûts d’entrée sur les
marchés, les compagnies pétrolières s’engagent généralement pour des dizaines d’années. Enfin les compagnies pétrolières et
gazières s’engagent de manière croissante
auprès des communautés locales étant donné
leur impact sur les projets.
La Rédaction
FOCUS
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
23
EXPLOITATION AURIFÈRE
Un jeune promoteur gabonais se jette à l’eau
C’est un jeune promoteur gabonais, lauréat du Grand Prix de l’Excellence
2014 pour son projet d’exploitation aurifère, qui sort ainsi du lot. Les fonds
qui lui ont été alloués ont servi à l’acquisition de son matériel de travail et
au lancement de la campagne d’évaluation du site retenu. Il est accompagné dans son activité minière par la Société Equatoriale des Mines (SEM).
Il nous rassure sur ce que son entreprise aurifère exercera en parfaite
transparence et répondra totalement aux exigences des règles du code minier dans le cadre de la préservation de la biodiversité.
Par Dr Neltoh
De nos jours les mines artisanales évoluent
pour la plupart dans l’informel. Elles procurent de nombreux emplois, dont les revenus
échappent généralement à la comptabilité nationale. Or, une étude du Bureau International
du Travail (BIT) indique que les petites exploitations minières assurent jusqu’à 80% de
la production d’or, de diamants et de pierres
précieuses dans la majorité des pays producteurs. Mon entreprise, réglementée, exercera
en parfaite transparence et répondra parfaitement aux exigences des règles du code minier.
EG+ : A quoi ont servi les fonds qui vous
ont été alloués pour ce projet ? Quels
enseignements pouvez-vous tirer de ce
Grand Prix de l’Excellence ? Quelles sont
vos prévisions en termes de production
aurifère pour les prochaines années ?
Nanetate Ibinga
Economie Gabon+ : Vous avez été l’un
des lauréats du Grand Prix de l’Excellence de Junior Achievement 2014 pour
votre projet d’exploitation aurifère. Pouvez-vous nous présenter votre activité
aurifère et nous dire quelle est l’innovation dans ce secteur minier qui a permis
de primer votre projet ? Pourquoi ce
choix ?
Nanetate Ibinga, Jeune entrepreneur gabonais : Mon activité consiste en une petite
exploitation minière. Il s’agit ici d’une exploitation permanente et de petite taille, exigeant un minimum d’installations fixes en
utilisant des procédés semi-industriels après
la mise en évidence du gisement.
Le Grand Prix de l’Excellence a été une opportunité formidable pour moi. Mon intégration à l’incubateur national me permet
d’acquérir les rudiments nécessaires pour la
pérennisation de mon activité.
Pour cela, permettez-moi de remercier SE,
M. le président de la République et tout le
staff de JA Gabon pour leur accompagnement. Les fonds alloués ont servi pour le moment à l’acquisition du matériel de travail et
nous permettront également de lancer la campagne d’évaluation du site retenu. Pour des
raisons de confidentialité, vous comprendrez
que nous ne nous hasarderons pas à donner
des prévisions avant la fin de la campagne
d’évaluation.
EG+ : Quel regard portez-vous sur la Société Equatoriale des Mines (SEM), bras
séculier de l’Etat dans le secteur minier ?
La même société a mis en place un
comptoir dénommé Comptoir Gabonais
de Collecte de l’Or (CGCO). Ce comptoir
vous est-il d’une grande utilité dans vos
activités ? Quels sont vos rapports avec
la SEM et sa filiale CGCO ?
Nanetate et Fabrice NZE BEKALE DG de la SEM
Très expérimentée car créée pour encadrer le
secteur minier au Gabon, nous gagnerions à
cet accompagnement de la SEM. De plus ce
partenariat nous permettrait d’avoir la garantie de l’achat exclusif de nos produits.
EG+ : De quel type de partenariat avezvous besoin aujourd’hui pour relever les
défis de l’exploitation d’un gisement aurifère par un jeune Gabonais ?
EG+: Si l’on vous demandait des conseils
d’orientation vers les carrières ou les
métiers porteurs dans la filière des
mines et surtout vers l’autonomisation
en affaires, que diriez-vous à ces jeunes
Gabonais des deux sexes en quête d’emploi ou encore sur les bancs des collèges,
des lycées et des universités ?
C’est un secteur encore mal connu au Gabon
parce qu’il était très fermé. Aujourd’hui, la
réforme du code minier
Nous avons aujourd’hui
apporte
beaucoup
besoin d’un accompa«
Nous
utiliserons
des
d’opportunités
pour
gnement technique d’un
créer
de
la
richesse,
à
opérateur important et
produits parfaitement
condition
de
se
faire
confirmé du secteur.
accompagner
par
légalisés et réglementés »
l’Etat. Les débouchés
sont énormes dans les
EG+ : Quelle est votre
secteurs primaire (expolitique d’investissement et comment vous financez-vous ? traction), secondaire (transformation/ bijouSur fonds propres ou avez-vous recours terie) jusqu’au tertiaire (la vente et le
aux banques et institutions financières ? négoce).
Notre gain du Grand Prix de l’Excellence
(8.500.000 francs CFA) est largement suffi- EG+: L’exploitation de l’or est très nocive
sant pour le processus de la mise en place et pour l’environnement, en particulier l’util’obtention du permis d’extraction de la petite lisation de produits chimiques. Quel est
mine. Pour le démarrage de la campagne votre engagement vis-à-vis de la préd’extraction, nous aurons besoin d’une levée servation de notre écosystème ? Dans
de fonds pour l’équipement et le matériel quelle mesure la question de la préserd’exploitation de notre mine. C’est pourquoi vation de la nature et du développement
nous aurons besoin d’un appui de la SEM. durable a-t-elle été intégrée à votre proPar ailleurs, nous aurons recours bien évi- jet ?
demment aux institutions financières.
Par rapport à ma formation en QHSE dans le
secteur pétrolier, je suis directement interpellé. Nous utiliserons des produits parfaitement légalisés et réglementés. Nous avons la
chance de vivre dans un pays magnifique où
la nature est si belle et luxuriante. Nous nous
devons de la préserver, pour l’avenir de nos
enfants. C’est pourquoi nous allons respecter
strictement les mesures recommandées dans
notre étude d’impact environnemental et le
suivi des formations HSE.
Nous avons également prévu la mise en place
d’un programme RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale), dans le cadre du
partage des richesses, vis-à-vis des villages
autochtones.
EG+ : Souhaiteriez-vous aborder ou mettre un accent particulier sur un sujet sur
lequel je ne vous ai pas interrogé ?
Peut-être à propos du soutien des organismes
financiers pour aider les jeunes qui veulent
créer des entreprises. Car beaucoup ont des
idées brillantes, mais butent sur les difficultés
à lever des fonds.
EG+: Pour finir, quelles sont les perspectives de votre activité à court et moyen
termes ?
Grâce à l’encadrement qu’offre JA Gabon, je
souhaite que mon entreprise prenne une place
importante dans le secteur minier et puisse
développer ses activités dans d’autres minerais.
24
DÉVELOPPEMENT DURABLE
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
RSE
Une contribution des entreprises aux enjeux
du développement durable
La notion de « responsabilité sociétale des entreprises » s’est construite
autour de ses éléments d’identification qu’elle emprunte à ceux de développement durable que sont les variables économique, sociale et environnementale. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’entend
comme une démarche d’évolution à long terme de l’entreprise dans une
approche à la fois pratique, globale et adaptable, quels que soient la taille,
le type et la localisation de cette dernière.
Synthèse Dr Neltoh
A
travers la RSE, les entreprises intègrent non seulement la recherche de
la performance économique, les
préoccupations sociales et la préservation de
l’environnement, mais aussi la prise en
compte de la dimension culturelle, des droits
humains, de l’exigence de la bonne gouvernance et du respect de l’éthique dans leurs activités et dans leur interaction avec les parties
prenantes (fournisseurs, clients, actionnaires,
syndicats, communautés, ONG.). C’est en
somme la contribution des entreprises aux
enjeux du développement durable.
Apparu à la fin des années 1980 et en réaction à l’impact néfaste de l’activité économique sur l’environnement naturel et le
bien-être social, le concept de développement
durable est perçu comme une voie d’espoir
de proscrire à la création un modèle de développement équilibré qui soit à la fois économiquement viable sur le plan écologique et
équitable du point de vue social.
Le Gabon doit pouvoir s’approprier
la démarche RSE
Les débats récurrents sur la rareté progressive
des ressources face à la croissance démographique mondiale, la globalisation des
échanges qu’accompagnent les contraintes
écologiques et normatives, le constat des
scandales financiers de grande ampleur qui
ouvrent des controverses quant à l’éthique
des dirigeants et à la prédominance de la spéculation financière sur l’économie réelle,
constituent autant de facteurs qui intéressent
la RSE et qui influencent fortement l’évolution du système productif gabonais. Parce
que tous ces facteurs influent nécessairement
sur son devenir au moment où il s’engage sur
la voie de l’émergence, le Gabon est amené
à se déterminer afin de pouvoir s’approprier
la démarche RSE.
Reste à savoir si cet outil est pertinent pour
son environnement des affaires et pour son
profil culturel. Pourrait-il toutefois s’en passer au risque d’être contraint d’y souscrire tôt
ou tard, alors même que la responsabilité sociétale des entreprises constitue aujourd’hui
l’un des thèmes centraux de redéfinition du
rôle « citoyen » et de l’encours des activités
des entreprises ?
Le cadre normatif, et principalement la
norme ISO 26000 qui concerne principalement la RSE, constitue-t-il une panacée ou
plutôt une nouvelle contrainte internationale
? Ne contribue-t-il pas à effriter des pans entiers de notre souveraineté dans sa possibilité
inhérente de s’imposer d’emblée à la législation nationale et en dépit de sa provenance
internationale ? Car, autrement quels en seraient les apports et les perspectives pertinentes pour le Gabon ?
Le Conseil s’efforce d’y répondre en s’appuyant particulièrement sur les orientations
qu’il s’est fixées, à savoir : l’optimisation
économique et la préférence locale, la bonne
gouvernance, la concertation et le développe-
ment communautaire, le respect des droits
humains et la diversité culturelle, le respect
de l’environnement et de la biodiversité. Il y
a là autant d’orientations à partir desquelles
le Gabon pourrait tirer le meilleur parti de cet
instrument international par une politique
d’incitation à même de conduite les acteurs
économiques à de nouveaux comportements
et d’améliorer ainsi l’environnement global
dans lequel ils opèrent. Mais ces orientations
sont des référentiels qui ont amené le Conseil
économique et social à explorer plus avant
les pratiques afférentes à la responsabilité sociétale des entreprises qui ont cours au
Gabon, en se livrant à un état des lieux, suivi
d’une analyse de celles-ci, le tout assorti
d’une série de recommandations y relatives.
Optimisation économique
et préférence locale
En vue de susciter l’adhésion des entreprises
à la démarche de la RSE, le Conseil économique et social recommande au gouvernement, sur le thème de l’optimisation
économique et la préférence locale, d’encourager l’adoption de la démarche RSE dans les
entreprises, notamment par la mise en place
d’une fiscalité favorable à celles qui l’appliquent ; d’attribuer un label eux entreprises
adhérant aux principes de la RSE ; d’encourager l’implication des PME/PMI dans la démarche de RSE, à travers la définition de
stratégies de soutien et de développement accompagnées et déclinées autour de guides et
de mesures spécifiques ; de donner, à performances égales, la préférence aux ressources
et compétences locales lors de l’attribution
des marchés publics ; de prévoir dans les
conventions d’établissements des clauses visant la mise en œuvre des politiques RSE ; de
promouvoir la diffusion et la valorisation de
bonnes pratiques de la RSE ; de réserver un
quota à la sous-traitance des PME/PMI locales. Dans ses recommandations, il s’agit
aussi d’obliger les investisseurs étrangers à
concéder une partie des actions aux investisseurs nationaux ; de consolider le dialogue de
qualité avec les parties prenantes en amont
avec la prise de décision ; de mettre en place
un fonds d’appui à la RSE ; d’homologuer la
norme ISO 26000 et de créer un cadre législatif et réglementaire de la RSE.
Bonne gouvernance
Le Conseil économique et social recommande, sur la question de la bonne gouvernance, d’intégrer les recommandations issues
du Pacte Mondial pour l’Emploi (PME) de
l’OIT dans la législation nationale ; d’encourager les entreprises à élaborer des chartes
RSE ; d’appuyer les initiatives de la CEMAC
dans la mise en place des standards RSE pour
les industries extractives au niveau local ; de
renforcer les capacités de l’Agence Nationale
de Normalisation ; d’adopter une stratégie
nationale de normalisation ; de lutter contre
la corruption et le trafic d’influence dans l’industrie pétrolière ; d’assainir l’environnement des affaires.
Les recommandations du Conseil économique et social portent enfin sur la concertation et le développement communautaire, le
respect des droits humains et la diversité culturelle, le respect de l’environnement et de la
biodiversité.
La concertation et le développement
communautaire
Il s’agit de favoriser le dialogue multiparties
prenantes afin de mener une réflexion sur les
politiques d’accompagnement de la RSE ; de
mettre en place des mécanismes de commu-
nication « reporting » et de vulgarisation impliquant les salariés, les actionnaires, les
ONG, les associations de consommateurs et
les communautés de base dans la mise en
œuvre de la RSE ; de renforcer les capacités
des salariés, des actionnaires, des ONG et
des associations de consommateurs pour leur
permettre d’assurer leur mission de veille et
de contrôle dans la mise en œuvre de la RSE ;
d’intégrer les modules RSE dans les filières
de formation et dans le domaine de la recherche ; de créer une plateforme d’information et de sensibilisation sur la RSE.
Le respect des droits humains
et la diversité culturelle
Réaffirmer le rôle central de l’Etat dans la
protection et la promotion de droits de
l’homme ; veiller au respect des conventions
de l’ONU et de l’OIT relatives aux droits de
l’homme et aux droits des travailleurs, ratifiées par le Gabon ; lutter contre toutes les
formes de discrimination ; veiller à l’intégration, de manière transversale, de la dimension
culturelle dans la RSE, en tant que principe
fondamental du développement durable.
Respect de l’environnement
et de la biodiversité
La recommandation est de renforcer des
études d’impact environnemental avant la
mise en place des nouvelles unités de production et s’assurer de leur bonne exécution ;
d’encourager le « reporting » environnemental dans l’entreprise, notamment sur les informations relatives à la protection de la
biodiversité, à la lutte contre les changements
climatiques et les pollutions ; de faire appliquer le principe du pollueur-payeur.
RSE comme levier de développement
Enfin, l’analyse de la pratique de la RSE au
Gabon montre l’existence d’un cadre juridique et institutionnel prenant en compte certains aspects de la RSE, en particulier ceux
relatifs à la préservation de l’environnement
et à la protection de la biodiversité, au respect
des droits de l’homme et des travailleurs.
Toutefois, l’existence de ce cadre juridique et
institutionnel ne s’accompagne pas de
normes nationales rendant ce dernier efficace. Cette situation se traduit pas une absence de vulgarisation et de contrôle à
l’ensemble des parties prenantes (salariés, actionnaires, fournisseurs, clients, syndicats,
entreprises, ONG.)
Les entreprises, unités essentielles de production de richesses et de bien-être social étant
au cœur de la problématique du développement durable, mènent pour certaines d’entre
elles des actions sociétales malgré la faiblesse du cadre juridique et institutionnel et
du caractère non contraignant de la démarche
RSE.
En outre, il y a lieu de noter la volonté affichée par l’Etat de se servir de la RSE comme
levier de développement par l’intégration de
la RSE de façon explicite dans les nouveaux
codes en cours d’adoption. Même si la démarche RSE est encore très peu règlementée,
le Gabon, à l’instar d’autres pays, devrait
souscrire à celle-ci en prenant des initiatives
rendant certains de ces aspects obligatoires
aussi bien pour les entreprises que pour les
autres organisations, principalement ceux relatifs à la transparence, à la bonne gouvernance, au respect des lois, des droits de
l’homme et des droits des travailleurs.
Source : CES
EMPLOI ET FORMATION
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
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INSERTION PROFESSIONNELLE DES JEUNES ET ENTREPRENEURIAT
Un défi sous contraintes
Les politiques suivies en matière d’enseignement technique et de formation
professionnelle ont permis de fournir, en assez grand nombre, les cadres
et la main-d’œuvre qualifiée dont avaient besoin les pays francophones
au cours des trois décennies qui ont suivi les indépendances. Toutefois, dès
le début des années 80, compte tenu de la réduction des emplois dans les
secteurs public et privé, alors que la croissance démographique restait encore très élevée, le système de formation scolaire et postscolaire, sous la
pression des politiques d’ajustement structurel, a vu son efficacité externe
diminuer, alors que le marché du travail connaissait une contraction et une
modification de ses structures.
Contribution de Mohamed Bayad et Franck Bares
L
a plupart des études récentes insistent
sur l’absolue nécessité de repenser
l’ensemble de ce secteur de formation,
car le problème se pose de plus en plus en
termes d’insertion. De ce point de vue, il est
nécessaire de reconnaître la formation technique et professionnelle comme un des
moyens d’insertion des jeunes dans le monde
du travail. Ainsi, comme toute oeuvre d’éducation, la formation professionnelle et technique (FPT) vise à faire acquérir à tout
individu dans un contexte historique, social
et linguistique déterminé, un minimum de
connaissances, d’aptitudes et d’attitudes lui
permettant de comprendre son environnement, d’interagir avec lui, de poursuivre son
éducation et sa formation au sein de la société
et de participer plus efficacement au développement économique, social et culturel.
La FPT rejoint ainsi les finalités, qui sont
également celles de la nouvelle école de base,
telles que définies par la CONFEMEN. En
d’autres termes, les finalités éducatives se retrouvent dans les quatre piliers de l’éducation
tels qu’énoncés dans le rapport Delors, à savoir : Apprendre à connaître ; Apprendre à
faire ; Apprendre à vivre ensemble ; Apprendre à être.
Ces quatre piliers sont complétés par deux
autres tout aussi importants, en particulier apprendre à apprendre et apprendre à entreprendre.
Apprendre à entreprendre
La FPT comme les autres secteurs de l’enseignement - école de base, formations
générales secondaire et universitaire - vise le
développement socioéconomique par sa capacité à développer la finalité d’apprendre
à entreprendre, qui est prioritaire au sein du
nouveau dispositif d’enseignement. Il n’y a
pas de développement socio-économique
durable qui ne s’appuie fortement sur une
main-d’œuvre performante et qualifiée, capable de répondre aux besoins et aux changements du milieu socio-économique. Au cœur
des problématiques de l’emploi, de la relance
économique et de l’insertion, la FPT constitue donc un lieu privilégié de rapproche-
ment de l’école et de la vie active, de la
même façon que la nouvelle école de base
doit permettre l’insertion de l’enfant dans son
milieu en favorisant une meilleure maîtrise
de son environnement et une meilleure compréhension du monde socio-économique.
Il est nécessaire de rappeler que durant les
dix dernières années, les décideurs publics
africains ont cherché à accroître la capacité
d’entreprise des jeunes. Initialement, il
s’agissait d’une réponse au chômage
endémique des jeunes, mais plus récemment
le souci de combler le fossé entre le monde
du travail et de l’éducation est dominant. En
ce sens, les jeunes, dans leur rôle de citoyens
mais aussi de producteurs et d’acteurs du
développement, sont l’objet premier du débat
puisque, par leur insertion, ils assureront leur
autonomie, ils occuperont une place dans la
société et ils participeront au développement
général. La FPT doit, donc, de plus en plus
faire partie intégrante des efforts de restructuration et de reconstruction économiques,
notamment parce qu’elle sera le lieu de rencontres des jeunes, des communautés, des
partenaires sociaux et des entreprises, permettant, de ce fait, de rapprocher l’école et l’économie. Pour susciter l’initiative et la
créativité des jeunes formés, il convient d’introduire la formation à l’entrepreneuriat dans
les programmes de la FPT ; de favoriser ainsi
l’émergence de jeunes créateurs d’entreprises.
Trois contraintes pour favoriser
la réussite de l’entrepreneuriat
des jeunes
A partir de ce constat, nos interventions au
Forum Emploi de Libreville porteront sur les
contraintes de l’insertion professionnelle des
jeunes par l’entrepreneuriat. Trois contraintes
doivent être prises en compte pour favoriser
la réussite d’un tel projet pour les jeunes issues de la FPT.
La contrainte de culture nationale :
L’éducation à l’entrepreneuriat consiste à
mettre l’accent sur l’incitation des jeunes à
adopter des attitudes et des comportements
favorables à leur autonomie professionnelle,
devant contribuer à stimuler chez eux l’esprit
d’entreprise et déboucher sur la création de
leur propre emploi. Cependant, la comparaison des études sur l’intention entrepreneuriale des jeunes souligne le poids différencié,
d’un pays à l’autre, des différentes variables
dans la formation de l’intention entrepreneuriale des jeunes et laissent présager un effet
du contexte national. Qu’est-ce qui peut expliquer ce résultat ? A partir d’un état de l’art
sur le rôle de la culture dans l’intention entrepreneuriale, nous proposons un modèle
d’association culture/processus entrepreneurial qui met en évidence l’impact des variables culturelles, par l’intermédiaire des
variables cognitives, dans la construction des
intentions de création d’entreprise.
En effet, la variété des mondes que créent les
cultures des hommes est une contrainte que
seule une démarche relativiste, tolérante et
interculturelle peut lever. Parmi les études
faites dans la perspective d’ouverture de l’entrepreneuriat à l’international, Torrès (2001),
par exemple, en observant différents
contextes géographiques, met en avant une
typologie des modèles entrepreneuriaux aux
logiques différentes basées sur des idéaux
types représentant les aspects génériques
d’une zone géographique particulière.
Ce type de classification renforce la dialectique de l’articulation entre la dimension culturelle et les logiques entrepreneuriales.
Comme le souligne Zoual (2002, p.192), « la
société crée son économie à partir de ses
idéo-culturels (…) la culture est une atmosphère et rien ne peut être fait sans elle ».
Ainsi, les débats sur l’entrepreneuriat pourraient s’interroger davantage sur le poids des
variables culturelles nationales, sur la spécificité des constructions et des dispositions
cognitives de l’acte entrepreneurial dans
chaque nation.
Notre présentation, en se fondant sur la théorie du comportement planifié, soulignera que
les différences nationales de formation de
l’intention se trouvent en partie dans les valeurs et croyances professionnelles distinctes
des étudiants.
La contrainte de régulation
Le développement de l’esprit d’entreprise
dans le monde de l’éducation implique des
choix de régulation, d’une part, dans la maîtrise des capacités de gestion et, d’autre part,
dans la stimulation de l’initiative, du goût de
créer des activités productives, du sens de
l’autonomie, de l’innovation, des responsabilités, de l’organisation et de l’adaptation
aux changements socio-économiques.
Quelles régulations sont en œuvre entre les
différents acteurs de l’entrepreneuriat ? Pour
répondre à cette question centrale, nous
avons été amenés à porter un regard critique
non seulement sur notre propre expérience
mais aussi sur différentes expériences
conduites dans d’autres universités.
L’influence du milieu local sur l’entrepreneuriat n’est plus à montrer. Cela se traduit, ces
dernières années, par la multiplication des
différents acteurs locaux. Dans ce contexte,
notre recherche montre que l’université, en
tant qu’acteur local de développement, ne résiste pas à cet engouement. Concrètement,
l’université développe depuis une dizaine
d’années, de différentes façons, un certain
nombre d’actions liées à l’entrepreneuriat.
Initialement, ces actions révèlent une grande
disparité entre les universités françaises et
s’inscrivent généralement dans une régulation dite autonome. En effet, cela peut aller
de la simple sensibilisation à une formation
diplômante en passant par une combinaison
des différentes actions possibles. En tout cas,
les initiatives relèvent largement des personnes en poste. Dit autrement, la présence
de l’entrepreneuriat dans telle ou telle université va dépendre du potentiel et de l’intérêt
du corps professoral pour la thématique de
l’entrepreneuriat.
lorsqu’elle est inscrite dans une régulation
autonome, s’apparente à l’esprit d’entreprendre. Alors que la régulation de contrôle a introduit une représentation plus limitée de
l’entrepreneuriat autour de la création d’entreprise. Aujourd’hui, ces deux finalités cohabitent difficilement au sein de l’université.
Notre présentation montrera que ces deux finalités ne sont pas forcément antinomiques
pour le développement de l’entrepreneuriat
au Gabon.
La contrainte de pédagogie
Pour développer cet esprit d’entreprise, la
FPT doit reposer sur de nouvelles pratiques
méthodologiques et de nouvelles pédagogies
adaptées à ces missions spécifiques. De ce
point de vue, entrepreneuriat et management
de projet se rejoignent. La notion de projet
n’est pas nouvelle, mais quelle que soit
l’époque envisagée, cette notion renvoie à un
paradigme basé sur la volonté de tout maîtriser et/ou de tout (ré)orienter. Elle témoigne
de la distanciation entre des activités courantes, répétitives et qui accaparent le quotidien et des activités d’anticipation se
positionnant sur le moyen et le long terme. Il
ne s’agit pas de n’importe quelle forme d’anticipation. Cette anticipation revient à associer deux moments dans tout projet : le
moment de la conception et celui de la réalisation. Cette conception n’est pas sans rappeler celle de Schumpeter et nous invite à
souligner l’importance d’une pédagogie par
projet dans la formation à l’entrepreneuriat.
La pédagogie par projet est une méthode de
nature heuristique Cette méthode renvoie au
fait que le monde est le produit d’une évolution à laquelle les porteurs de projet participent et doivent s’adapter. Il est nécessaire de
favoriser la cohérence entre finalité et moyen
pour y parvenir. Dans cette perspective, on
ne recherche plus une solution optimale mais
une solution satisfaisante, de plus les solutions n’existent pas a priori. D’un point de
vue pédagogique, ce n’est pas le résultat qui
est le centre de la méthode, mais bien le processus. Tout le travail consiste à définir le
problème de départ et à mettre en place une
démarche pour aboutir à un résultat satisfaisant.
L’objectif, que les projets entrepreneuriaux
soient réels ou fictifs, est avant tout de mettre
les étudiants, de formation initiale comme
ceux de la formation continue, dans un
contexte proche de celui qu’ils ont ou qu’ils
vont aborder. Plus concrètement, notre présentation s’attachera à préciser la démarche
de la pédagogie par projet dans le cadre de la
FPT.
Des incubateurs universitaires
mis en place
C’est dans ce contexte que la loi sur l’innovation et la recherche favorisant la mise en
place d’incubateurs universitaires a vu le
jour. Ceux-ci existent en France bien avant
cette loi, mais cette dernière doit être analysée comme un signe fort des pouvoirs publics
dans la valorisation technologique et donc
plus généralement dans le processus de création de valeur de l’université. La relation
entre université et entrepreneuriat bascule
alors dans ce qu’il est convenu d’appeler la
régulation de contrôle.
Ce passage d’une régulation d’autonome à
une régulation de contrôle n’est pas neutre
sur l’approche entrepreneuriale au niveau de
l’université. Il est possible d’avancer que la
relation entre université et entrepreneuriat,
Le Café Arabica menacé par
le changement climattique
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din
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EMPLOI ET FORMATION
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
PROGRAMME FORMER MA GÉNÉRATION GABON 5000 Former des jeunes aux besoins du marché
Le 1er centre de formation du programme « Former Ma génération –
Gabon 5000 » de Airtel Gabon a été récemment lancé dans les locaux de
l’IAI. Fruit du partenariat entre l’Unesco et la société de téléphonie mobile
Airtel Gabon SA, ce programme a l’ambition de former plus de 5000 jeunes
Gabonais aux technologies de l’information et de la communication pendant une période de 3 ans.
Par Pambo Moussoungou
Vue de l'assistance dont les élèves qui se sont inscrits au prog Former Ma Generation-Gabon 5000
Un dispositif de tutorat pour
accompagner les modules
Première étudiante
C’
est en présence de Mme Ida Retenot Assonouet, ministre de l’Education
nationale
et
de
l’Enseignement technique et professionnel,
de Pastor Ngoua N’Neme, ministre des
Postes et Télécommunications, de M. Loïteohin Félix Ye, directeur du Bureau régional
multisectoriel à Yaoundé et représentant de
l’Unesco pour l’Afrique Centrale, de M.
cialisés. La composante 1 « Initiation à l’outil informatique » concerne la formation à
l’outil informatique d’un minimum de 4400
jeunes, âgés de 17 à 35 ans, en vue de faciliter leur insertion dans le monde du travail.
Cette formation sera dispensée à des jeunes
scolarisés et non scolarisés dans les centres
de formation créés au sein des établissements
scolaires des neuf provinces du Gabon, pen-
La composante 2 « Soutien scolaire par la
formation à distance (E-learning) » vise à
former au moins une centaine d’enseignants
des disciplines scientiques dans la maîtrise
de la conception des cours en ligne, à distance. L’application de leur formation se fera
par la conception, la mise en ligne des modules de soutien destinés aux élèves des
classes d’examen pour mieux se préparer aux
examens, notamment du baccalauréat et
éventuellement du BEPC. Un dispositif de
tutorat accompagnera ces modules. L’idée est
de mettre ces cours gratuitement à la disposition du plus grand nombre et des bourses
les plus modestes grâce au dispositif du Elearning. Ces cours pourront suppléer à
l’achat des fascicules d’études divers et variés, et au suivi du travail des apprenants candidats aux classes d’examens.
Autonomisation des jeunes via
cette formation aux métiers
La composante 3 « Accompagnement à l’entreprenariat des jeunes et soutien dans le
montage d’activités économiques » vise à
identier et à accompagner au moins une
centaine de jeunes Gabonais qui souhaitent
monter une activité, reposant sur l’utilisation
structurelle des nouvelles technologies et
vivre de cette activité. Il est question dans ce
volet d’amener ces jeunes qui ont de l’envie
et des compétences à concevoir des applica-
De gauche à droite de Airtel Gabon : le representant A.C de l'UNESCO le ministre de l'éducation, le ministre de
l'économie numérique et le DG de IAI
Hervé Olivier Njapoum, directeur général
d’Airtel Gabon S.A et de M. Souleman Kossoube, directeur général de l’Institut Africain
d’Informatique (IAI) que s’est déroulée la cérémonie inaugurale du programme « Former
Ma génération – Gabon 5000 ».
Cette initiative est entièrement nancée par
Airtel Gabon pour un montant total de 2,4
milliards de francs CFA. Le programme comporte 4 composantes qui portent sur l’initiation à l’outil informatique, le soutien scolaire
par la formation à distance (E-learning), l’accompagnement à l’entreprenariat des jeunes,
l’accompagnement aux métiers par des
bourses de formation dans des domaines spé-
dant trois ans. Les formations bénécieront
du label de l’Institut Africain d’Informatique
qui sera chargé de délivrer différents niveaux
de certications dans des domaines répondant aux besoins des jeunes et au marché de
l’emploi. Ces certications comportent une
Attestation d’Initiation Informatique (AII) :
niveau débutant et intermédiaire et un Certicat d’Assistant Support IT (CASIT) couvrant sept lières de métiers : opérateur de
saisie informatique ; assistant helpdesk ; assistant maintenance informatique ; assistant
web/multimédia ; assistant aide comptable ;
assistant réseau informatique ; assistant graphiste.
Photo de famille
tions numériques spéciques ou à adapter des
applications qui existent ; d’accompagner la
naissance de jeunes entrepreneurs gabonais
dans le secteur de l’économie sociale ; de favoriser directement la naissance ou la consolidation des premières entreprises créées par
les jeunes.
Enn la composante 4 « Accompagnement
aux métiers par des bourses de formation
dans des domaines spécialisés » a pour but
de répondre aux demandes spéciques exprimées et « aux besoins du marché » en mettant
en place un dispositif de bourses pour stages
de qualication, de perfectionnement ou de
maîtrise. Les métiers visés prioritairement
sont ceux qui reposent sur l’utilisation structurelle des technologies de l’information et
de la communication. Mme Ida Reteno Assonouet a rappelé que « c’est au cours de la
2e édition du New York Forum For Africa
(NYFA) que M. le Président de la République
avait fait émerger l’idée d’un projet de formation qualiante pour la jeunesse sous la
dénomination « Train My Generation/Former ma génération » et comme le développement d’un pays requiert tous les acteurs
sociaux et économiques, notamment ceux du
secteur privé, la téléphonie mobile à travers
Airtel Gabon a été très attentive à la vision
du président de la République ».
Pour s’inscrire à ce programme, vous pouvez
envoyer un SMS avec le mot G5000 au numéro gratuit 118 (abonnés Airtel) ou remplir
le formulaire d’inscription sur le site :
LE CARNET
N°39 – Mai 2015
www.economie-gabon.com
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CONSO & SANTÉ
LES BOUQUETS CANAL+
Des abonnés enrichis d’images et de
sons sous un label unique
Une seule marque, « Les Bouquets Canal+ », avec quatre nouveautés exceptionnelles, offre aux abonnés une large et riche gamme
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plébiscitées par les férus de Canal+ et de la télévision, avec davantage de contenus africains (GULLI AFRICA, Gospel Music TV,
Fashion Africa TV, etc.), des thématiques enrichies et un rapport
qualité/prix optimisé. Le lancement de MyCanal, un service innovant
pour regarder les meilleurs contenus en mobilité, n’est pas le moindre de ses apports.
Par le Dr Neltoh
Nouveau service unique et exclusif
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La source du génie de Canal+ Gabon ne
tarissant pas, la clientèle a, en plus, accès à
une innovation technologique avec MyCanal, un nouveau service qui permet aux
clients de profiter pleinement de leur abonnement en regardant les meilleurs contenus
des chaînes en mobilité. Ce nouveau service,
unique et exclusif en Afrique, est gratuit à
partir de la formule Evasion+ (une fusion
entre les chaînes Canal+ et Evasion, au tarif
attractif). Il permet à l’abonné de profiter
pleinement de son abonnement sur ordinateur (PC ou MAC), tablettes et Smartphones
(Androïde ou iOS). « MyCanal » permet
enfin de regarder en direct 7 chaînes Canal+
et même 11 chaînes des Bouquets Canal+
depuis sa tablette, son Smartphone et son ordinateur. Pour accéder à toutes ces innovations, il vous suffit de cliquer sur le site : et
découvrir toutes les modalités d’inscription.
Pour simplifier la vie à ses clients et aux
clients potentiels, Canal+ Gabon a lancé auparavant d’autres services innovants, en particulier le paiement par mobile via Airtel
Money et Bicig Mobile, à travers un prélèvement bancaire.
Autre clin d’œil à sa clientèle, la volonté affichée par Canal+ Gabon de pallier les perturbations du signal de connexion au satellite
du fait, soit des intempéries, soit d’un mauvais réglage de la parabole. La première action, la plus accessible au savoir-faire
humain, est la maîtrise de l’installation. A cet
effet, Canal+ Gabon se propose d’assurer la
formation des installateurs professionnels au
Gabon, qui seront des installateurs agréés et
capables de répondre aux exigences d’une installation performante.
soutient
Caviar d’aubergines
L’aubergine est un ingrédient indispensable dans la cuisine du Moyen-Orient, où on
l’appelle « caviar du pauvre ». On Mange Local vous propose cette recette express à
offrir à l’apéritif.
JP CHENET
JP CHENET Ice est la grande nouveauté de ce début d’année !
Ce mousseux, unique en son genre, propose un concept innovant tout en fraicheur !
En effet, le JP Chenet Ice se consomme très frais « en piscine », c’est à dire dans un
verre à vin rempli de glaçons. C’est ainsi qu’il révèlera toute sa fraîcheur et ses arômes.
Cette nouvelle manière de consommer rencontre un franc succès auprès de nombreux professionnels et particuliers !
JP Chenet Ice existe en version blanc, en version rosé et également en
petits formats.
JP CHENET ICE BLANC – VIN MOUSSEUX
Cépages : Assemblage de plusieurs cépages blancs.
La dégustation :
Le JP Chenet Ice blanc possède une robe dorée et claire.
Son nez est floral et se caractérise par des notes de fruits blancs, d’amandes
et de noisettes.
A l’attaque, ce mousseux se révèle onctueux, avec une texture fine,
souple et riche, une évolution fruitée plaisante avec des
parfums d’amandes grillées. La douceur arrive ensuite
pour soutenir la délicatesse du fruit.
Recommandations :
A apprécier accompagné de plats tels un foie gras, une
volaille ou un canard laqué. Il peut également être un
vin de dessert léger et rafraîchissant, à déguster sur des
pâtisseries, des tartes ou des crèmes glacées.
Service (en°) : 6 à 8°C
Durée de conservation : 1 à 2 ans
Prix conseillé par Prix Import : 3 950 FCFA
Existe également en format 25cl à 1 625 FCFA !
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération
A
lexandre Cohen, le directeur général
de Canal+Gabon, est toujours à une
longueur d’onde (ou d’avance) de ses
concurrents, parce qu’il est de la race des
conquérants qui utilisent leur génie-créateur
pour innover. Cette fois, pour simplifier la
vie de sa clientèle et lui donner une meilleure
lisibilité des formules d’abonnement, il a
créé une seule marque avec les « Les Bouquets Canal+ », qui comptent 25 nouvelles
chaînes africaines et internationales. Une
large gamme d’images et de sons avec des
thématiques enrichies et un rapport
qualité/prix optimisé. L’objectif visé par
Canal+ Gabon, 2e marché africain du groupe
Canal+, est de donner plus de satisfaction à
ses clients et attirer de nouveaux abonnés
avec plus de contenus, plus d’accessibilité,
avec un décodeur dont le prix a encore baissé
(il est de 20.000 francs CFA), avec la volonté
de le mettre à la portée de tous les Gabonais
et des résidents du Gabon.
Ingrédients : Préparation
Ingrédients :
• 2 aubergines
• 1 gousse d’ail
• 1 citron
• 10 cl d’huile d’olive
• piment en poudre
• sel
Pelez les aubergines, coupez-les en cubes et glissez-les dans un plat pour le four.
Cuisez-les pendant 10 minutes en remuant de temps à l’autre : à leur sortie du four,
ils doivent avoir réduit de la moitié.
Faites-les refroidir et ajoutez l’ail, le jus du citron, l’huile, le piment et le sel.
Passez au mixer jusqu’à tous les ingrédients sont bien mélangés.
SUGGESTIONS :
Vous pouvez servir le caviar d’aubergines sur une tartine grillé ou à coté de vos
brochettes de poisson.
Retrouvez le projet et le label on mange local sur http://www.onmangelocal-gabon.org/
JP CHENET ICE ROSE – VIN MOUSSEUX
Cépages : Assemblage de différents cépages.
La dégustation :
Avec sa robe rose claire laissant entrevoir de fines bulles, le JP Chenet Ice Rosé
nous offre un nez intense avec des notes de fraises et de cerises.
En bouche, l’effet est immédiat : ce mousseux est doux et onctueux, très élégant,
tout en harmonie.
Recommendations :
Le JP Chenet Ice se déguste dans un grand verre à vin avec des glaçons
Il sera le partenaire idéal de vos apéritifs et des moments particuliers que vous
célébrerez avec votre famille et vos amis !
Service (en °) : 4 à 6°C
Durée de conservation : 1 à 2 ans
Prix conseillé par Prix Import : 3 950 FCFA
Existe également en format 25cl à 1 625 FCFA !
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